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Orchestre du Capitole
Marcelo Lehninger, dir.
Fazil Say, piano
26/05/2018
Dialogue aux Carmélites
Saison 2018
Présentation 20/03/2018 09/06 au 23/09/2018
Les Sacqueboutiers
Jean Tubéry, cornetto
Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
Les Sacqueboutiers
Gwendolyn Toth, orgue
13/06/2018
 
Critiques
 
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
18/05/2018
Orchestre du Capitole
Clemens Schuldt, direction
Baiba Skride, violon
12/05/2018
Orchestre du Capitole
Bruno Mantovani, direction
Roger Muraro, piano
05/05/2018
Grands Interprètes
Thibaut Garcia, guitare
03/05/2018
Clefs de Saint-Pierre
Elégance Française
30/04/2018
Orchestre du Capitole
Stanislav Kochanovsky,
direction
Sergey Khachatryan,
violon
20/04/2018
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
14/04/2018
Toulouse Wind Orchestra
Alexandre Jung, direction
Sophie Dartigalongue,
basson
13/04/2018
Arts Renaissants
Quintette à cordes de
Berlin
11/04/2018
Les Sacqueboutiers
Choeur de l'Université
Jean-Jaurès
Palladia Tolosa
08 et 10/04/2018
Orchestre d'Harmonie
de Quint-Fonsegrives
David Minetti, direction
09/04/2018
Orchestre du Capitole
Jeff Mills, Lost in Space
Christophe Mangou, dir.
05, 06, 07/04/2018
Grands Interprètes
Orchestre Philharmonique
de Radio France
Hartmut Haenchen, dir.
30/03/2018
Orchestre Les Passions
Jean-Marc Andrieu, dir.
Vent des Royaumes
29/03/2018
Grands Interprètes
Edgar Moreau, violoncelle
David Kadouch, piano
19/03/2018
Maîtrise de Toulouse
Mark Opstad, direction
Lux : Soleil et étoiles
17/03/2018
Grands Interprètes
Ensemble Pygmalion
Raphaël Pichon, direction
14/03/2018
Odyssud
Orchestre Les Passions
Jean-Marc Andrieu, dir.
Magali Léger, soprano
Paulin Bündgen,
contre-ténor
13/03/2018
Grands Interprètes
B'Rock Orchestra
René Jacobs, direction
Robin Johannsen, soprano
08/03/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Vadim Repin, violon
05/03/2018
Musika Orchestra
Academy
Pierre Bleuse, direction
Béatrice Uria-Monzon,
mezzo-soprano
04/03/2018
Saison Bleue de Toulouse
David Grimal, violon
Anne Gastinel, violoncelle
Philippe Cassard , piano
27/02/2018
Clefs de Saint-Pierre
Impressionnismes
26/02/2018
Orchestre du Capitole
Andris Poga , dir.
Andreï Korobeinikov, piano
23/02/2018
Orchestre du Capitole
Thomas Søndergård, dir.
Josef Špaček, violon
15/02/2018
Arts Renaissants
Jean Rondeau, clavecin
Dynastie
14/02/2018
Orchestre de Chambre
de Toulouse
Gilles Colliard, violon et
direction,
Thierry Huillet, piano
09/02/2018
Théâtre du Capitole
Les éléments
Ars Nova
08/02/2018
Orchestre du Capitole
Klaus Mäkelä, direction
03/02/2018
Arts Renaissants
Alexandre Tharaud, piano
Jean-Guihen Queyras,
violoncelle
31/01/2018
Clefs de Saint-Pierre
Les années trente
22/01/2018
Grands Interprètes
Daniel Barenboim, piano
15/01/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Daniel Lozakovich, violon
12/01/2018
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole, direction Stanislav Kochanovsky
Sergey Khachatryan, violon - 20 avril 2018
     
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Sergey Khachatryan : le violon prodige

Le concert de l’Orchestre national du Capitole du 20 avril dernier marquait le retour à Toulouse du jeune violoniste arménien Sergey Khachatryan. Après une première visite toulousaine en 2004, avec le concerto de Sibelius, puis une deuxième en 2013 au cours de laquelle il jouait le concerto de Brahms, on retrouve avec émotion le talent hors norme d’un musicien exceptionnel qui avait immédiatement fasciné lors de sa première intervention toulousaine. En compagnie du chef d’orchestre russe Stanislav Kochanovsky qui faisait ses débuts à la tête de la formation symphonique toulousaine, Sergey Khachatryan ouvrait la soirée avec le Concerto n° 1 de Chostakovitch.

Il n’est pas inutile de rappeler que Sergey Khachatryan a remporté en 2000 le Premier Prix du Concours international de violon Jean Sibelius à Helsinki, devenant ainsi, à l’âge de quinze ans, le plus jeune lauréat de l’histoire du concours. Cinq ans plus tard, à Bruxelles, il se voyait décerner le Premier Prix du Concours Reine Élisabeth de Belgique. Ainsi reconnu par les instances internationales, il ne lui restait plus qu’à conquérir, ou plutôt à convaincre, les publics du monde. Ce qu’il n’a pas manqué de faire avec cette tranquille maîtrise, cette infinie sensibilité qui le caractérisent. Dès ses premières notes, l’auditeur est frappé par la sonorité dorée, à la fois lumineuse et grave, l’intensité d’un jeu concentré jusqu’au bout des notes, le vibrato serré plein d’émotion, cette ampleur sonore éblouissante qui n’appartiennent qu’à Sergey Khachatryan.



