|
|
Opéra /
Théâtre des Champs-Elysées
Récital Juan Diego Florez et Rolando Villazon - 8/07/2008
|
| |
|
|
CRITIQUE
Rencontre aux sommets
C’est un véritable délire qui s’est emparé des spectateurs de ce récital dont les places étaient recherchées jusque dans les couloirs du métro !
Dernier concert de cette saison de la prestigieuse série « Les grandes voix », le récital joint du ténor péruvien Juan Diego Florez et de son homologue mexicain Rolando Villazon, les deux ténors les plus médiatisés du moment, laissait pourtant perplexe. En effet, d’un côté Rolando Villazon connaît aujourd’hui quelques problèmes qui se sont manifestés encore dernièrement lors des Don Carlo qu’il chantait à Londres (annulation, annonces…), d’un autre côté, la prestation en direct télévisée du Rigoletto de Dresde avec Juan Diego Florez dans l’un de ses premiers Mantoue n’avait pas parfaitement convaincue, y compris les personnes présentes dans la salle.
Soit.
Le programme affiché en ce 8 juillet était de ceux qui énervent profondément les amateurs d’opéras puisque composé à moitié de morceaux hispano-latino américains. Au moins dans ce domaine, personne ne craint personne… Quoi que.
|

Juan Diego Florez dans le Comte Almaviva du Barbier de Séville à Toulouse en mars 1998 |
|
Heureusement, la première partie rendait hommage aux grands standards de l’opéra et, pour commencer, par le trop rare I Capuleti e i Montecchi de Bellini au travers du duo opposant Roméo et Tebaldo au moment où ils apprennent la mort de Juliette. Une belle mise en bouche dans laquelle Juan Diego Florez impose immédiatement un timbre d’un aveuglant rayonnement. Le phrasé et la musicalité sont toujours là, aussi insolents.
Tout en suivant son partenaire d’un soir sur les périlleuses vocalises de ce duo avec une maestria remarquable, Rolando Villazon laisse entendre un timbre sourd ne trouvant des traits de lumière que dans des forte qui font frémir. Les dégâts sont bien réels. Ils sont d'autant plus audibles que le péruvien enchaîne avec une cavatine du Roméo de Gounod dans un français parfait et une musicalité renversante.
|
Dans l’éternel extrait du Cid de Massenet (O Souverain…), Rolando Villazon sort le grand jeu d’un phrasé ample et généreux dont il faut lui rendre justice. |
Rolando Villazon dans Alfredo
de la Traviata aux Chorégies d’Orange en 2003 |
|
Les deux ténors se retrouvent ensuite pour le terrifiant duo de l’Otello de Rossini, entre Rodrigo et Otello. Mais on sait déjà ce que l’on va entendre…
Le seconde partie, sans grand intérêt musical, creuse le fossé, même s’il faut bien reconnaître que, dans ce répertoire latin, le mexicain met nettement plus de flamme que le péruvien. A ce titre, le Granada de Juan Diego Florez, sommet de musicalité, tenait plus du lied schubertien que de la mélodie populaire espagnole. Peu importe, séisme d’applaudissements « sobre los tendidos* ». Et ils n’allaient pas s’en sortir comme çà.
Le péruvien revient avec… La Fille du Régiment ou plutôt La Figlia del Reggimento chantant l’air des 9 contre ut en italien, ce qui lui convient beaucoup moins bien qu'en Français.Tonnerre d’ovations complété par un Villazon applaudissant sur scène et à tout rompre la prestation du collègue. Arrivée du mexicain qui démarre par… une blague, nous précisant qu’en bis il a décidé de chanter… La Fille du régiment mais une octave plus bas.
|
Hilarité générale. Plus sérieusement, Rolando Villazon enchaîne avec un poignant « Ya mis horas felices » extrait de la zarzuela La del soto del Parral. Et parce qu’il faut bien terminer à deux, suit une Amapola que Rolando Villazon propose également de danser à Juan Diego Florez, rouge de confusion.
Je ne voudrais pas terminer ce compte rendu sans souligner la présence sur scène du Prag Philharmonia, un orchestre de grande qualité qui, sous la direction d’un jeune chef italien : Michele Mariotti, dont il serait étonnant que nous ne reparlions pas, accompagna les deux compères avec un luxe incroyable dans ce genre de manifestation.
Robert Pénavayre
* « sur les gradins », expression tauromachique…
|
|
|
infos |
| |
Pour tout savoir sur la prochaine saison des Grandes Voix : www.lesgrandesvoix.fr
|
|
| |
| |
| |
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|