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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / Don Carlo - G. Verdi 02/03/2010 |
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CRITIQUE
Reprise de haut niveau
Ce spectacle du Don Carlo verdien (version italienne), dans une production signée Graham Vick, est l’une des plus belles choses contenues dans le répertoire de l’Opéra de Paris. Pour la 40ème présentation de cette mise en scène, le plateau réuni par Nicolas Joel a obtenu un succès public colossal.
Figurant au nombre des opéras les plus difficiles à distribuer de Verdi, Don Carlo nécessite six interprètes d’exception. Clé de voûte de ce casting, le rôle de Filippo II requiert une basse chantante maîtrisant à la perfection le cantabile verdien. A l’évidence, le florentin Giacomo Prestia possède les qualités indispensables pour cet emploi. Sa science du phrasé conjuguée à un sens dramatique certain, un timbre mordoré allié à un ambitus d’une belle profondeur, tous ces atouts tracent un portrait lyriquement authentique du monarque espagnol. |

A genoux : Stefano Secco (Don Carlo) face à Sondra Radvanovsky (Elisabeth de Valois) (Crédit photo Frédérique Toulet)
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Quasi titulaire du rôle de l’Infant sur les plus grandes scènes du monde, l’italien Stefano Secco délivre à nouveau un Don Carlo vaillant, brillant, à la voix longue d’une extraordinaire homogénéité et formidablement projetée. Dans le rôle magnifique de Rodrigo, le baryton français Ludovic Tézier n’a aucun mal à imposer un organe somptueusement timbré et d’une parfaite rondeur. Il en va tout autrement de son personnage qu’il aborde avec une distance glaciale, à l’image certainement de l’étiquette royale… de cette époque-là. Mais où est donc passé ce révolutionnaire épris de liberté osant affronter le monarque le plus redouté de la Terre ? Où est donc ce vibrant et chaleureux ami intime d’un Infant à qui il donnera sa vie ? Dans le rôle du Grand Inquisiteur, la basse berlinoise Victor von Halem, l’une des légendes du chant wagnérien, prête au moine monstrueux sa voix crépusculaire aux harmoniques souverainement caverneuses. Soulignons également les belles interventions de la basse roumaine Balint Szabo (Un frate)
Côté dame, c’est plutôt le chaud et le froid. En effet, si l’on admire sans retenue la belcantiste hors pair qu’est l’américaine Sondra Radvanovsky face à un rôle, celui d’Elisabeth de Valois, d’une incroyable difficulté, on se pose des questions sur la santé vocale de l’italienne Luciana d’Intino (Eboli). Le poitrinage dès le medium, précédé de quelques notes blanches, laisse supposer à l’évidence un grave problème d’homogénéité. Et ce ne sont pas des aigus émis en force qui dissipent le malaise…
Mention spéciale pour la qualité de l’ensemble des rôles d’accompagnement dont ceux des Députés flamands.
Les chœurs et l’orchestre de l’Opéra de Paris sont sous la direction experte du maestro Carlo Rizzi.
Robert Pénavayre
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infos |
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Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr
Dernières représentations :
12 et 14 mars 2010
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