www.classicToulouse.com
Annonces
 
Opéra de Paris
Le Cavaillé-Coll du
Palais Garnier
06/05/2012
Opéra Magazine
Hors-série - Les opéras à
travers le monde
2011-2012
 
Critiques
 
Théâtre du Capitole
Celui qui dit oui
Celui qui dit non
B. Brecht, K. Weill
05/05/2012
Théâtre du Capitole
Les Indes Galantes
J.-Ph. Rameau
04/05/2012
Opéra de Paris/Bastille
Cavalleria rusticana
Pagliacci
26/04/2012
Théâtre du Capitole
Madame Butterfly
G. Puccini
13/04/2012
Théâtre du Capitole
Andreas Bauer
15/03/2012
Théâtre du Capitole
Chœur du Capitole
14/03/2012
Théâtre du Capitole
La Clémence de Titus
W. A. Mozart
09/03/2012
Théâtre du Capitole
Le Trouvère, G. Verdi
03 et 04/02/2012
Opéra de Paris/Bastille
Manon, J. Massenet
28/01/2012
Opéra de Paris/Bastille
Rigoletto, G. Verdi
27/01/2012
Théâtre du Capitole
Récital Enkelejda Shkosa
08/12/2011
Théâtre du Capitole
Chœur du Capitole
F. Schubert, W. A. Mozart
07/12/2011
Théâtre du Capitole
Falstaff, G. Verdi
06/12/2011
Opéra de Paris/Bastille
La Force du destin
G. Verdi
14/11/2011
Théâtre du Capitole
Polyeukt, Z. Krauze
04/11/2011
La Monnaie - Bruxelles
Œdipe, G. Enescu
01/11/2011
Théâtre du Capitole
Récital Véronique Gens
13/10/2011
UT-MI-SOL
Hommage à Jane Berbié
10/10/2011
Théâtre du Capitole
Récital Craig Verm
06/10/2011
Théâtre du Capitole
Tosca, G. Puccini
29/09/2011
Opéra de Paris/Bastille
Le Crépuscule des Dieux
R. Wagner
30/06/2011
Opéra de Paris/Garnier
Cosi fan tutte
W. A. Mozart
28/06/2011
Théâtre du Capitole
Cosi fan Tutte
W. A. Mozart
17/06/2011
Opéra de Paris/Bastille
Otello - G. Verdi
14/06/2011
Théâtre du Capitole
Chœur du Capitole
Gabriel Fauré
09/06/2011
Théâtre du Capitole
Jordi Savall, Hesperion XXI
Le dialogue des âmes
30/05/2011
Théâtre du Capitole
Belshazzar
George Frideric Haendel
20/05/2011
 

 

Opéra/ Théâtre du Capitole - Il Trovatore, G. Verdi - 03 et 04/02 /2012
     

CRITIQUE

Les incroyables défis du Théâtre du Capitole

Depuis longtemps déjà, le Théâtre du Capitole affiche régulièrement deux distributions pour certaines œuvres particulièrement populaires. L’an passé, ce fut le cas pour La bohème et Le Barbier de Séville. Cette année, c’est Il Trovatore, chef-d’œuvre incontesté d’un Giuseppe Verdi au cœur d’une période créatrice flamboyante, qui bénéficie d’un double casting. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, pourquoi une équipe de jeunes interprètes ? Simplement parce que le Théâtre du Capitole étant l’un des plus reconnus en Europe, de nombreux jeunes chanteurs sont assurés, et ils le savent parfaitement, d’y trouver des conditions optimales d’aborder ou de rôder des rôles. C’est ainsi que les plus « téméraires » des mélomanes toulousains purent ainsi assister in situ aux débuts français de Roberto Alagna, Juan Diego Florez ou encore Marcello Alvarez. Pour ne citer que des noms qui depuis font un brin de carrière, pour le moins. Ces secondes distributions, vendues à des prix moindres, sont l’occasion aussi pour un plus grand nombre de venir au théâtre. Et ce public est  toujours récompensé car, vous l’avez bien compris, nous sommes loin de distributions de seconde zone. Pour l’amateur d’opéra, même chevronné, c’est également le moment de découvrir de nouveaux interprètes. Et ça, c’est particulièrement excitant !

Daniel Oren et Alfonso Caiani, maîtres d’œuvre de ce spectacle

Très clairement, le maître israélien Daniel Oren vient de nous donner de cette œuvre une version d’une plénitude rarement atteinte, sur scène comme au disque. D’une extrême acuité dramatique, sa direction la relie expressément à un héritage issu du premier bel canto avec une finesse de trait et une dynamique totalement confondantes. Tenant le plateau dans ses moindres détails, ne lâchant rien qui puisse compromettre l’immense architecture sonore de cet opéra, Daniel Oren fait vibrer ce chef d’œuvre en le portant à son point d’incandescence.
A ses côtés, Alfonso Caiani, directeur du Chœur du Capitole de Toulouse, fait chanter ses phalanges avec un sens des nuances, de la couleur, de la discipline et de la rondeur qui sont les témoins du superbe travail entrepris depuis son arrivée au Théâtre du Capitole.


