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13/06/2018
Les Sacqueboutiers
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Gwendolyn Toth, orgue
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Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra
08/06/2018
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04/06/2018
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Tugan Sokhiev, direction
Nicholas Angelich, piano
02/06/2018
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18/05/2018
Orchestre du Capitole
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12/05/2018
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Il Pomo d'Oro, Maxim Emelyanychev, direction - Serse, Georg Friedrich Haendel
     
 
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Haendel révélé

L’un des grands opéras de Haendel, Serse, donné en version de concert, a ouvert la saison Grands Interprètes, le 7 novembre dernier à la Halle aux Grains. A cette occasion le bel ensemble Il Pomo d’Oro était dirigé par le bouillonnant chef et claviériste russe Maxim Emelyanychev que Toulouse accueille régulièrement, en particulier à la tête de l’Orchestre national du Capitole. Une distribution vocale de rêve, une exécution fascinante ont conduit cette soirée au triomphe.

Serse (ou Xerxès) créé au King’s Theatre de Londres le 15 avril 1738, représente l’un des derniers opéras du maître baroque. Le livret est une adaptation de celui écrit par Silvio Stampiglia pour un opéra éponyme de Giovanni Bononcini. Comme la passion s'y mêle à la farce et à la satire, il s'éloigne de l'opera seria typique. L’intrigue, à la fois compliquée et invraisemblable, joue avec les sentiments et les faux semblants, à la manière d’un Marivaux baroque. Musicalement, la partition recèle quelques pépites à même de faire briller les gosiers les plus aguerris et les musiciens les plus volontaires. Pour cela il faut une implication totale des interprètes. Avec la distribution réunie ce soir-là et l’engagement sans faille de la formation instrumentale et de son chef, on peut parler de réussite au-delà des attentes.



Le contreténor argentin Franco Fagioli, rôle-titre de l'opéra Serse, de Haendel, aux côtés de Maxim Emelyanychev, direction et clavecin - Photo Classictoulouse -

Quitte à choquer certaines conceptions « traditionnelles » des opéras de Haendel, il n’est pas rare d’avoir du mal à résister à la longueur institutionnelle de certains de ces ouvrages pris au pied de la lettre. Il faut une imagination musicale particulière pour animer et faire vivre cette succession d’arias da capo, si virtuoses ou poétiques soient-ils. Cette imagination, ce sens de l’action musicale, Maxim Emelyanychev les possède à un degré aussi rare que bénéfique pour l’œuvre exécutée. Le jeune chef russe, ici également claveciniste, est le véritable maître d’œuvre de la réussite. Il peut difficilement rester assis devant ses claviers. Tout au long de la soirée, il s’adresse avec vivacité à chaque instrumentiste, tel un homme-orchestre, à chaque chanteur, quitte à bondir de son tabouret pour aller cueillir l’effet désiré. Et cela marche ! Même sans comprendre le détail des péripéties amoureuses de l’intrigue, le spectateur est happé par l’expression de joie, de souffrance, de colère, par les cris, les chuchotements qui émanent des différents acteurs de l’intrigue.
Il faut souligner l’intelligence de la production de cette version de concert de l’ouvrage. Dans cette « mise en espace » (c’est le terme consacré), les acteurs entrent sur le plateau ou le quittent suivant la trame de l’action, se croisent, s’affrontent physiquement autant que musicalement, comme ils le feraient sur une scène d’opéra. On y croit ! Il ne manque que les costumes et les décors.
Il faut tout d’abord louer pour cela la qualité de la vingtaine de musiciens qui composent l’ensemble Il Pomo d‘Oro. Qualités individuelles autant que collectives. A cet égard, la précision du jeu de tous et de chacun pousse dans la même direction. Une mention particulière au continuo qui réunit autour du clavecin de feu de Maxim Emelyanychev, un théorbe à l’impact impressionnant et un violoncelle chaleureux à souhait.



L'ensemble Il Pomo d'Oro et les interprètes au salut final. Au premier plan de gauche à droite : Andreas Wolf (Ariodate), Francesca Aspromonte (Atalanta), Franco Fagioli (Serse), Maxim Emelyanychev, Inga Kalna (Romilda), Vivica Genaux (Arsamene), Mariana Pizzolato (Amastre) Biagio Pizzuti (Elviro) - Photo Classictoulouse -

En outre les chanteurs réunis pour cette présentation constituent une équipe soudée au sein de laquelle les individualités concourent avec panache à l’excellence globale. A tout seigneur tout honneur, le rôle-titre trouve en Franco Fagioli, le contreténor argentin qui monte, un acteur-chanteur stupéfiant. Ses qualités purement vocales impressionnent immédiatement. Aussi bien dans la douceur extatique manifestée dès le premier air (le célébrissime « Ombra mai fu ») que dans les déploiements pyrotechniques comme dans l’aria da capo « Se bramate d’amar », le chanteur révèle une musicalité associée à un ambitus vertigineux que l’on pensait impossible ! Son imagination féconde dans l’ornementation fait également merveille. Son jeu scénique brosse un personnage hors norme, cabotin et excessif, qui réjouit.
Tous les autres intervenants se hissent au plus haut niveau. Dans le rôle du frère de Serse, Arsamene, la mezzo-soprano Vivica Genaux brûle de passion et sa vocalisation reste admirable. La soprano Francesca Aspromonte incarne une Atalanta d’une réjouissante fraîcheur, au timbre lumineux et au jeu joliment provocateur. Mariana Pizzolato incarne avec douceur et finesse l’amante délaissée Amastre. Les deux basses, Andreas Wolf (Ariodate) et Biagio Pizzuti (Elviro) déploient chacun avec ses spécificités un timbre et une habilité à vocaliser de tout premier plan. Enfin saluons la beauté vocale, la grandeur du style, l’incroyable raffinement du chant de la soprano Inga Kalna qui habite le rôle de Romilda avec infiniment de musicalité et un art consommé. Ses aigus pianissimo à la limite du silence ont conquis toute la salle qui, à chaque fois, retient son souffle.
Redisons ici la vitalité et la diversité de la direction de Maxim Emelyanychev. Aussi bien lorsqu’il fouette avec vigueur les accents volontaires des cordes que dans la douceur poétique des évocations subtiles ou pastorales. Une vraie révélation !

N. B. : L'intégrale de cet ouvrage par ces mêmes interprètes fait l'objet d'un coffret de 3 CDs chez Deutsche Grammophon.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 8 novembre 2018

 

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Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
 

 

 
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