www.classicToulouse.com
Entretiens
 
Alondra de la Parra
Orchestre du Capitole
06/05/2013
Jean-François Zygel
Grands Interprètes
10/05/2013
François Bou
Orquestra Simfònica de
Barcelona i Nacional de
Catalunya
09/05/2013
Juan Francisco Gatell
Théâtre du Capitole
08/04/2013
Pierre Jodlowski
L'Aire du dire
15/03/2013
Alexandre Camerlo
Théâtre du Capitole
16/02/2013
Cecilia Bartoli
Grands Interprètes
18/12/2012
Saimir Pirgu
Théâtre du Capitole
19/11/2012
Joël Suhubiette
les éléments, Anniversaire
16/07/2012
Guillaume Coppola
Piano aux Jacobins
04 au 28/09/2012
Dana Ciocarlie
Piano aux Jacobins
04 au 28/09/2012
Mauricio Wainrot
Ballet du Capitole
La Tempête
11 au 15/05/2012
Joel Prieto
Théâtre du Capitole
Falstaff
02 au 13/12/2011
Kader Belarbi
"La Reine Morte"
26 au 30/10/2011
Julia Kogan
Orchestre Les Passions
24/02/2011
Martin Duncan
Théâtre du Capitole
07/01/2011
Ilan Volkov
Théâtre et Orchestre
National du Capitole
12/11/2010
Carmen Giannattasio
Théâtre du Capitole
17/09/2010
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
17/05/2010
Joël Suhubiette
Ensemble "les éléments"
Concert Zad Moultaka
Odyssud - 18/05/2010
Fabien Mercier
Directeur de la Scène-
Régisseur général
Théâtre du Capitole
25/03/2010
Valérie Mazarguil
Théâtre du Capitole
18/03/2010
Jacques Osinski
Théâtre du Capitole
Iolanta
26/03 au 4/04/2010
Alain Altinoglu
Théâtre du Capitole
Erwartung, Pierrot Lunaire
La voix humaine
16 au 25/03/2010
Kader Bélarbi
Ballet du Capitole
"A nos Amours"
12 au 17/02/2010
Monique Loudières
Ballet du Capitole
"A nos Amours"
12 au 17/02/2010
Rani Calderon
Euryanthe
16/01/2010
Thierry Huillet
Les Passions
Les Arts Renaissants
04/01/2010
Tugan Sokhiev
Orchestre du Capitole
16/12/2009
Jean-Pierre Canihac
Les Sacqueboutiers
24/11/2009
Robert Gouazé
15/11/2009
Willem Jansen
Toulouse les Orgues
08/10/2009
Jorge Lavelli
Théâtre du Capitole
Simon Boccanegra
09/10/2009
David Fray
Piano aux Jacobins
23/09/2009
Alfonso Caiani
Chef du choeur du
Capitole de Toulouse
11/09/2009
Jean-Marc Andrieu
Orchestre Les Passions
10/09/2009
Doris Soffel
Théâtre du Capitole
Salomé
20/05/2009
Michel Brun
Ensemble Baroque de
Toulouse
19/05/2009
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
17/04/2009
 

 

Entretien avec Ilan Volkov - Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny - 12/11/2010
     

Un formidable appétit musical

Si certains chefs d’orchestre se plaisent à résider dans leur tour d’ivoire, enfermés dans un répertoire de spécialiste bien délimité, ce n’est en rien l’attitude d’Ilan Volkov. Le jeune et dynamique chef israélien, présent à Toulouse à l'invitation de Frédéric Chambert pour la création de l’opéra de Kurt Weill « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny » et également pour un concert symphonique avec l’Orchestre national du Capitole, a accepté très cordialement de répondre à quelques unes de nos questions. Né à Tel Aviv en 1976, Ilan Volkov connaît des débuts de chef d’orchestre particulièrement précoces, puisqu’il devient « Principal Conductor » du London Philharmonic Youth Orchestra en 1997, et chef assistant de Seiji Osawa auprès de l’Orchestre Symphonique de Boston en 1999. Présidant de 2003 à 2009 aux destinées artistiques du BBC Scottish Symphony Orchestra, il parcourt le monde, invité à diriger les grandes formations symphoniques et se forge ainsi un répertoire particulièrement large et original.


