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Opéra/ Grand Théâtre de Genève –Pelléas et Mélisande – Claude Debussy
Streaming - 18 janvier 2021
 

CRITIQUE

Les amours sombres

Contre vents et marées et Covid, le Grand Théâtre de Genève continue à huis clos son activité et, grâce à internet, en fait profiter gratuitement la planète entière. Un grand bravo et mille fois merci. Enregistré en direct le 18 janvier 2021, cette production du chef-d’œuvre lyrique de Claude Debussy, créé à l’Opéra-Comique de Paris en 1902, arrive sur les bords du Léman après être passée par les Flandres et le Luxembourg. Et saluée comme il convient chaque fois.

Œuvre difficile par essence car elle s’articule sur le non-dit, œuvre autant lyrique que symphonique, œuvre enfin d’une insondable mélancolie et d’une souveraine détresse, Pelléas et Mélisande nous est proposée ici dans une vision cosmique, pétrie de symboles et, surtout, augmentée par une chorégraphie qui, loin d’encombrer la réflexion, illustre les silences autant des voix que de l’orchestre. Ce sont huit danseurs qui ont en charge ce volet scénique, habillés le plus simplement du monde, ou presque, huit danseurs d’une exceptionnelle souplesse, huit artistes que la caméra va suivre de très près au travers de prismes lumineux dignes des plus grands artistes de la photographie.



Jacques Imbrailo (Pelléas) et Mari Eriksmoen (Mélisande) - Photo Magali Dougados -

Signée du tandem Damien Jalet / Sidi Larbi Cherkaoui pour la mise en scène et la chorégraphie, dans une scénographie de Marina Abramovic, cette production détient tous les codes d’un opéra entre tous mystérieux, poétique et grave à la fois, fulgurant et d’une lenteur vertigineuse. Aux confins de l’abstraction, cet incontestable chef-d’œuvre fascine toujours et encore et trouve ici un contre-point proche de l’idéal.
Sous la direction du chef britannique Jonathan Nott, l’Orchestre de la Suisse Romande, dont il est superflu aujourd’hui de vanter les multiples qualités de timbre, de moelleux, de souplesse et de discipline, nous donne à entendre cette partition de l’indicible avec une présence et une urgence dramatique qui lui auraient valu, en temps normal, une véritable ovation…



Jacques Imbrailo (Pelléas) et Mari Eriksmoen (Mélisande) - Photo Rahi Rezvani -

Pas de francophones dans une distribution dont on sait pourtant que la qualité première doit conjuguer le texte à la ligne vocale et à l’engagement scénique. En effet, point ici d’effets vocaux bel-cantistes, aucun rôle ne comportant de véritables difficultés en la matière, tout le mystère des personnages se concentrant dans la prosodie, ses inflexions et les couleurs. Pas de francophones donc, mais de belles surprises concernant la langue de Molière ici chantée sans vraiment de décalages et avec même une réussite absolue en la matière, la Norvégienne Mari Eriksmoen. Cette Pamina célèbre sur toute la planète n’en est pas à sa première Mélisande. Son assurance vocale le prouve amplement. Elle met au service de cette jeune femme perdue dans un monde qui n’est pas le sien, un soprano d’une extraordinaire lumière, superbement conduit, ample et généreux, charnu et coloré. Une merveilleuse incarnation.



Jacques Imbrailo, de dos (Pelléas) et Mari Eriksmoen (Mélisande) – Scène de la Tour
- Photo Magali Dougados -

A ses côtés, le baryton (lyrique !) sud-africain Jacques Imbrailo possède tous les atouts d’un grand Pelléas. Au-delà d’une élégance naturelle, il sait à la perfection couler sa tessiture dans les arcanes d’une partition qui flirte tout à la fois avec une voix de ténor et celle d’un baryton. Tétanisé par l’ardent sentiment qu’il porte à Mélisande, il tutoie en permanence et avec une intense émotion les abîmes vers lesquels il le précipite. Avec ce grain de retenue qui en fait tout le respect stylistique. Il devait être l’Alberich du dernier Ring viennois… Ce Golaud est déjà connu et reconnu, c’est celui du baryton britannique Leigh Melrose. La prosodie se fait ici moins nette et l’éclat du timbre plus (trop ?) percutant certes, mais le personnage est là, torturé, impuissant, épigone d’un célèbre Maure shakespearien perdu chez Maeterlinck. Il serait tout à fait injuste de ne pas citer les autres rôles d’autant qu’ils sont ici parfaitement tenus. Il s’agit du Britannique Matthew Best, superbe d’émotion et de ligne vocale, sans parler d’un timbre de basse remarquable, idéal pour le rôle d’Arkel. De nationalité suisse, la mezzo-soprano Yvonne Naef (Geneviève) donne à la scène de la lettre une noblesse de ton qui en fait l’un des grands moments du spectacle. Sa compatriote Mary Lys offre un soprano plus corsé que d’habitude au rôle d’Yniold, en traçant du coup un portrait plus conséquent.
Au total, un spectacle aussi décalé qu’exaltant et passionnant. A voir absolument !

En ces temps de pénurie culturelle, ce spectacle, diffusé gratuitement faut-il le répéter, est disponible sur le site gtg.ch jusqu’au 31 janvier 2021.
Le temps presse…

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 27 janvier 2021

 

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