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Concerts / Orchestre National du Capitole - Michael Sanderling, direction
Nicola Benedetti, violon - 27 octobre 2018
     

CRITIQUE

Mendelssohn et Bruckner en dialogue

A l’occasion de son concert du 27 octobre, l’Orchestre national du Capitole recevait, pour ses débuts à Toulouse, le chef allemand Michael Sanderling et retrouvait la violoniste écossaise Nicola Benedetti. Si la jeune et brillante soliste confirme l’authenticité de son talent, le chef nouveau venu dévoile un style et une pratique orchestrale d’une originalité particulière.

Chef d'orchestre et violoncelliste, Michael Sanderling porte un nom célèbre dans le monde des grands chefs du XXème siècle. Son père, Kurt Sanderling, fut notamment l’assistant d'Evgeni Mravinski à la tête de l'Orchestre philharmonique de Léningrad puis dirigera de 1964 et 1967, la prestigieuse Staatskapelle de Dresde. Michael Sanderling, tout d’abord violoncelliste, fit ses débuts de chef d’orchestre en 2000. Il occupe le poste de chef principal de l'Orchestre philharmonique de Dresde depuis la saison 2011/2012.



Le chef d'orchestre allemand Michael Sanderling © Classictoulouse

Nicola Benedetti, quant à elle, s’est déjà produite avec succès à Toulouse en 2015 lors de son exécution magistrale du Concerto de Korngold. Son ouverture d’esprit lui permet d’aborder des répertoires très divers. Elle est cette fois l’interprète de l’un des concertos romantiques les plus populaires du répertoire, le Concerto pour violon et orchestre n° 2 de Felix Mendelssohn.
Soutenue par un orchestre dynamique mais toujours attentif à maintenir un équilibre parfait entre soliste et tutti, la violoniste s’investit dans cette partition avec une énergie qui se manifeste dès les premières notes de l’introduction. Son jeu volontaire et affirmé confère à l’Allegro molto appassionato initial une droiture résolue, sans affèterie. La cadence met en évidence sa virtuosité et son sens du phrasé. Dans l’Andante, la soliste privilégie un legato tout empreint de lyrisme. Elle soigne tout particulièrement les transitions entre les mouvements qui s’enchaînent. Du final vient la lumière. La vivacité du dialogue avec l’orchestre bénéficie en outre beaucoup de la direction de Michael Sanderling qui introduit quelques nuances raffinées et peu habituelles du discours instrumental, tout en maintenant cet équilibre sonore indispensable entre la soliste et le tutti.
Abondamment applaudie, Nicola Benedetti offre en bis une pièce originale. Il s’agit d’un chant traditionnel d’Ecosse (son « homeland », indique-t-elle !) intitulé Auld Lang Syne, transcrit par le fameux poète Robert Burns et adapté par Petr Limonov. Une ballade d’une profonde nostalgie à laquelle la violoniste confère un poids expressif touchant.



La violoniste britannique Nicola Benedetti © Classictoulouse

Toute la seconde partie de la soirée est consacrée à la monumentale Symphonie n° 7 en mi majeur d’Anton Bruckner. Cette vaste partition reste la plus souvent jouée, l’emblème mystique du compositeur. Tout imprégnée de son admiration pour Richard Wagner, elle recèle des beautés qui vont bien au-delà de la simple perfection de l’orchestration, laquelle s’impose immédiatement. A l’instar de Baudelaire dans Les Fleurs du Mal (le poème Correspondances) « L'homme y passe à travers des forêts de symboles / Qui l'observent avec des regards familiers. » Il s’agit bien là de l’une des plus significatives des cathédrales sonores érigées par celui que la postérité a baptisé Le Ménestrel de Dieu.
Michael Sanderling dirige cette partition de la manière la plus personnelle qui soit. Contrairement aux versions les plus traditionnelles, cette conception originale allège la trame orchestrale. Fuyant tout traitement « massif » de la matière instrumentale, le chef en souligne la transparence, la lumière. Paradoxalement, il obtient de l’ensemble des pupitres un jeu proche de la musique de chambre. Les interventions solistes, notamment celles des bois si souvent sollicités, ne se trouvent plus noyées dans le maelstrom orchestral. La disposition modifiée par le chef des différents pupitres sur la scène de la Halle pourrait bien avoir quelque influence dans ce domaine. Si les premiers violons restent à la gauche du chef, les seconds violons sont situés symétriquement à sa droite. Les altos et les violoncelles occupent le centre, alors que les contrebasses se distribuent à la gauche, à l’exact opposé de leur place habituelle. Les instruments à vent et les percussions conservent leurs dispositions respectives.


La disposition orchestrale particulière adoptée par Michael Sanderling © Classictoulouse

Ce long voyage musical débute sur le doux trémolo caractéristique des cordes baptisé Urnebel (Brouillard des origines) auquel Bruckner fait souvent appel. Jouée pianissimo, cette vibration impalpable donne le ton du mystère. Puis s’élève cette mélodie ascendante, de l’ombre vers la lumière, qui associe comme par magie les violoncelles et le cor. Tout cet Allegro moderato initial baigne dans l’atmosphère douloureuse du Parsifal de Wagner.
L’Adagio, pivot magique et funèbre de toute l’œuvre, constitue l’hommage du compositeur à Wagner dont il vient d’apprendre la disparition. L’intervention des quatre « tuben » wagnériens, qui se joignent au tuba et au pupitre des cors, marque profondément tout le mouvement. Ces instruments hybrides, sortes de cors redessinés sous forme de tuba par Wagner pour sa Tétralogie, apportent une couleur particulière à cette touchante prière faite d’émotion, d’humilité, d’espoir. L’apogée du mouvement culmine ici sur le fameux coup de cymbale dont on ne sait s’il fut réellement souhaité par le compositeur.
Le Scherzo s’ouvre sur le chant de ce coq qui éveillait Bruckner tous les matins à l’abbaye de Saint-Florian, un chant proclamé avec légèreté à la trompette. Comme un répit accordé à l’élan mystique de toute l’œuvre, ce mouvement apporte une bouffée d’air frais, détend un peu l’atmosphère.
Dans le Finale noté « Animé mais pas rapide », le thème initial de toute la symphonie réapparaît enfin, comme pour évoquer un souvenir. Les développements successifs sont périodiquement ponctués par l’impressionnant choral des « tuben » auxquels les musiciens confèrent une noblesse sonore particulière. Le chef construit pas à pas le chemin tourmenté qui mène au crescendo de la coda. Cette montée vers la lumière conclut le voyage et débouche sur un silence qui se prolonge largement au sein du public. Il faut bien quelques secondes pour redescendre du paradis…

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 28 octobre 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 27 octobre 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* F. Mendelssohn

- Concerto pour violon et orchestre n° 2

* A. Bruckner
- Symphonie n° 7

 

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