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Opéra/ Théâtre du Capitole /Les Contes d'Hoffmann - 12/06/2008 |
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CRITIQUE
Des Contes dans leur plus pure authenticité
Les actuelles reprises des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach sont l’illustration parfaite de cet opéra fantastique créé à l’Opéra Comique il y a un peu plus d’un siècle.
A l’instar des contes nordiques, tout aussi propres à terrifier qu’à faire rêver, les Contes de Nicolas Joel (metteur en scène) nous plongent dans un univers de cauchemars et de morts.
Les somptueux costumes de Franca Squarciapino, les gigantesques décors en rosace très modern style d’Ezio Frigerio et les lumières de Vinicio Cheli achèvent cette impression de recueil de légendes. Le chef Yves Abel s’inscrit parfaitement dans cette optique. Sa direction, tout à la fois souple, précise, légère, abonde à merveille cette vision typique de l’opéra comique. Servie par un orchestre des grands soirs et des chœurs absolument parfaits de dynamiques, de rondeur et d’ampleur, son interprétation est parmi les plus idiomatiques qui se puissent entendre.
Un quatuor féminin exceptionnel
Bon, avouons-le de suite, les « diaboliques » de Samuel Youn sont marqués par le timbre métallique du baryton coréen, ainsi que par une puissance de projection un rien décalée par rapport à la partition. Cet artiste dirige d’ailleurs sa carrière aujourd’hui vers le répertoire wagnérien. Mais, remarquable de présence scénique, il imprime à ses personnages une toxicité terrifiante.
Avec Hoffmann, Zwetan Michailov se mesurait à l’un des rôles pour ténor les plus difficiles du catalogue français. Tout en ne manquant pas de qualités, sa voix ne trouve son éclat que dans un aigu sans faille.
Côté féminin, les satisfactions étaient tout autres.
A commencer par l’Olympia de la volcanique Désirée Rancatore. Pyrotechnicienne hors pair de cet emploi, elle fit crouler le Capitole sous un tonnerre d’applaudissements.
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Christian Jean (Spalanzani) et Désirée Rancatore (Olympia) Photo P. Nin
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Inva Mula (Antonia) Photo P. Nin
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Inva Mula nous fait entendre aujourd’hui une voix qui a pris de l’ampleur, une vrai soprano lyrique dont la présente Antonia augure bien de sa future Marguerite d’Orange. Quelle rondeur dans l’émission, quel fruit dans le timbre, quelle musicalité dans la ligne de chant ! Superbe.
Avec Giulietta, nous découvrions Kate Aldrich, un mezzo au timbre chaleureux, sensuel, formidablement conduit. Une artiste à retrouver rapidement.
Ce prestigieux quatuor féminin se complétait avec Karine Deshayes qui, dans le double rôle de la Muse et de Nicklausse, confirme bien tous les espoirs que l’on pouvait mettre dans cette artiste.
De plus, et sans entrer dans un détail fastidieux et hasardeux dans la version de ces Contes présentée au Capitole, le rôle de Nicklausse est quasiment complet. |

Final de l'Opéra (Photo Patrice Nin) |
Nicolas Joel le sait bien, de bons Contes ne vont pas sans des seconds rôles au cordeau. Il faut donc tous les citer pour leur participation essentielle au succès de ces reprises. Il s’agit de Rodolphe Briand (rôles comiques), Christian Tréguier (Luther/Crespel), Christian Jean (Spalanzani), Qiu Lin Zhang (la Mère), Ruben Amoretti (Schlemil), Francis Bouyer (Hermann) et Eric Laporte (Nathanael).
Robert Pénavayre
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infos |
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Prochaines représentations : 19, 22, 26 et 29 juin 2008
Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org
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