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Théâtre du Capitole
18/03/2010
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Théâtre du Capitole
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Entretien avec Fabien Mercier - Directeur de la scène - Régisseur général
du Théâtre du Capitole / 25/03/2010
     

« Travailler dans ce monde magique était pour moi
un rêve »

Frédéric Chambert l’a appelé au poste stratégique de Directeur de la scène et Régisseur général du Capitole de Toulouse à partir de la saison 2009/2010. Que cachent finalement ces appellations ?
Qui est Fabien Mercier, celui grâce à qui le rideau se lève tous les soirs ?

Rencontre.



Fabien Mercier (Photo : Ch. Lopez)


 

Classic Toulouse  : Comment en arrive-t-on à de pareilles responsabilités dans un théâtre de réputation mondiale comme le Capitole de Toulouse ?

Fabien Mercier : Le moins que je puisse dire est que j’ai un parcours atypique. A vrai dire, j’ai toujours été amoureux de la musique et de la scène. Jeune j’ai fréquenté le monde de la pop et du rock, puis j’ai fait différents métiers. J’ai même monté un café littéraire à Lille il y a huit ans. Mon père voyageant beaucoup j’ai grandi un peu partout en France. C’est un peu comme çà dans ma famille. Mes arrière-grands-parents étaient artistes de cirque ! Au début des années 2000, grâce à un ami, je fais connaissance  avec l’univers de l’opéra,
ce fut une représentation de Parsifal à l’Opéra Bastille.

Devant mon enthousiasme, cet ami m’a invité à voir un autre spectacle à Bastille mais depuis les coulisses. Finalement, il m’a été proposé de faire un stage dans cette grande maison. Nous sommes en 2003 et me voilà sur la nouvelle production de Salomé dans la mise en scène de Lev Dodin. Un stage très difficile pour moi car j’avais tout à apprendre de ce monde, à commencer par le vocabulaire. Ce fut passionnant. Dans la foulée je suis parti sur La Dame de pique de Willy Decker à Montpellier. Autre rencontre enthousiasmante bien sûr et un apprentissage à pas forcé. J’ai dû donner satisfaction puisque en suivant j’ai signé mon premier contrat de régisseur de scène, toujours à Montpellier pour Ballo in maschera. Ensuite je suis parti en free lance comme régisseur de production à Genève, Bordeaux, Strasbourg. Tout cela m’a également appris que, dans ce métier, il faut être particulièrement souple et attentif aux autres car il ne se répète jamais.

 : Quel est votre périmètre de responsabilité ?

FM : C’est, avant tout, d’établir le planning général du théâtre, qu’il concerne l’artistique ou le technique et cela pour les trois ou quatre années à venir. Et puis, bien sûr la vie quotidienne du théâtre, certes avec le référent « planning » mais également tout ce qui peut se passer journellement dans une maison d’opéra. J’ai quatre régisseurs de production qui travaillent avec moi actuellement. Il m’incombe la gestion des salles. J’ai aussi la responsabilité administrative des chœurs et des chefs de chant. Cela dit, tous ces gens là, merveilleux je tiens à dire,  sont parfaitement autonomes. Je ne suis là qu’en cas de problème. Mon travail est avant tout celui d’un coordonateur.

 : Quelles sont les contraintes d’un pareil métier ?

FM : Il faut une excellente mémoire car tous les jours il faut faire face à mille détails d’une part et, d’autre part, c’est un métier qui s’inscrit énormément dans le temps. C’est un métier pour lequel il faut être totalement disponible. Cela peut paraître une contrainte sauf que travailler au Capitole est un vrai plaisir. Nicolas Joel et Robert Gouazé ont fait de ce théâtre un lieu unique en France.


 : Dans votre jeune carrière théâtrale, quelle est votre plus belle rencontre ?

FM : Certainement Franz Mazura (ndlr : baryton autrichien né en 1924). Il chantait Schigolch dans la Lulu de Strasbourg, j’étais, pour la première fois, régisseur général de production. J’ai rarement rencontré un tel professionnel ayant un pareil charisme en même temps qu’une telle humilité et une telle gentillesse face à tout le monde. Ce fut une rencontre extraordinaire avec un personnage exemplaire et généreux.  Il avait alors 81 ans !

 : Une production, c’est une sorte de dream team ?

FM : Tout à fait. On vit en vase clôt pendant plusieurs semaines. Il y a parfois des orages, mais aussi de belles éclaircies. Les équipes techniques et artistiques ne font plus qu’un  comme dans une traversée car le régisseur de production retranscrit tout l’artistique en technique. Et au final, pas toujours mais souvent, il y a quelque chose de magique qui se passe et de vraies amitiés qui se nouent. En fait c’est tout cela qui m’intéresse. C’est un vrai bonheur.
Je dois vous avouer que mon rêve était de faire ce métier. Alors…

Propos recueillis par Robert Pénavayre

 

 

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