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Toulouse les Orgues
23ème édition
02 au 14/10/2018
Toulouse les Orgues
Mūza Rubackytė, piano
Oliver Vernet, orgue
12/10/2018
 
Critiques
 
Toulouse les Orgues
Jour de fête
Michel Bouvard
Christophe Coin
12/10/2018
Toulouse les Orgues
L'Amour divin
Le Rapt invisible
03/et 04/10/2018
Piano aux Jacobins
Bertrand Chamayou, piano
Elodie Sicard, danse
19/09/2018
Piano aux Jacobins
Steven Osborne
14/09/2018
Piano aux Jacobins
Alexandre Tharaud
12/09/2018
Piano aux Jacobins
Nicolas Horvath-Moondog
08/09/2018
Piano aux Jacobins
Joseph Moog
06/09/2018
Piano aux Jacobins
Joaquín Achúcarro
05/09/2018
Festival Castell Peralada
Amore
Svetlana Zakharova
13/08/2018
Festival de la Vézère
La Chauve-Souris
Johann Strauss fils
11/08/2018
Festival de la Vézère
L'Enlèvement au Sérail
Wolfgang Amadeus Mozart
10/08/2018
Festival Castell Peralada
Récital Javier Camarena
29/07/2018
Festival Castell Peralada
Récital Jonas Kaufmann
28/07/2018
Festival Castell Peralada
Thaïs, Jules Massenet
27/07/2018
Toulouse d'été
15ème édition
18, 19 et 20/07/2018
Passe ton Bach d'abord
11ème édition
01/06 au 03/06/2018
Toulouse les Orgues
22ème édition
04 au 15/10/2017
Piano aux Jacobins
Nicholas Angelich
29/09/2017
Piano aux Jacobins
Pierre Rigal
François Dumont
25/09/2017
Piano aux Jacobins
Alexandre Kantorow
23/09/2017
Piano aux Jacobins
Arcadi Volodos
22/09/2017
Piano aux Jacobins
Juliana Steinbach
12/09/2017
Piano aux Jacobins
Elisabeth Leonskaja
06/09/2017
Festival Castell Peralada
Acosta Danza
17/08/2017
Festival de la Vézère
La bohème, G. Puccini
La Cenerentola, G. Rossini
12 et 13/08/2017
Festival Castell Peralada
Gregory Kunde, récital
06/08/2017
Chorégies d'Orange
Aïda, G. Verdi
05/08/2017
Toulouse d'été
Hervé Billaut, piano
Guillaume Coppola, piano
21/07/2017
Toulouse d'été
Trio Elégiaque
François Dumont, piano

Philippe Aïche, violon
Virginie Constant, cello
20/07/2017
Toulouse d'été
Orchestre de Chambre
Gilles Colliard, direction

Fabrice Millischer,
trombone
David Guerrier, cor

19/07/2017
Toulouse d'été
Orchestre du Capitole
Andris Poga, direction

Edgar Moreau, violoncelle
18/07/2017
Toulouse d'été
Anaïs Constans, soprano
Thibaut Garcia, guitare

13/07/2017
Musique en Chemin
Radio France Occitanie
Montpellier
La Main Harmonique
Les Sacqueboutiers
12/07/2017
 

 

Festivals/ Toulouse les Orgues - L'Amour divin - Le Rapt invisible
3 et 4 octobre 2018
     

CRITIQUE

Du sacré des origines à son expression actuelle

La 23ème édition du festival Toulouse les Orgues bat son plein. Les tuyaux des prestigieux instruments que compte la Ville rose retentissent des sonorités les plus diverses. L’innovation est au cœur de la nouvelle programmation imaginée par le directeur artistique du festival Yves Rechsteiner. Les deux premiers concerts de cette édition 2018 témoignent de la diversité tous azimuts qui préside à cette célébration.

Œcuménisme et austérité

Le 3 octobre dernier, la cathédrale Saint-Etienne héberge le concert d’ouverture intitulé « L’Amour divin », organisé en partenariat avec Odyssud-Blagnac. Du fait de travaux affectant la nef raimondine, c’est la nef gothique qui accueille les musiciens autour desquels se presse la foule compacte des spectateurs. Depuis cette nef, la vue sur l’orgue de tribune suspendu « en nid d’hirondelle » s’avère impressionnante. Ce spectacle premier illustre la fonction religieuse de l’instrument-roi à travers une mise en perspective des chants sacrés d’Orient et d’Occident. L’Ensemble vocal Lumière d’Orient, dirigé par Frédéric Tavernier-Vellas, s’emploie tout au long de ce programme à établir un dialogue œcuménique entre les traditions musicales des trois religions monothéistes. Ainsi alternent tout au long du concert des chants issus des traditions chrétiennes, musulmanes et juives.
Ces interventions vocales, qui puisent leurs origines dans la nuit des temps, sont reliées entre elles par des séquences d’improvisation de l’organiste Paul Goussot aux claviers du grand instrument de tribune.


