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Ballet du Capitole
Nomination Kader Belarbi
21/01/2011
 
Critiques
 
Ballet du Capitole
La Tempête - M. Wainrot
11 et 13/05/2012
Opéra de Paris
L'histoire de Manon
Kenneth MacMillan
24/04/2012
Ballet du Capitole
Le Temps du Désir
29/03/2012
Ballet du Capitole
New-York Dances
26 au 29/01/2012
Ballet du Capitole
Casse-Noisette
23/12/2011
Opéra de Paris
La Source
Jean-Guillaume Bart
12/11/2011
Ballet du Capitole
La Reine morte
Kader Belarbi
26 et 27/10/2011
Ballet du Capitole
Giselle
10/09/2011
Ballet du Capitole
Coppélia
27 et 29/05/2011
Opéra de Paris
Roméo et Juliette
28/04/2011
Ballet du Capitole
Balanchine-Duato
14 au 17/04/2011
Zénith de Toulouse
Béjart Ballet Lausanne
14/04/2011
Opéra de Paris
Caligula
02/02/2011
Ballet du Capitole
Alice au Pays des
Merveilles
23 et 26/12/2010
Ballet du Capitole
L'Oiseau de Feu /
Le Sacre du Printemps
07/10/2010
Opéra de Paris
Soirée Roland Petit
06/10/2010
Opéra de Paris
Kaguyahime
07/07/2010
Opéra de Paris
La Petite Danseuse
de Degas

06/07/2010
Opéra de Paris
La Bayadère
02/06/2010
VMDance Studio
"Plaza del Sol"
22 et 23/05/2010
Ballet du Capitole
Carmen
14 au 16/05/2010
Opéra de Paris
Siddhârta
11/04/2010
Ballet du Capitole
Giselle
02 et 03/04/2010
Ballet du Capitole
A nos amours
12, 16 et 17/02/2010
Opéra de Paris/Garnier
La Dame aux camélias
02/02/2010
Théâtre Garonne
Questcequetudeviens ?
17/01/2010
Opéra de Paris
Béjart Ballet Lausanne
05/01/2010
Ballet du Capitole
Saison russe
22 et 27/12/2009
Opéra de Paris
Ballets Russes - CielEcran
22/12/2009
Opéra de Paris
Ballets Russes
19/12/2009
Opéra de Paris
Casse-noisette
11/12/2009
Ballet du Capitole
Les Maîtres du XXe siècle
04/11/2009
Opéra de Paris
Joyaux
02/11/2009
 

 

Danse/ Opéra de Paris - Palais Garnier - Soirée Roland Petit
06/10/2010
     
CRITIQUE

Rencontres avec la Mort

Pour ouvrir la saison chorégraphique 10/11 de notre première scène nationale, Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris, a choisi Roland Petit et trois de ses ballets, trois œuvres emblématiques de ce chorégraphe sur le thème des amours tragiques.

Evoquer Roland Petit c’est aussi interpeller une pléiade de musiciens, de peintres et  de poètes qui firent la gloire du Paris de l’entre-deux-guerres. En effet, le chorégraphe sut très tôt s’entourer de talents novateurs lui permettant de créer autour de ses ballets des atmosphères littéraires et picturales qui, plus d’un demi-siècle après, étonnent toujours par leur modernité.
La soirée débute avec Le rendez-vous, créé en 1945, sur une musique de Joseph Kosma, dans les décors de Brassaï, les costumes de Mayo et le rideau de scène de Picasso. Entré au répertoire de l’Opéra de Paris en 1992, il nous revient dans tout son étrange et troublant réalisme. Nous sommes dans le Paris des bohèmes, celui des petites gens.


Le Rendez-vous – Hugo Vigliotti
(Le Bossu)
Crédit photo : Anne Deniau
 

C’est là qu’un jeune homme, en fin de soirée, rencontre un destin aussi prématuré que tragique. Quand un bal musette se transforme en danse macabre, quand le Destin instrumente l’Amour dans un faux-semblant dramatique, la Mort est au rendez-vous. C’est ce que veulent nous dire tous ces artistes dans ce ballet aux univers à la fois poétiques et funèbres. Deux Sujets mènent ce bal maudit : Alice Renavand et Yann Saïz. Elle est « La Plus belle fille du monde », envoûtante et vénéneuse, magnifique aussi. Lui est « Le Jeune homme », fier, enthousiaste, gai, avide de bonheur, superbe de lyrisme et de musicalité. Soulignons l’interprétation du « Bossu » par  Hugo Vigliotti (Quadrille), un rôle de composition important dans le déroulement du drame, délicat et  difficile, superbement  assumé.

C’est avec le Loup que continue ce programme. Sur un argument de Jean Anouilh et Georges Neveux, une musique d’Henri Dutilleux et les décors et costumes de Carzou, cette tragique variation sur le thème de La Belle et la Bête, créée en 1953, entre au répertoire de l’Opéra de Paris en 1975. L’histoire et la destinée de ce loup-garou trop humain pour les Hommes nous mènent sur les sentiers de la méditation philosophique, et l’amour fatal que lui voue la jeune fille, sur la voie du sacrifice ultime. C’est beau comme l’Antique et toujours aussi formidablement émouvant. Nommé Etoile en juin 2010, Stéphane Bullion s’empare du rôle-titre avec une autorité exemplaire. Toute de puissance et d’animalité, de souplesse et de tension, la danse superlative de cet artiste conjugue érotisme et désarroi avec une subtilité rarement atteinte. A ses côtés, Ludmila Pagliero (Première danseuse) est, avec une infinie tendresse et une musicalité souveraine, cette « Jeune fille » qui ne pourra vivre sa passion que dans l’anéantissement ultime.

Le Loup – Stéphane Bullion (le Loup) - Crédit photo : Anne Deniau

La soirée se termine avec un must : Le Jeune Homme et la Mort. Cocteau pour l’argument, Bach (orchestré par A. Goedicke) pour la musique, Wakhevitch pour le décor et  les costumes d’après Karinska, voici le plateau somptueux de ce ballet, incontestablement parmi les plus célèbres de ce chorégraphe. A juste titre.  Créé en 1946 et entré au répertoire de l’Opéra de Paris finalement il y a peu de temps (en 1990), mais repris depuis de nombreuses fois, Le Jeune Homme et la Mort met en présence, en un cours mimodrame de vingt minutes, un jeune  peintre, délaissé par la jeune fille qu’il aime, et qui  trouve refuge dans la mort. Particulièrement violent et physique, ce ballet réclame un danseur d’exception.


Le Jeune Homme et la Mort – Nicolas le Riche (le Jeune Homme)
Crédit photo : Anne Deniau

En ce 6 octobre, c’est Nicolas Le Riche, Etoile parmi les Etoiles de l’Opéra de Paris. Stupéfiant d’aisance jusque dans les figures les plus difficiles, il incarne avec  un sens impressionnant de la souffrance, du cri, de la révolte et, finalement, de la résignation, ce jeune homme au destin fulgurant. Un véritable triomphe l’attendait au salut final. Eleonora Abbagnato (Première danseuse) est, avec beaucoup de rigueur, de dynamique et de précision, tout à la fois cette jeune fille coléreuse et la Mort dans les bras de laquelle elle va le jeter. La soirée, musicalement accompagnée par l’Orchestre Colonne sous la direction de Yannis Pouspourika,  ne pouvait mieux se finir que sur cette apothéose.

Robert Pénavayre

 

infos
 

 

Pour tout savoir sur la saison 2010/2011 de l’Opéra de Paris :
www.operadeparis.fr

 
 
 
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