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Entretien avec Myung-Whun Chung - 27/05/2008
     

Myung-Whun Chung : l’hommage à Oliver Messiaen

Le chef d’orchestre coréen Myung-Whun Chung, Directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Radio France depuis 2000, était l’invité des Grands Interprètes pour un grand concert donné à la Halle-aux-Grains de Toulouse le 27 mai dernier. Il était alors à la tête d’une des grandes phalanges internationales, la Staatskapelle de Dresde. Ce grand ambassadeur de toutes les musiques a occupé et continue d’occuper de hautes fonctions à la tête des grandes institutions internationales de notre époque. Outre les grandes qualités musicales que connaissent bien notamment les Toulousains qui l’ont souvent accueilli, Myung-Whun Chung consacre une grande partie de son temps aux causes humanitaires et écologiques de notre temps. Ambassadeur du Programme des Nations Unies pour le Contrôle international des drogues (UNDCP), il a ainsi été nommé Homme de l’année en 1995 par l’Unesco.
A l’occasion de sa venue à Toulouse, Myung-Whun Chung a aimablement accepté de répondre à quelques unes de nos questions.


Myung-Whun Chung
(Photo Riccardo Musacchio)
 

Classic Toulouse  : Alors que vous avez abordé la musique par le piano, que vous pratiquez d’ailleurs toujours, qu’est-ce qui vous a attiré vers la direction d’orchestre ?

Myung-Whun Chung : C’est sans doute essentiellement la sonorité de l’orchestre. Dans toute l’histoire de la musique il n’y a jamais eu un instrument comparable à l’orchestre symphonique. Et les grandes œuvres, comme les symphonies de Beethoven ou celles de Mahler, on ne peut pas les jouer sans un bel orchestre. C’est donc essentiellement la sonorité de l’orchestre qui m’a attiré.

 : Pour vous qui dirigez de nombreux très grands orchestres internationaux, comment gérez-vous les relations que vous établissez avec les musiciens de ces orchestres ?

M.-W. C. : Cela dépend de la situation que j’occupe. Lorsque je suis directeur musical ou chef permanent de l’orchestre, j’ai une responsabilité supplémentaire relative à la vie générale de l’orchestre, en plus de la responsabilité musicale des œuvres que je dirige. Ceci est une responsabilité assez lourde. De plus en plus, je laisse l’administration et les musiciens eux-mêmes gérer ce genre d’activités. Musicalement il n’y a donc pas une grande différence entre les deux manières de travailler. Nous sommes là pour servir la musique. Non pas la Musique en général, mais celle qu’ont écrite ces grands génies qui sont au-dessus de nous.

 : Comment équilibrez-vos vos activités symphoniques et vos participations lyriques ? Quelles différences existe-t-il entre ces deux types d’activité ?

M.-W. C. : C’est assez différent. Lorsque nous pratiquons la musique symphonique, nous sommes responsables à 100 % du résultat. A l’opéra, l’orchestre ne représente qu’une partie du spectacle. En tant que chef d’orchestre, je fais partie d’une équipe, avec le metteur-en-scène, avec les techniciens, les luminaristes… C’est vraiment un travail d’équipe.

 : La première œuvre que vous jouez lors de votre concert toulousain est une partition d’Olivier Messiaen dont on célèbre le centenaire de la naissance. Vous avez bien connu ce compositeur. Quelles ont été vos relations avec lui ?

M.-W. C. : Pour moi il a représenté l’expérience la plus précieuse de ma vie depuis mon arrivée à Paris, il y a maintenant une vingtaine d’années. On connait sa musique, on sait qu’il est l’un des plus grands musiciens de notre temps. Mais je ne connaissais pas l’homme. On peut dire que l’homme était encore plus grand que le musicien. L’homme le plus proche d’un saint. Sa sainteté va bien au-delà se son mysticisme bien connu. Il s’agit là d’un niveau d’humanité particulièrement élevé. Quand on a connu un homme tel que lui, cela aide pour la vie…

Propos recueillis le 27 mai 2008 par Serge Chauzy

 

infos
 
 
Programme du concert
du 27 mai 2008

* O. Messiaen
- Les Offrandes oubliées

* W. A. Mozart
- Concerto pour piano et
orchestre n° 20

* L. V. Beethoven
- Symphonie n° 5
 

 

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