L'organiste Paul Goussot
- Photo Alexandre Ollier -
O
Rappelons que cet orgue monumental, le plus ancien de la ville rose, fut construit par Antoine Lefèbvre (en 1612), puis restauré par l’inévitable Aristide Cavaillé-Coll (en 1849) et enfin reconstruit par Alfred Kern (en 1976).
Ce fil rouge instrumental commente, en quelque sorte, les chants déclamés selon chaque tradition par des artistes rompus aux styles anciens. L’improvisation initiale, solennelle et brillante donne le signal du départ de ce voyage sacré à travers les siècles.
Trois styles, essentiellement monodiques, se succèdent donc, dialoguent, se répondent, exaltent leurs cultures esthétiques et spirituelles.
Les traditions musicales séfarade, byzantine, soufie, grégorienne, toutes monodiques, sont parfois confrontées à une timide polyphonie d’inspiration romane ou autre.
Une certaine austérité, à laquelle le public d’aujourd’hui n’est plus vraiment habitué, se dégage de cette succession d’évocations-invocations. D’autant plus que la durée du concert dépasse deux heures et quart sans interruption, alors que le programme de salle annonce une heure vingt ! Si l’on résiste au défi du temps, comme suspendu, on peut néanmoins observer une certaine convergence entre les styles des différentes traditions, des points communs insoupçonnables. Soulignons la grande qualité des prestations vocales des uns et des autres. Outre Frédéric Tavernier-Vellas, le directeur artistique de l’ensemble, on découvre les subtilités vocales et expressives d’Aïcha Redouane et d’Habib Yammine, ainsi que les contributions concertées de Jean-Christophe Candau, Jean-Etienne Langianni, Antoine Sicot et Raphaël Robin. Quant aux interventions à l’orgue de Paul Goussot, elles résonnent comme une respiration polyphonique indispensable entre les déclamations vocales. Les riches sonorités de l’instrument, le jeu nuancé et dynamique de l’interprète se conjuguent pour apportent une contribution décisive à ce parcours initiatique.


L'ensemble vocal Lumière d'Orient et l'orgue de tribune de la cathédrale Saint-Etienne
- Photo Alexandre Ollier -

Musique et transcendance

Si le concert précédent remontait aux origines du fait religieux, le spectacle du 4 octobre évoque sa transposition sonore actuelle. Toulouse les Orgues a ainsi confié à un trio de jeunes musiciens hors norme de mettre en scène et en sons leur conception de la transcendance du sacré. Ce trio, baptisé étrangement Le Rapt Invisible, réunit autour de son chanteur et directeur artistique Romain Dayez, le magicien du son électronique Baptiste Lagrave et l’organiste Fabre Guin.
Sous les voûtes lumineuses de l’église des Jacobins, les deux « instrumentistes » entourent le chanteur. Aux pupitres électroniques, Baptiste Lagrave créé des atmosphères sonores incroyables, diffusées avec un relief et un déploiement de couleurs et de timbres inouï. L’orgue que joue Fabre Guin a été conçu par Jean-Baptiste Monnot. Il s’agit d’un « orgue de voyage » à tuyaux composé de dix-sept modules et d’une console électronique transportable. L’instrument fonctionne néanmoins de manière purement acoustique. Associé au dispositif électronique de son complice, il tisse des nappes de sons d’une diversité et d’une dynamique incroyable. Du murmure à peine audible aux cataractes sonores qui submergent toute la nef, l’auditeur se trouve plongé dans une sorte d’extase hypnotique, accompagnée par de subtils jeux de lumière.



L'ensemble Rapt Invisible dans l'église des Jacobins - Photo Alexandre Ollier -

La belle voix de Romain Dayez émerge de ce maelstrom fluctuant et égrène avec un mélange de poésie et de ferveur une succession de chants grégoriens traditionnels. On reconnaît aisément les prières de la nuit des temps : ici le Pater noster, là une évocation du Requiem in pace. Et la séquence s’achève sur un céleste In Paradisum. Tout cela correspond bien à la volonté affichée du trio : « Le Rapt Invisible tente d’extraire le répertoire grégorien de son cadre liturgique et de l’offrir à un public le plus éclectique possible… » Il s’agit effectivement « … d’allers et retour incessants entre les formes d’expression les plus ancestrales et les plus actuelles… »
Le traitement électronique mis en œuvre ici n’est pas sans rappeler les expériences similaires de Karlheinz Stockhausen, notamment dans son Gesang der Jünglige (Chant des adolescents) ou certaines investigations numériques du précurseur Iannis Xenakis. Quelques moments d’extase évoquent une atmosphère proche, mais néanmoins très personnelle, de celle déployée par le compositeur polonais Henryk Górecki, notamment dans sa 3ème symphonie conçue quant à elle pour un orchestre symphonique traditionnel.
Tout en réalisant là une fructueuse synthèse d’expériences menées par de prestigieux prédécesseurs, les musiciens du Rapt Invisible savent en outre alterner les plages d’exaltation explosive et celles qui incitent à la réflexion, à la méditation.
L’audace que représentait a priori la programmation de ce projet novateur et hors norme a finalement payé. Une acclamation chaleureuse du public a accueilli cette prestation continue d’une heure en lévitation…

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 7 octobre 2018

 

 

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22, rue des Fleurs,
31000 Toulouse
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