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Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Edgar Moreau, violoncelle - 3 novembre 2018
     

CRITIQUE

Tragédies musicales

Le concert donné le 3 novembre dernier par l’Orchestre national du Capitole sous la direction de Tugan Sokhiev a témoigné d’une profondeur expressive et d’un éclat tragique impressionnants. Si l’essentiel du programme était consacré à Chostakovitch, compositeur fétiche du directeur musical de la formation toulousaine, la création d’une œuvre forte du compositeur chinois Qigang Chen donnait le ton de cette soirée pleine d’émotion.

C’est en effet par la création d’une commande commune du China National Centre for the Performing Arts, de la Philharmonie Zuidnederland, de la Philharmonie de Paris et de notre Orchestre national du Capitole que s’ouvre cette soirée d’une extrême tension dramatique. Né en 1951 à Shanghai, le compositeur chinois Qigang Chen a tissé des liens étroits avec la France. Deux des œuvres de ce dernier élève d’Olivier Messiaen ont déjà été créées à Toulouse, en 2015 et 2018. Sa musique réalise une synthèse harmonieuse entre la culture française et celle de ses origines. La pièce donnée en création française ce 3 novembre est intitulée Itinéraire d’une illusion. Elle repose sur un événement tragique de la vie du compositeur : la perte de son fils en 2012. On ne peut imaginer épreuve plus douloureuse. Sa traduction musicale adopte une trajectoire particulièrement émouvante. La trompette a cappella introduit une succession d’épisodes contrastés dont la douleur constitue l’élément conducteur. Le lent crescendo initial trouve son symétrique dans le terrible decrescendo final vers le silence de la mort. Entre ces deux épisodes, l’inéluctable revêt des aspects frappants, comme ce passage obsessionnel au cours duquel le piano répète inlassablement la même note comme une idée fixe. Le langage musical de l’œuvre en facilite l’accès à tous. Au point qu’un long silence prolonge le decrescendo final avant que n’éclatent des applaudissements nourris d‘un public sensible à cette proposition.



Le compositeur Qigang Chen et Tugan Sokhiev à l'issue de la création française de Itinéraire d'une illusion © Classictoulouse

Le monde de Chostakovitch développe et exprime un autre visage de la souffrance. Ses démêlées avec le régime stalinien ont donné naissance à un style musical qui manie le double langage. L’ironie sarcastique se cache souvent derrière une apparente bonhomie. Ce n’est pourtant pas le cas avec son Concerto n° 2 pour violoncelle et orchestre, composé au printemps 1966, lors d'un séjour en Crimée. Cette œuvre, d’une terrible noirceur, doit beaucoup à Mstislav Rostropovitch qui en a assuré la création. Le jeune et très talentueux violoncelliste Edgar Moreau en assume, ce soir-là, toute la profonde douleur. C’est d’ailleurs le soliste seul qui introduit le Largo initial. Le ton en est donné. Dans ce premier mouvement, il dialogue avec les divers pupitres de l’orchestre, comme on se confie, comme on cherche une parole amie. La riche sonorité d’Edgar Moreau, la virtuosité dont il sait franchir les obstacles, nourrissent son interprétation à la fois dramatique et grinçante. On note avec admiration le rôle essentiel du cor solo (impressionnant Jacques Deleplanque !), en particulier dans le Largo initial, compagnon du drame qui se joue là. Les deux Allegretto qui suivent n’ont évidemment rien d’allègre. La souffrance, le désespoir, revêtent seulement d’autres habits, grimaçants ou résignés. Comme en écho avec la pièce de Qigang Chen, le concerto, par la voix de son soliste, se fond dans un silence glaçant qu’une fois encore le public respecte avec recueillement. L’ovation qui suit n’en est que plus intense !



Edgar Moreau et Tugan Sokhiev dans le Concerto n° 2 de Chostakovitch
© Classictoulouse

La seconde partie de la soirée est consacrée à la Symphonie n° 5 en ré mineur du même Chostakovitch. L’exécution de la plus populaire des 15 symphonies du maître russe marque un jalon important du projet d’enregistrement vidéo de l’intégrale que Tugan Sokhiev réalise avec l’ONCT. Ecrite en trois mois en 1937, cette 5ème symphonie, est officiellement présentée comme «  La réponse concrète d’un artiste soviétique à de justes critiques ». Mais Chostakovitch sait mieux que quiconque tenir un double langage musical. Les flamboyances de cette nouvelle symphonie se révèlent comme un commentaire virulent de la situation en cette année 1937. Commentaire que le pouvoir en place, habilement trompé, interprète comme une ode au régime soviétique.
Il est vrai que l’ambigüité la plus torturée, le double sens, la caricature constituent la trame des quatre mouvements de cette partition, instrumentalement somptueuse. Les musiciens de l’Orchestre national du Capitole, stimulés par un Tugan Sokhiev aussi précis qu’inspiré, offrent le meilleur d’eux-mêmes. L’ouverture dramatique par les cordes du Moderato initial donne le vertige. L’angoisse étreint l’auditeur et ne le lâche plus. La magie du duo qui associe la flûte et le cor, suivie de celle du solo de violon conclut ce premier volet sur une sorte de point d’interrogation. L’ironie sarcastique de l’Allegretto, pleine de sous-entendus, passe par une maîtrise absolue des pizzicati des cordes, des interventions tonitruantes et néanmoins somptueuses des cors ainsi que celle, pleine d’humour, du hautbois.
Le poignant Largo culmine dans un cri de désespoir d’une intensité à peine soutenable sur laquelle le solo de hautbois et celui de la clarinette semblent mettre des mots. Quant au final, Allegro non troppo, il constitue l’exemple même du double langage. D’une apparente joie débordante, il déploie l’exaltation jusqu’au malaise. La conclusion fortissimo traduit la dérision d’une situation dramatique ainsi que les stigmates du désespoir. L’orchestre porte tout ce mouvement à l’incandescence. Cette fois, la joie sans limite du public peut éclater immédiatement !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 4 novembre 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 3 novembre 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* Q. Chen

- Itinéraire d'une illusion

* D. Chostakovitch
- Concerto n° 2 pour violoncelle et orchestre
- Symphonie n° 5

 

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