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Opéra/ Opéra de Paris - Garnier /Platée - J. P. Rameau -
02/12/2009 |
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CRITIQUE
L’opéra dont l’héroïne est… une grenouille !
Créé en 1745, Platée, du dijonnais Jean-Philippe Rameau (1683-1764), est l’un des plus importants chefs d’œuvre de ce compositeur. Au faîte de son art, le musicien nous propose ici une comédie lyrique complètement dévastatrice. Le metteur en scène Laurent Pelly en a d’ailleurs parfaitement cerné toute la bouffonnerie.
La création de cette production date d’avril 1999. Le succès, amplement justifié, est tel depuis dix ans, que la présente reprise constitue la 31ème représentation de cette mise en scène. Et ce n’est certainement pas fini vu l’engouement qu’elle continue de susciter. |

Paul Agnew (Platée)
(Photo :Eric Mahoudeau) |
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Il faut dire que le tandem Laurent Pelly (mise en scène et costumes) et Chantal Thomas (décors) fonctionne à merveille. S’emparant avec délectation de la vis comica dont cette malheureuse Platée fera les frais, ils actualisent l’environnement en transposant l’action de nos jours, dans une salle de spectacle, côté fauteuils. C’est là que va se dérouler le « drame », à savoir les élans amoureux, aussi faux qu’appuyés, de Jupiter pour cette pauvre Platée, laide et pathétique nymphe régnant sur un marécage. Et tout cela pour que le Roi des Dieux calme la jalousie de Junon. L’un des écueils redoutables de ce ballet bouffon est justement la partie dansée. Rejoignant les antipodes de la danse classique, Laura Scozzi (chorégraphe) fait subrepticement entrer dans cet ouvrage rien moins que du hip hop et du rap. Autant dire qu’elle est en osmose complète avec l’équipe de production et qu’elle souligne ainsi la modernité dans laquelle nous est présenté cet ouvrage. |
Marc Minkowski est toujours à la baguette, dirigeant le chœur et les musiciens du Louvre-Grenoble avec une énergie et une science de ce répertoire quasiment sans égales.
Un plateau somptueux
Bien sûr, et ce n’est pas étonnant, l’attention se porte avant tout sur ce personnage de Platée, unique dans l’Histoire de l’art lyrique, cette nymphe de bas étage, une grenouille qui plus est chantée par un homme. Ce dernier, non content d’avoir à défendre une partition d’une réelle difficulté, se doit d’être un comédien exceptionnel. Paul Agnew, haute contre, a fait sien cet opéra. Inimaginable de candeur et de naïveté, de sex appeal à la petite semaine comme d’une véritable forme de révolte au tableau final, le ténor écossais est aussi un formidable interprète vocal, pliant son émission aux redoutables pièges d’une partition exigeante ne lui laissant aucun répit.
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De gauche à droite : debout, Aimery Lefèvre (Momus), Mireille Delunsch (la Folie) et
Alain Vernhes (Cithéron), assis : Paul Agnew (Platée) et François Lis (Jupiter)
(Photo :
Christian Leiber) |
| A vrai dire, la distribution réunie pour ces reprises est d’un grand niveau et, surtout, répond à toutes les exigences de ce style ramiste très particulier. |

Sur le lustre : Yann Beuron (Mercure), en bas Alain Vernhes (Cithéron)
(Photo : Christian Leiber) |
Il convient de les citer tous, depuis le toujours surprenant Alain Vernhes (Cithéron) jusqu’à Doris Lamprecht, volcanique Junon, sans oublier Marc Labonnette (un satyre), Aimery Lefèvre, un épatant Momus, Mireille Delunsch dans un numéro scénique et vocal stupéfiant (La Folie), Judith Gauthier (L’Amour), François Lis, irrésistible Jupiter et, au demeurant, une basse dont les qualités vocales s’affirment de jour en jour, Xavier Mas, sensiblement en retrait dans son Thespis, enfin, Yann Beuron en Mercure d’anthologie grâce non seulement à une présence évidente mais également à un ténor d’une somptueuse conduite.
Vraiment, une très, très belle reprise.
Robert Pénavayre |
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infos |
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Prochaines
représentations :
6, 8, 11, 14, 17, 21, 24, 25, 27, 29 et 30 décembre 2009
Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
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2010-2011 |
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