Le chef d'orchestre israélien Ilan Volkov (Photo BBC Chris Christodoulou)

Classic Toulouse  : Vous avez été fréquemment invité à diriger l’Orchestre national du Capitole. Quelles ont été vos précédentes apparitions toulousaines ?

Ilan Volkov : Nous avons déjà fait ensemble quatre concerts. Le premier était un concert du dimanche destiné aux enfants. Puis il y a eu trois grands concerts en soirée avec des programmes très divers. Olivier Messiaen (avec la Turangalîlâ Symphonie et Oiseaux exotiques), Ravel, Janacek, Ligeti… et donc beaucoup de musique du 20ème siècle. Cela convient très bien à cet orchestre et c’est un grand plaisir de jouer cette musique un peu en marge des grands répertoires traditionnels. J’aime bien aborder de nouvelles œuvres. C’est le cas d’ailleurs avec l’opéra de Kurt Weill que je viens diriger ici pour la première fois. En particulier j’ai une prédilection pour Messiaen que je mets souvent au programme de mes concerts. Ce fut le cas récemment avec « Eclairs sur l’Au-Delà… ».

 : Vous êtes dont très attiré par la diversité du répertoire musical ?

I. V. : Pour moi c’est intéressant d’aborder des œuvres très différentes. Certains musiciens préfèrent se concentrer sur des pièces plus « lourdes ». J’essaie plutôt de m’ouvrir l’esprit sur des esthétiques diverses. Depuis dix ans, la plupart des œuvres que je dirige sont nouvelles pour moi. Je ne mets pas à mes programmes plus de 20 à 30 % de partitions que j’ai déjà dirigées. Evidemment, c’est un peu fou ! Je me dis parfois que je devrais me calmer, mais j’aime ça. Le répertoire est tellement large. Et puis vous ne pouvez pas savoir si vous allez aimer telle ou telle œuvre avant de la diriger. C’est ainsi que j’approfondis ma connaissance d’un compositeur donné.

 : Comment s’est décidé votre engagement dans la carrière musicale ?

Photo Simon Butterworth
 

I. V. : Mon père, d’origine ukrainienne, était pianiste concertiste et professeur et ma mère, si elle n’était pas elle-même musicienne professionnelle, est issue d’une famille très impliquée dans la musique notamment dans l’édition. Son père est originaire de Baden-Baden, en Allemagne. Mes grands parents maternels ont vécu à Berlin. Avec mon père, nous avons beaucoup fait de musique ensemble. J’ai appris le violon et le piano, puis peu à peu commencé à composer et à diriger. Il y a longtemps que j’ai arrêté de composer, mais cela m’aide beaucoup à aborder des musiques nouvelles. Il est très important de savoir comment on écrit de la musique, même quand on a arrêté de composer. Cela permet en quelque sorte de pénétrer dans l’esprit du compositeur. On apprend beaucoup ainsi…

 : Est-ce que vous partagez votre activité de chef d’orchestre entre le concert et l’opéra ?

I. V. : Je me consacre surtout au concert. Je n’aborde l’opéra qu’une année sur deux environ. Le précédent opéra que j’ai dirigé était « Peter Grimes » de Benjamin Britten, à l’opéra de Washington. C’était il y a un an et demi. Bien sûr cela peut évoluer au cours des vingt prochaines années. Mais pour l’instant je préfère cette solution, car j’ai une petite fille et je ne souhaite pas voyager et m’absenter très longtemps. Cette fois, c’est vraiment très long. Heureusement, ma famille vient me rejoindre dimanche… Diriger un opéra vous oblige à être conscient de tout ce qui se passe, à dominer l’ensemble de l’œuvre, à vous faire une idée précise de ce que vous souhaitez vraiment. Ici, par exemple, je n’ai pas eu à choisir la distribution. Mais j’en suis très satisfait !

