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Livres/ La petite fille qui aimait la lumière – Cyril Massarotto
     
COUP DE CŒUR    
     

Mon héros, l’ogre Papinou

Attention, ce livre, et malgré l’accroche ci-dessus, n’est pas du tout destiné aux enfants !
Pour son quatrième roman, après l’irrésistible « 
Dieu est un pote à moi », l’émouvant « Cent pages blanches » et le caustique « Je suis l’Homme le plus beau du monde », Cyril Massarotto se lance dans un thriller fantastique qui ne veut pas dire son nom. Dès les premières lignes pourtant, le décor est planté. L’atmosphère également.


O

Une ville, désertée, morte ; un vieil homme qui aperçoit depuis sa fenêtre précautionneusement entrouverte, un pied nu qui bouge au milieu d’un tas d’immondices, c’est  celui d’un enfant. Lui dont la famille a été devant ses yeux atrocement massacrée par les autres, prend son courage à deux mains et sort récupérer le gamin. En fait c’est une petite fille. Muette. Ou presque car elle arrive à peine à dire seulement « lumière ». Elle a été jetée à la surface par les enfants d’en dessous parce qu’elle ne ramenait pas assez de nourritures de ses expéditions nocturnes à la surface. Elle était donc condamnée à mort, les autres n’ayant aucune pitié. La vue du vieil homme va terroriser l’enfant un temps car, en dessous, on dit que c’est un ogre. Très vite, il va la baptiser Lumière car la petite a une peur panique de l’obscurité.

Malin, le vieillard a rempli sa maison de conserves depuis longtemps et ne sort que la nuit, pour récupérer dans les maisons abandonnées des piles de transistors. Petit à petit, entre ces deux êtres que l’horreur réunit, un courant de sympathie, puis de véritable amour filial va naître. Tous deux espèrent que ces temps apocalyptiques vont s’achever et que quelqu’un viendra les délivrer. Dans cette perspective, celui que la petite fille appelle dans sa tête Papi va lui dire ce qu’elle devra faire dès que les autres auront disparu. Un vrai catalogue à la Prévert qui est aussi un chemin de vie. Tout d’abord elle devra parler, ensuite tremper un biscuit dans du lait au chocolat, puis manger des bonbons, se rouler dans l’herbe, etc, etc... Mais tout danger n’est pas écarté. Les autres rôdent encore, à la recherche de victimes. Bien sûr il y a ce faible signal radio qui a tendance à s’amplifier depuis quelques temps et qui fait naître un fol espoir. Mais le temps presse car Papi n’est pas tout jeune…
Je ne vais pas plus loin, ce serait criminel. Un conseil, gardez un kleenex pas loin de vous sur la fin.  Terrifiant et  angoissant mais aussi  plein d’humanité et de petits bonheurs, ce quatrième opus confirme bien la plume d’un écrivain original dont l’écriture alerte sait à merveille tracer des portraits de personnages formidablement attachants.

Robert Pénavayre

 

infos
 
 

« La petite fille qui aimait la lumière », roman de Cyril Massarotto – XO Editions – 298 pages – 17,90 €

 

 

 

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