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Opéra/ Théâtre du Capitole /Elektra - R. Strauss - 28/04/2010
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CRITIQUE
Ouragan straussien sur la Halle aux Grains
L’actuelle reprise du tellurique chef d’œuvre « noir » de Richard Strauss à la Halle aux Grains de Toulouse offre aux spectateurs l’une des productions majeures de Nicolas Joel. C’est aussi l’unique occasion d’entendre dans la fosse la formation symphonique capitoline portée à… 110 musiciens !
Le décor d’Hubert Monloup nous montre une loggia titanesque dominant une cour de terre battue d’où émergent les ruines tordues de bâtiments en béton armé. Surplombant l’orchestre, le catafalque d’Agamemnon rappelle en permanence le crime dont il a été victime et l’objet même de la haine d’Elektra pour sa mère Clytemnestre. C’est dans ce huis clos de l’horreur que la mise en scène de Nicolas Joel, ici réalisée par Stéphane Roche, fera s’accomplir la sanglante vengeance des Atrides. Travaillant jusqu’à l’hystérie les rapports familiaux des descendants d’Atrée, cette production suit, à la moindre intention près, une partition qui, par moment, tient d’une BO du 7ème art, particulièrement les scènes de meurtre. Un spectacle envoûtant dont on sort complètement groggy. |

Au centre, Agnès Baltsa (Clytemnestre), au premier plan, Susan Bullock (Elektra)
- Photo Patrice Nin -
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Proposant une distribution entièrement nouvelle, Frédéric Chambert fait débuter à Toulouse trois cantatrices de premier plan. Et tout d’abord bien sûr la britannique Susan Bullock, l’une des rares cantatrices actuelles à oser affronter avec succès le rôle inhumain d’Elektra. Son soprano se développe avec une puissance incroyable dans le haut d’une tessiture pourtant particulièrement meurtrière. Mais le plus précieux chez cette interprète est certainement la musicalité dont elle pare ces pages habituellement chantées de manière beaucoup plus « tétralogique ». L’autrichienne Silvana Dussmann est une Chrysothémis toute de lumière, d’amour et de pitié. Homogène sur l’ensemble d’un ambitus relativement confortable, son soprano se déploie avec éclat jusque sur des sommets qui, parfois, lui font cependant tutoyer certaines limites dont elle devrait tenir compte. Enfin, la légende grecque Agnès Baltsa fait elle aussi ses débuts à Toulouse dans un rôle qu’elle a souvent interprété et spécialement sous la direction de Karajan : Clytemnestre. Tragédienne accomplie, elle chante ce rôle terrifiant dramatiquement avec une ligne de chant d’une grande tenue, donnant à son interprétation, à défaut d’un grand impact vocal en termes de puissance, un véritable sens musical.
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Silvana Dussmann (Chrysothémis)
et Susan Bullock (Elektra)
- Photo Patrice Nin - |
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Si l’Egisthe de l’américain Donald Kaasch s’inscrit dans une belle tradition, l’Oreste d’Harry Peeters déroule une ligne de chant incertaine et une voix sans véritable homogénéité.
Par contre il convient de saluer bien bas l’ensemble des autres rôles, certes secondaires mais, n’ayons pas peur des mots, ici remarquablement interprétés. Il en est ainsi de Peter Wimberger (le précepteur d’Oreste), Adrineh Simonian, Susan Marie Pierson, Graciela Araya, Margriet van Reisen, Marie-Adeline Henry, Jennifer Black et Isabelle Antoine, toutes servantes de Clytemnestre, Paul Kaufmann (un jeune serviteur) et Thierry Vincent (un vieux serviteur). Richard Strauss a écrit pour la plupart d’entre eux des partitions d’une redoutable difficulté. Aussi il convient de souligner l’engagement de tous et de toutes, et plus particulièrement ces dernières, dans ces emplois épisodiques.
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Hartmut Haenchen : le feu du volcan
S’imposant d’année en année comme l’un des grands chefs de référence dans le répertoire germanique, le maître allemand Hartmut Haenchen a déchaîné l’Orchestre du Capitole et ses 110 musiciens en un véritable torrent de lave incandescente. Tenant cette partition d’une poigne d’acier, il la contraint avec un sens profond du drame jusque dans la plus subtile de ses phrases, accompagnant le déroulement inexorable de la tragédie jusqu’au paroxysme libératoire d’accords finaux laissant le spectateur littéralement abasourdi. Un monument !
Robert Pénavayre
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infos |
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Représentations
suivantes
à la Halle aux Grains :
2, 5 et
9 mai 2010
Renseignements et réservations :
www.theatre-du-capitole.fr
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
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2010-2011 |
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