Pour l’heure, Alfonso Caiani, chef du Chœur du Capitole, directeur musical de cette soirée, avait choisi de programmer des œuvres plus ou moins connues, pour chœur bien sûr, de ce compositeur. Si ce programme comprenait le célébrissime Requiem, cette ineffable « berceuse de la mort », ainsi que le Cantique de Jean Racine dédié à César Franck, il nous donnait également à entendre des ouvrages beaucoup moins connus. Il en est ainsi de la version pour chœur et piano de la Pavane, beaucoup plus célèbre dans sa transcription pour orchestre, du Madrigal pour chœur et piano, enfin de ces rarissimes Djinns, sur un texte de Victor Hugo, pour chœur et piano également.
Le style fauréen est l’un des plus difficiles à appréhender. Construit sur une sensibilité intérieure, il exige une retenue et une vibration animées par une profonde émotion enveloppée de sérénité. Ce qui ne sous-entend absolument pas la moindre mièvrerie. Le piège est d’ailleurs là, tendu par cet Ariègeois délicat mais obstiné. C’est l’une des grandes qualités de ce concert, qui en contient bien d’autres, que d’avoir esquivé et avec quel talent, cette problématique. Avec l’aide précieuse de Robert Gonnella (piano et orgue), Alfonso Caiani dirige la phalange chorale capitoline vers des sommets de musicalité, rendant à chacune de ces pages les multiples richesses harmoniques dont l’ingéniosité et le charme ne cachent en rien les germes des conquêtes les plus audacieuses du 20ème siècle musical.
Robert Pénavayre
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