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Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Denis Kozhukhin, piano, 21 et 22 septembre 2018
     
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Brillante ouverture de la saison symphonique

L’Orchestre national du Capitole retrouve le chemin de sa « maison mère » pour l’ouverture de la saison musicale 2018-2019. Les 21 et 22 septembre derniers, Tugan Sokhiev et ses musiciens investissent à nouveau cette Halle aux Grains qui attire régulièrement la foule des mélomanes toulousains. Le 21 septembre, un programme associant Brahms et Prokofiev est l’occasion de retrouver le jeune pianiste russe Denis Kozhukhin. Le lendemain, le premier concert Happy Hour de la saison ramène Chostakovitch sur le devant de la scène.

Piano de feu

Déjà présent à Toulouse le 22 novembre 2013, Denis Kozhukhin, alors âgé de seulement 26 ans, avait impressionné le public et la presse grâce à son interprétation magistrale du concerto n° 4 de Rachmaninoff. Propulsé sur le devant de la scène internationale après avoir remporté le Premier prix au Concours Reine Elizabeth de Belgique à Bruxelles en 2010, ce natif de Nizhni Novgorod mène depuis une brillante carrière internationale. Outre les grands récitals qu’il donne dans les salles de concerts les plus prestigieuses, il est invité à se produire en soliste dans les institutions symphoniques réputées du moment.



Le pianiste russe Denis Kozhukhin, soiste du Concerto n° 2 de Prokofiev
- Photo Classictoulouse -

Le voici donc une nouvelle fois auprès de l’Orchestre national du Capitole dans une œuvre qu’il marque fortement de sa personnalité flamboyante, le Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sol mineur de Sergueï Prokofiev. Son affinité avec l’enfant terrible des compositeurs soviétiques éclate dès les premières notes de cette partition pyrotechnique. Son écriture témoigne à l’évidence des moyens exceptionnels dont disposait Prokofiev qui écrivait pour lui-même ses pièces pour piano. Constatons que Denis Kozhukhin se montre ici comme le digne héritier du compositeur. Son toucher percutant et coloré, l’étourdissante virtuosité qu’il déploie tout au long de l’œuvre ont de quoi impressionner. Mais cet éclat digital d’une belle perfection s’accompagne d’un sens musical indéniable. Son jeu d’un engagement sans faille s’accompagne d’un déploiement très contrôlé des nuances. Ses griffes acérées savent faire patte de velours. Le « motorisme » caractéristique de l’écriture cède par instants la place à un lyrisme poétique d’une profonde émotion. Dans le premier des quatre volets de l’œuvre, l’Andantino, le temps s’arrête lors de l’ébouriffante cadence dans laquelle l’interprète déploie une sauvagerie sidérante. Bientôt rejoint par un orchestre tout aussi incandescent, ce mouvement s’achève dans une véritable débauche sonore. Les trois sections suivantes n’apaisent en rien le combat qui semble s’instaurer entre le piano et l’orchestre. L’œuvre se poursuit et s’achève dans une explosion d’énergie à couper le souffle ! Soulignons l’intime fusion entre le soliste et la phalange symphonique dont le chef sait comme personne combiner les couleurs et les rythmes.
Une ovation unanime salue cette exécution et rappelle le soliste sur le devant de la scène. Denis Kozhukhin se plie bien volontiers au jeu du bis en proposant une pièce au caractère diamétralement opposé à celui du concerto qu’il vient de jouer. L’Intermezzo n° 1 de l’opus 117 de Brahms apporte la paix d’une profonde méditation que l’interprète traduit avec une indicible pudeur.



Tugan Sokhiev et l'Orchestre national du Capitole ce 21 septembre 2018
- Photo Classictoulouse -