 : Quelle a été votre approche de Kurt Weill ? Avez-vous déjà dirigé ses œuvres ?

I. V. : Je n’ai dirigé jusqu’à ce jour que son concerto pour violon (une belle partition) et des extraits symphoniques de L'Opéra de quat'sous (Die Dreigroschenoper). J’ai par contre beaucoup dirigé Stravinski, Bartók, Janacek, Schönberg, Berg. Cela m’aide beaucoup à aborder Mahagonny. C’est étonnant d’observer à quel point cette œuvre est moderne et contemporaine. Elle n’a pas vieilli du tout. Elle témoigne d’une grande imagination et résulte d’une multitude d’influences. Paradoxalement, une partie de Mahagonny est un peu de l’anti-opéra, comme une sorte de révolte. Bien présenté, c’est extrêmement puissant. L’œuvre ne cherche pas à rassurer. Elle traite de la vie et pose la question : est-ce que la vie est bien ce qu’elle devrait être ? Lorsqu’on regarde autour de soi, cela reste totalement d’actualité. En outre, Weill sait tirer profit de toutes les musiques, un peu comme Stravinski, et notamment des musiques dites « légères ». C’est extraordinaire comme il parvient à combiner toutes ces influences. Je ne connais pas d’autre pièce qui intègre cela de manière aussi forte. Dramatiquement, le spectateur sait à l’avance ce que la scène suivante va lui présenter. L’œuvre veut porter un message clair. D’une certaine manière, bien sûr, il s’agit d’un message politique, mais qui ne prétend pas se situer au-dessus du public. En cela c’est tout-à-fait antiwagnérien ! Le compositeur américain Steve Reich a souligné le caractère unique de cette partition qui intègre aussi bien le banjo, que la guitare ou le saxophone.

 : Le 25 novembre prochain, vous dirigez l’Orchestre pour un concert particulier…

I. V. : Oui en effet. Nous jouerons une pièce nouvelle de Bruno Mantovani et ce concerto pour violoncelle d’Henri Dutilleux que j’ai toujours souhaité diriger. Je me réjouis de le faire avec Gautier Capuçon, avec lequel j’ai déjà travaillé. Je vais également le redonner plus tard. J’admire depuis si longtemps la musique de Dutilleux que je suis très heureux de pouvoir enfin diriger son œuvre.

 : Vous participez à un projet particulier à Tel Aviv, le Levontin 7. Pouvez-vous nous en parler ?

I. V. : Je suis l’un des propriétaires, une sorte de conseiller musical, de ce club de musique. L’établissement est très actif. Il présente deux spectacles par jour. C’est très petit et très fréquenté. On n’y présente pas de musique classique, mais plutôt du rock, du jazz, de l’improvisation libre, de la musique expérimentale. Son activité ne reçoit aucune subvention. Ses ressources ne proviennent que du prix des boissons ! C’est intéressant de voir ce que l’on peut faire sans subvention. J’observe que dans ces conditions il n’arrive jamais aux musiciens de monter sur scène pour faire quelque chose qu’ils n’aiment pas. Dans les circuits traditionnels, on oublie parfois que faire de la musique procure le plus grand plaisir qui se puisse imaginer. Et en plus on est payé pour ça ! Au Levontin 7, j’ai ainsi la chance de jouer du violon, d’improviser, de réunir des musiciens d’horizons divers. D’ailleurs en février, je vais diriger en Espagne un orchestre d’improvisateurs. Ce sera au cours d’un festival à Madrid. Je m’en réjouis à l’avance.

 : Merci beaucoup et bon festival

Propos recueillis par Serge Chauzy à Toulouse le 12 novembre 2010

 

infos
 

Renseignements, détail complet de la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.org

 
Renseignements, détail complet de la saison de l'Orchestre National du Capitole :

www.onct.mairie-toulouse.fr
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index