Le violoniste arménien Sergey Khachatryan, soliste du Concerto n° 1 de Chostakovitch
- Photo Classictoulouse -

C’est avec le concerto n° 1 de Chostakovitch qu’il ouvre ce concert dédié à la musique russe. Créé en 1955 par David Oïstrakh, violoniste et ami fidèle du compositeur, et l'Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction d’Evgueni Mravinski, cette partition a connu de longues années de maturation et de nombreuses modifications sous la pression du régime et de son porte-parole culturel, le sinistre Andreï Jdanov. La profondeur de ce premier concerto cache sous les notes un exposé des thèmes favoris du compositeur : désespoir d’une certaine impuissance d’action, révolte, ironie amère… Le Nocturne initial exhale une longue plainte, une douleur profonde à laquelle le violon donne sa voix. Les premières notes qu’il émet, aussi retenues et intériorisées soient-elles, se reçoivent comme une blessure. Le jeu du soliste se révèle à la fois dense et transparent, la sonorité claire et profonde. Tout ce premier mouvement évoque une confidence au cours de laquelle l’orchestre tente la consolation de l’ami. Les gorges se serrent.
Le Scherzo qui suit ménage un salutaire contraste avec son atmosphère délibérément exubérante. On retrouve là l’ironie par laquelle le compositeur réplique à la contrainte, à l’oppression. L’archet du soliste y déploie une verve impressionnante. La parfaite pureté sonore de son jeu en accroît davantage l’impact incisif. On retrouve ici l’utilisation obsessionnelle du motif DSCH (les premières lettres du nom du compositeur traduites en notes) par lequel Chostakovitch signe ses propos. David Oïstrakh voyait à juste titre dans ce volet "quelque chose de maléfique, de démoniaque et d'épineux".
La Passacaglia traduit un retour vers la souffrance du mouvement initial, vers sa noirceur. Elle s’achève sur une vaste Cadenza dans laquelle s’expriment toutes les amertumes, toutes les révoltes. Sergey Khachatryan sublime cette pièce a cappella par son incroyable maîtrise instrumentale, sa puissance expressive. Elle s’enchaîne avec le Burlesque final, sorte de course à l’abîme maquillée en fête populaire. Comme souvent chez Chostakovitch, l’effervescence joyeuse, recommandation impérative du régime, recouvre une révolte en forme de pied de nez. Le soliste non seulement joue le jeu de l’ambigüité jusqu’au bout, mais il transcende la partition avec une joie féroce. Stupéfiant !
La direction de Stanislav Kochanovsky et les interventions orchestrales réalisent un équilibre parfait avec celles du soliste qui ne se trouve, à aucun moment, submergé par la richesse de l’accompagnement.



Le chef d'orchestre russe Stanislav Kochanovsky à la tête de
l'Orchestre national du Capitole - Photo Classictoulouse -

La halle unanime ovationne bruyamment cette performance et manifeste fortement son enthousiasme. Jusqu’au retour du soliste qui annonce et offre en bis une émouvante mélodie arménienne du XIème siècle. Sérénité teintée de tristesse…
Comme une symphonie cachée du grand Tchaïkovski, Manfred conserve sa part de mystère. Sa durée (une heure environ), sa coupe en quatre mouvements situent la partition dans le sillage des grandes symphonies du compositeur. Pourtant sa fidélité affichée à l’œuvre littéraire éponyme de Lord Byron, en fait un véritable poème symphonique qui illustre musicalement un canevas littéraire précis. Composée sous l’impulsion de Milli Balakirev auquel elle est dédiée, cette vaste fresque possède une qualité orchestrale indéniable, même s’il n’est pas toujours facile de suivre le programme littéraire de l’œuvre. Désespoir et révolte du personnage principal hantent tout le premier mouvement intitulé Lento lugubre. Sous la direction passionnée de Stanislav Kochanovsky, l’orchestre exploite la plus extrême dynamique. Du pianissimo le plus ténu jusqu’aux fortissimi explosifs, les sonorités instrumentales conservent leurs richesses de timbre. Le Vivace con spirito détend un peu l’atmosphère qui se prolonge dans la pastorale de l’Andante con moto où l’on retrouve une certaine intervention des cloches en coulisse qui évoque irrésistiblement le Berlioz de la Symphonie Fantastique. Le final retrouve les conflits et les grands déploiements de cuivres que les musiciens assurent avec vigueur. La direction dynamique et précise du chef confère tout son éclat à cette partition aussi rare au concert qu’inhabituelle dans l’œuvre de Tchaïkovski. Pour beaucoup, une découverte.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 21 avril 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 20 avril 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* D. Chostakovitch
- Concerto pour violon et orchestre n° 1

* P. I. Tchaïkovski

- Symphonie Manfred

 

Les saisons musicales
lyrique et
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