Ce sont précisément deux œuvres de Brahms qui encadrent le concerto de ce programme. Les fameuses Variations sur un thème de Haydn ouvrent la soirée. Rappelons que le thème en question, faussement attribué à Haydn, provient en fait d’un chant religieux luthérien du XVIème siècle. La direction rigoureuse mais souple de Tugan Sokhiev prend le parti légitime de souligner les voies secondaires de la mélodie principale tout en rendant justice aux contrastes dynamiques et rythmiques qui caractérisent le développement des variations. Chacune d’entre elles révèle ainsi ses couleurs propres.
Dans la seconde partie du concert, l’orchestre et son chef retrouvent la célèbre Symphonie n° 1 en ut mineur du même Brahms, une œuvre qu’ils pratiquent avec bonheur depuis quelques années. On se souvient que le grand compositeur n’a consenti à aborder ce genre musical qu’à la pleine maturité, inhibé jusque-là par les sommets que Beethoven avait atteints dans ce domaine. Peut-être que l’intensité profonde qui anime cette première manifestation symphonique n’est autre que le résultat de cette longue autocensure… A l’introduction, Un poco sostenuto, que le chef nourrit d’un rythme mesuré et sombre, martelé par l’implacable timbale, succède un développement âpre et intense, opposant des cellules mélodiques chargées de drame. L’Andante sostenuto doit ici une part importante de sa tendresse pleine de charme au lyrisme du solo de hautbois, admirablement phrasé. Un splendide solo de violon conclut le mouvement sur le rêve et la grâce. Tugan Sokhiev confère au troisième volet ce sourire léger que viennent orner les interventions subtiles de la clarinette, instrument de prédilection du compositeur. Le vaste final enchaîne les épisodes contrastés auxquels le chef insuffle une énergie, une densité, une détermination absolues. Les inquiétants pizzicati des cordes débouchent sur ces appels héroïques et stratégiques des cors. C’est alors la rédemption incarnée par le fameux thème de lumière, réincarnation du final de la 9ème symphonie de Beethoven, qui embrase l’orchestre. Le soutien implacable d’un large tempo, un sens aigu des crescendos, la large palette des nuances, la conviction expressive balaient ce final d’une vague déferlante qui emporte tout sur son passage.
Une ovation libératrice du public salue cette exécution chaleureuse dont chaque soliste est remercié par Tugan Sokhiev. Les musiciens, à leur tour, applaudissent leur chef.



Tugan Sokhiev et l'orchestre national du Capitole pendant l'exécution de
la Symphonie n° 5 de Chostakovitch - Photo Classictoulouse -

L’incandescente Happy Hour Chostakovitch

A 18 h, le lendemain, l’ONCT et son directeur propose aux Toulousains la première de ses « Happy Hours » de la saison. On connait maintenant l’attrait, pour un public nouveau, de ce cycle de concerts d’une heure environ programmés le samedi en fin d’après-midi (18 h) et consacrés à un chef-d’œuvre du répertoire symphonique. Devenue une sorte de rendez-vous des familles, chacune de ces rencontres musicales attire une proportion importante de jeunes enfants, le public de demain !
Ce 22 septembre, Tugan Sokhiev introduit son audience dans le monde torturé de Dmitri Chostakovitch. Sa symphonie n° 5 illustre dramatiquement les dérives dictatoriales du stalinisme à l’heure des grandes purges. Après avoir été célébré officiellement, le compositeur tombe en disgrâce à la suite de son opéra Lady Macbeth de Mtsensk, vilipendé par Staline lui-même. Il conçoit alors sa 5ème symphonie, officiellement présentée comme « La réponse concrète d’un artiste soviétique à de justes critiques ». Mais Chostakovitch sait mieux que quiconque tenir un double langage musical. Les flamboyances de cette nouvelle symphonie se révèlent comme un commentaire virulent de la situation en cette année 1937. Commentaire que le pouvoir en place, habilement trompé, interprète comme une ode au régime soviétique.
Il est vrai que l’ambigüité la plus torturée, le double sens, la caricature constituent la trame des quatre mouvements de cette partition, instrumentalement somptueuse. Les musiciens de l’Orchestre national du Capitole, stimulés par un Tugan Sokhiev aussi précis qu’inspiré, offrent le meilleur d’eux-mêmes. L’ouverture dramatique par les cordes du Moderato initial donne le vertige. L’angoisse étreint l’auditeur et ne le lâche plus. La magie du duo qui associe la flûte et le cor suivie de celle du solo de violon conclut ce premier volet sur une sorte de point d’interrogation. L’ironie sarcastique de l’Allegretto, pleine de sous-entendus, passe par une maîtrise absolue des pizzicati des cordes, des interventions tonitruantes des cors ainsi que celle, pleine d’humour, du hautbois.
Le poignant Largo culmine dans un cri de désespoir d’une intensité à peine soutenable sur laquelle le solo de hautbois et celui de la clarinette semblent mettre des mots. Quant au final, Allegro non troppo, il constitue l’exemple même du double langage. D’une apparente joie débordante, il déploie l’exaltation jusqu’au malaise. La conclusion fortissimo porte en elle la dérision d’une situation dramatique ainsi que les stigmates du désespoir. L’orchestre porte tout ce mouvement à l’incandescence.
L’enthousiasme du public aboutit à une offre supplémentaire de musique. Il s’agit cette fois de retrouver le soleil méridional. En l’occurrence, celui de la Carmen de Georges Bizet. Le prélude du 3ème acte et enfin l’ouverture concluent cette soirée sur une note d’optimisme bienvenue…

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 23 septembre 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 
Programe du concert donné le 21 septembre 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* J. Brahms

- Variations sur un thème de Haydn

* S. Prokofiev
- Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sol mineur

* J. Brahms

- Symphonie n° 1 en ut mineur
 
Programe du concert donné le 22 septembre 2008 à 18 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* D. Chostakovitch

- Symphonie n ° 5 en ré mineur

 

 

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