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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / Billy Budd - B. Britten -
03/05/2010 |
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CRITIQUE
Une formidable reprise
Pour sa seconde reprise après sa création en 1996, cette production du chef-d’œuvre de Benjamin Britten s’impose d’ores et déjà comme l’une des clés de voûte de la présente saison de notre première scène nationale.
Saluons tout d’abord la mise en scène de Francesca Zambello, assurément l’une des réussites majeures de cette artiste américaine. Dans les décors et costumes d’Alison Chitty et les lumières d’Alan Burrett, elle nous transporte dans l’univers clos de ce navire de combat sur lequel les passions vont se déchaîner autour de Billy Budd, ce jeune marin dont la beauté va provoquer un véritable séisme de sensualité qui ne se résoudra que dans sa mort. Affrontant sans ambages le thème de l’homosexualité, d’ailleurs explicite autant dans la nouvelle éponyme d’Herman Melville que dans le livret de cet opéra dont il est issu, Francesca Zambello scrute les cœurs autant que les corps et donne au récit l’allure d’un combat sans merci entre le Bien et le Mal, combat dont la scène de l’abordage impossible du bateau français est une somptueuse parabole. Une production précieuse entre toutes.
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Vue d’ensemble, scène du combat au 2nd acte - (Photo : C. Leiber) |
Pour ses débuts à l’Opéra de Paris, l’Américain Lucas Meachem impose un Billy au baryton lumineux et dense, formidablement musical. Si son allure de fort des halles bodybuildé est assez impressionnante, elle n’empêche pas le personnage d’exister véritablement parmi ses forces et ses faiblesses. Le Capitaine Vere de l’Anglais Kim Begley est un modèle de retenue certes, mais une retenue qui laisse entrevoir des failles gigantesques dont le superbe ténor parfaitement conduit transmet dans ses accents désespérés toute la profondeur. Remplaçant Kurt Rydl initialement prévu, l’Israélien Gidon Saks campe un formidable Claggart. Déchiré entre son éducation et son irrépressible attirance vers le beau marin, cette basse aux moyens considérables incarne avec une puissance incroyable le Mal à l’état pur. Un véritable paradigme de perversion et de lâcheté ! Un authentique triomphe l’attendait au rideau final, saluant ainsi une performance dramatique et vocale de tout premier plan. |

De gauche à droite : Andreas Jäggi (Red Whiskers) et Lucas Meachem (Billy Budd)
(Photo : C. Leiber)
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Il convient également de saluer l’ensemble des autres rôles, et ils sont nombreux (pas moins de 20 !), pour leur extrême qualité, élément indispensable à la réussite d’une telle entreprise.
Le chœur de l’Opéra de Paris, la Maîtrise des Hauts-de-Seine ainsi que le Chœur d’enfants de l’Opéra de Paris, sous la conduite de Patrick-Marie Aubert apportent leur précieuse contribution au succès de ce spectacle.
Au pupitre, l’immense chef d’orchestre britannique Jeffrey Tate donne de la subtile partition de Britten une lecture d’une extraordinaire fluidité, accompagnant le chemin de croix de Billy Budd avec une puissance émotionnelle qui culmine dans l’arachnéenne mélodie de la scène 3 du 2nd acte : Billy in the darbies.Un monument de grâce et de sensibilité !
Robert Pénavayre |
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infos |
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Représentations
suivantes :
8, 10, 13 et 15 mai 2010 – Opéra Bastille
Renseignements et réservations :
www.operadeparis.fr
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