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Opéra/
Opéra de Paris - Bastille / Don Carlo -
G. Verdi - 10/06/2008 |
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CRITIQUE
Le chef d’œuvre verdien
Les présentes reprises du Don Carlo de Giuseppe Verdi, dans la magnifique production signée Graham Vick, sont l’occasion de replacer cet ouvrage au sommet de l’œuvre verdienne.
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| Stefano Secco (Don Carlo) et Tamar Iveri (Elisabetta) Photo : A. Poupeney |
C’est en 1998 que Don Carlo, dans sa version italienne, fait son entrée à l’Opéra de Paris Bastille. En offrant cette nouvelle production à Graham Vick, Hugues Gall savait que le metteur en scène britannique aurait une vision assez éloignée de certains de ses confrères faisant crouler Don Carlo sous les ors et les brocards. Pari gagné. Opéra beaucoup plus intimiste qu’il n’y paraît, malgré une nombreuse distribution, Don Carlo est avant tout un drame de la solitude, de l’affrontement, du déchirement, de la renonciation. Dans les décors et costumes, tout à la fois sobres et grandioses, de Tobias Hoheisel, Graham Vick détaille les conflits les plus intimes de personnages broyés par des systèmes politiques et spirituels. La vraie nature de cet ouvrage est bien dans ce dépouillement mettant à nu les déchirures et les troubles les plus secrets. Une immense réussite donnant ainsi sa véritable dimension à l’œuvre majeure de ce compositeur.
Sans Dmitri Hvorostovsky
Incontestable vedette de ces reprises, le baryton Dmitri Hvrostovsky (Posa) devait malheureusement déclarer forfait ce soir-là et était remplacé, dans ce qui est le plus beau rôle de toute la littérature verdienne, par le baryton grec Dimitri Tiliakos. Sans nous faire oublier son confrère russe, cet artiste nous fit découvrir un timbre d’un beau métal et une agréable ligne de chant.
A vrai dire, la distribution fut en deçà de ce que l’on pouvait espérer. Malgré une présence scénique incontestable et une musicalité sans faille, le baryton-basse américain James Morris ne peut se glisser vocalement dans toutes les subtilités composées pour Philippe II. Seules quelques notes aigues projetées forte rappellent le grand interprète wagnérien qu’il fut.
Stefano Secco assume sans problème le rôle de l’Infant, sans grand frisson non plus.
La soprano géorgienne Tamar Iveri fut une Elisabetta bien chantante certes, mais encore une fois, nous sommes loin ici d’un authentique soprano verdien, tant dans la couleur que dans la dynamique et le phrasé. Quand à Yvonne Naef (Eboli), il est permis de se demander, vues les difficultés rencontrées par ce mezzo suisse dans le registre aigu, s’il ne s’agit pas ici d’une erreur de casting.
Saluons tout de même le très bon Inquisiteur de Mikhail Petrenko.
Une autre déception venait de la fosse. En effet, pour ses débuts in loco, le chef grec Teodor Currentzis n’a franchement pas convaincu. De décalages avec le plateau en volumes sonores agressifs, sa direction ne trouva que rarement la rondeur et le cantabile musical d’une partition pourtant parmi les plus achevées de Verdi.
Robert Pénavayre
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infos |
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Prochaines représentations : 16, 19, 22 et 26 juin 2008,
1, 4, 6 et 11 juillet 2008 Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr
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