|
|
Opéra/
Théâtre du Châtelet / La Generala - 03/06/2008
|
| |
|
|
| |
CRITIQUE
Quand la zarzuela s’installait en Angleterre
Oiseau rare de la programmation lyrique française, la zarzuela est pourtant un genre tout à fait noble, à l’image de l’opérette viennoise ou française et de notre opéra-comique.
Après que le public toulousain ait acclamé sa Dona Francisquita il y a un an, le public parisien vient de réserver un excellent accueil à une autre zarzuela du compositeur espagnol Amadeo Vives (1871-1932) : La Generala.
|

Assis : de gauche à droite : Enrique Baquerizo (Cirilo II), Itxaro Mentxaka (Reina Eva), Enrique Ferrer (Principe Pio) et José Luis Gago (Duque di Sisa)
(photo : Marie-Noëlle Robert) |
Cette zarzuela se distingue cependant de son genre matriciel.
Contrairement à la tradition de ces œuvres, tradition mettant en scène des gens du peuple dans des lieux typiquement espagnols, celle-ci se passe en Angleterre et met en présence des têtes couronnées. Et, tout cela dans un étourdissant jeu de massacre au cours d’une intrigue qui n’est pas sans rappeler celle de la Veuve Joyeuse.
Pour nous faire découvrir cet ouvrage, Jean-Luc Choplin, directeur du Châtelet, a fait le bon choix en invitant tout simplement une production de la maison mère : le Teatro de la Zarzuela de Madrid. Difficile de faire plus idiomatique !
Dans une mise en scène du tout nouveau directeur du Teatro Arriaga de Bilbao : Emilio Sagi, les errances sentimentales du Principe Pio et le lobbying forcené de ses parents pour lui faire épouser la belle, et richissime, Princesa Olga, nous arrivent dans un vrai tourbillon fleurant bon la plus endiablée des comédies musicales.
Remplaçant le ténor Ismael Jordi, initialement annoncé, son compatriote Enrique Ferrer endosse les habits très jet set du Principe Pio, donnant à ce personnage, outre une très belle tenue vocale, toute l’incroyable assurance qui caractérise une certaine noblesse, même…ruinée. Mais l’héroïne est bien la célèbre Berta de Tocateca, c’est elle la Generala, l’épouse d’un grand général vénézuélien et aussi ancienne chanteuse de cabaret française. Femme au grand cœur, elle relie à elle seule l’intrigue de cette zarzuela au genre populaire qui en fait toute son originalité et son piquant. Carmen Gonzalez incarne ce personnage formidablement attachant avec un brio vocal et scénique époustouflants. L’irrésistible duo des altesses ruinées était formé d’Itxaro Mentxaka (Reina Eva) et Enrique Baquerizo (Cirilo II). Quant à la belle Princesa Olga, il est difficile d’un trouver une plus craquante, et bien chantante, que Beatriz Diaz.
Un immense bravo à tous les sympathiques et talentueux interprètes de ce spectacle plus que rondement mené par le maestro José Fabra à la tête de l’Orquesta de la Comunidad de Madrid et des chœurs du Châtelet.
Robert Pénavayre
|
|
|
infos |
| |
Pour tout savoir sur la programmation du Châtelet : www.chatelet-theatre.com
|
| |
| |
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|