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Opéra de Paris
Le Cavaillé-Coll du
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06/05/2012 |
Opéra Magazine
Hors-série - Les opéras à
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2011-2012 |
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05/05/2012 |
Théâtre du Capitole
Les Indes Galantes
J.-Ph. Rameau
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Théâtre du Capitole
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Cosi fan Tutte
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Le dialogue des âmes
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Belshazzar
George Frideric Haendel
20/05/2011 |
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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / Manon – Jules Massenet - 28/01/2012 |
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CRITIQUE
« Suis-je gentille, ainsi….?»
La nouvelle production de la Manon de Massenet qu’affiche l’Opéra de Paris en ce début 2012, n’en finit pas de défrayer la chronique. Il y a plusieurs raisons à cela. Plus ou moins graves d’ailleurs. Revue de détail. |

Natalie Dessay (Manon) au Cour la Reine -
Crédit photo : Charles Duprat
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Tout le monde se souvient, avec bonheur, de La Chauve-souris ainsi que du Barbier de Séville que Coline Serreau a mis en scène dans les années passées à l’Opéra de Paris. Et personne n’imaginait qu’elle nous livrerait une telle vision de ce joyau de l’opéra-comique français qu’est la Manon de Massenet, compositeur dont on fête le centenaire de la disparition cette année. Bien sûr, on sent rapidement une direction d’acteurs, là n’est pas le problème. Les questions se posent à voir se succéder sur scène des costumes allant du centurion romain au punk le plus déjanté, en passant par les deux dernières guerres mondiales, sans oublier Henri IV et Louis XIV. Et j’en passe. Cela dit, illustrer au travers de Manon, en fait une vraie dentelle musicale, deux mille ans de répression policière, paraît pour le moins saugrenu. La traduction de tout cela ne figurant pas dans une quelconque note d’intention, les portes s’ouvrent grandes à l’interprétation. Coline Serreau a-t-elle voulu figurer avec Manon un certain éternel féminin, un sphinx étonnant qui franchirait les siècles ? Oui, certainement. Dans ce cas, elle l’a fait violemment, allant jusqu’à couper des pans entiers de la partition, en particulier dans le Cour la Reine. Discutable pour le moins ! Astucieuse par contre l’idée de faire évoluer, comme en apesanteur, sur des patins à roulettes, les fidèles de Saint-Sulpice dont on ne sait trop si ces dames sont pénétrées par la grâce ou la folle envie de côtoyer au plus près l’abbé Des Grieux. |

Giuseppe Filianoti (Des Grieux) et Natalie Dessay (Manon) à Saint-Sulpice
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Crédit photo : Charles Duprat - |
Bien sûr Elsa Pavanel a dû s’éclater complètement à dessiner ces centaines de costumes, alors que, de leur côté, Jean-Marc Stehlé et Antoine Fontaine nous donnent à voir des décors fonctionnels, de belle facture. Quelques clins d’œil font mouche cependant, tels ces tableaux apparaissant au second acte et nous montrant le projet de vie à deux tel que le conçoit Des Grieux (petite maison dans la prairie avec bobonne qui fait la vaisselle), pendant que, de l’autre côté, une panoplie de Miss Arras descend des cintres, figurant les rêves de Manon. C’est naïf mais assez bien vu tout de même. Au total, une impression de manque d’unité et de fouillis intello-branchés dans lesquels il est difficile de lire le fil conducteur de Coline Serreau. Dommage.
Natalie Dessay en dehors de ses limites
Le problème de ce spectacle se densifie lorsque Natalie Dessay entre en scène. Dès les premières notes et malgré le soutien attentif d’Evelino Pido (chef d’orchestre), la voix ne passe pas. Des rumeurs font état du peu d’empathie de Natalie Dessay pour cette production. Avec les états d’âme qui suivirent… Peut-être. Quoi qu’il en soit, la voix de Natalie Dessay n’a rien à voir avec celle de Manon qui, ne l’oublions pas, fut créée par une cantatrice (Marie Heilbron) qui avait également la Marguerite de Faust à son répertoire ! Tout un programme. Plus grave encore, inaudible dans le bas medium et le grave, Natalie Dessay fait littéralement frémir dans le registre aigu, celui-ci étant devenu terriblement tendu et métallique. Un diagnostic rapide paraît s’imposer, au moment où celle qui fut une somptueuse Zerbinette s’apprête à aborder… Les Puritains ! |

Natalie Dessay (Manon) et Guiseppe Filianoti (Des Grieux), tableau final
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Crédit photo : Charles Duprat - |
A ses côtés, et malgré son incapacité à la moindre nuance, Giuseppe Filianoti est un Chevalier Des Grieux vaillant, phrasant avec beaucoup d’émotion son grand air de Saint-Sulpice. De là à faire rêver… Franck Ferrari, malgré un accoutrement dont il se souviendra certainement (c’est lui le chef des punks), tire bien son épingle du jeu. Paul Gay, encore une fois, se fourvoie dans des rôles de basse (ici le Comte Des Grieux) dont il ne possède en rien le creux indispensable.
Ceci étant, applaudissons sans retenue des seconds rôles magnifiquement tenus : Luca Lombardo (Guillot), André Heyboer (Brétigny), Olivia Doray (Poussette), Carol García (Javotte) et Alia Kolosova (Rosette). De même que les Chœurs de l’Opéra de Paris, pour cet opéra sous la direction de Patrick Marie Aubert.
Robert Pénavayre |
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infos |
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Représentations
suivantes :
2 et 5 février (Natalie Dessay et Giuseppe Filianoti), 10 et 13 février (Marianna Fiset et Jean-François Borras)
Renseignements et réservations :
www.operadeparis.fr
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Les saisons musicales
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