Marco Berti (Manrico) et Luciana D’Intino (Azucena) - Photo Patrice Nin -

Plateau du 3 février 2012 ou les pleins pouvoirs transalpins

Carmen Giannattasio nous revenait auréolée de sa Mimi de 2010 in loco. Avec cette Leonora, il n’est rien de dire qu’elle s’attaque à tout autre chose. A l’évidence, elle tire le meilleur de son organe d’un haut médium et d’un registre aigu dont elle maîtrise parfaitement autant les couleurs que l’émission. Projetée avec sûreté et une parfaite rondeur, la tierce supérieure, d’une belle luminosité, nous vaut des filati aériens absolument splendides. Luciana D’Intino chante le rôle d’Azucena dans les principales places lyriques de la planète. Elle possède ce personnage comme une seconde peau, sa voix gigantesque aux couleurs changeantes traduisant la folie contenue d’une bohémienne qui vendra son fils pour assouvir sa vengeance. De Roberto Frontali (De Luna), nous retiendrons avant tout la rondeur et la couleur incomparables de ces voix nées autour de la Méditerranée, regrettant tout de même un manque d’émotion et de phrasé dans le personnage de ce jeune amoureux transi. Le ténor Marco Berti affiche avec vaillance un Manrico post vériste manquant singulièrement de cantabile.


Alfred Kim (Manrico) et Tamara Wilson (Leonora) - Photo Patrice Nin -

Plateau du 4 février 2012 ou l’émotion à l’état pur

Il s’agit donc de cette fameuse seconde distribution. La jeune américaine Tamara Wilson aborde ici l’une de ses premières Leonora avec l’autorité d’une voix de grand lyrique parfaitement homogène sur un ambitus d’une belle ampleur. Un souffle superbement contrôlé et une musicalité hors pair lui font franchir avec une incroyable virtuosité les innombrables mélismes de ce rôle, nous gratifiant au passage d’un ut facultatif du meilleur effet dans la scène de la prison. Malgré une annonce en début de spectacle, la mezzo hongroise Andrea Ulbrich domine le rôle d’Azucena. Son timbre sombre, remarquablement homogène jusque dans le suraigu (Verdi lui ayant fait le cadeau empoisonné d’un contre ut !), peint à merveille les tourments de cette gitane en proie à la pire des vengeances. L’Ukrainien Vitaly Bilyy est un De Luna dont la voix est un véritable paradigme du baryton verdien : mordant, projection, souplesse, dynamique, aigus péremptoires. Et en plus, il compose un vrai personnage. Alfred Kim campe un Manrico sachant allier l’élégance du trouvère à la fougue amoureuse et au courage guerrier. Toutes ces facettes plus celle de l’enfant éploré face à sa mère en détresse, le ténor séoulite les imprime dans un chant d’une fantastique palette sonore. Souple, stylé, châtié, lumineux, son phrasé est un modèle de cantabile verdien. Quelle musicalité ! Quelle sensibilité ! Bien que de contrées forts différentes, ces quatre artistes unissent ici leurs talents pour nous donner un Trouvère formidablement vivant et émouvant
Nahuel Di Pierro est le Ferrando de toutes les représentations. Cette jeune basse, au timbre profond,  affirme d’année en année un organe d’une très belle tenue. Il affronte la terrible scène liminaire de cet opéra avec cran grâce à une technique parfaite, en particulier pour détacher les nombreux grupetti de cette partition.
Saluons également l’Inès d’Eve Chistophe-Fontana et le Ruiz musical d’Alain Gabriel.

Une production qui flirte avec la tragédie antique

Surprenante à ses débuts, la production, signée Gilbert Deflo (mise en scène), William Orlandi (décors et costumes) et Joël Hourbeigt (lumières), finit par s’imposer malgré sa nudité totale. Rien sur le plateau, seuls des velums colorés un rien japonisant en fond de scène fixent d’improbables lieux. Chœurs et artistes solistes semblent issus d’un vaste manga stylisé. L’erreur serait de chercher des repères. Le drame se passe dans la fosse d’orchestre, nous l’avons dit plus haut. Sur le plateau, place est faite à la quintessence vocale dans un continuum coloré de blanc, rouge, bleu et noir. La focalisation est inévitable sur l’échange entre les personnages devenus de facto de véritables entités.
Et n’oublions pas que Verdi n’a pas composé cet ouvrage pour une équipe de chanteurs donnés, comme cela était l’habitude, mais dans l’intimité d’un dialogue avec son piano. C’est dire combien cet opéra constituait pour lui un véritable monument élevé à la gloire absolue du chant.

Robert Pénavayre

 

infos
 

Renseignements et réservations pour les abonnements :

www.theatre-du-capitole.org

 

Représentations suivantes :
7, 9, 10, 11 et 12 février 2012

 

 

Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
 
2011-2012
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2012-2013
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index