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Maîtrise de Toulouse
Prix Bettencourt
26/06/2017
Musika Orchestra
4ème session
27/06/2017
 
Critiques
 
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Elisabeth Leonskaja, piano
20/09/2017
Dialogues aux Carmélites
Rien n'est bon que d'aimer
03/09/2017
Dialogues aux Carmélites
La note bleue
27/08/2017
Chœur Les éléments
Iberia
26/06/2017
Grands Interprètes
Juan Diego Flórez, ténor
Vincenzo Scalera, piano
19/06/2017
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev, dir.
Adam Laloum, piano
16/06/2017
Orchestre du Capitole
Gustavo Gimeno, dir.
Adrien La Marca, alto
09/06/2017
Association Gabriel Fauré
Traversée lyrique en
Amérique latine
Compagnie Opér'Azul
08/06/2017
Orchestre du Capitole
Antonello Manacorda, dir.
Alexandra Conunova,
violon
02/06/2017
Orchestre du Capitole
Kazuki Yamada, direction
Karine Deshayes, alto
Chœur du Capitole
Chœur Les Eclats
27/05/2017
Orchestre du Capitole
Kazuki Yamada, direction
Karine Deshayes, alto
Chœur du Capitole
Chœur Les Eclats
27/05/2017
Grands Interprètes
Renaud Capuçon, violon
Nicholas Angelich, piano
23/05/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Marianne Crebassa, mezzo
19/05/2017
Clefs de Saint-Pierre
Portrait de groupe
15/05/2017
Grands Interprètes
Nelson Freire, piano
15/05/2017
Arts Renaissants
Ensemble Pulcinella
26/04/2017
Grands Interprètes
Martha Argerich
Stephen Kovacevich
pianos
24/04/2017
La Dame d'Aragon
Orchestre Symphonique
du Royaume d'Aragon
Ricardo Casero, dir.
21/04/2017
À bout de souffle
Stéphane Delincak, dir.
Fantaisie et variations
autour de The Fairy Queen
20/04/2017
Grands Interprètes
Filarmonica Teatro Regio
Torino
Gianandrea Noseda, dir.
Betrand Chamayou, piano
18/04/2017
Orchestre du Capitole
Rafael Payare, direction
Benjamin Beilman, violon
14/04/2017
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, dir.
Adam Laloum, piano
07/04/2017
Grands Interprètes
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
Bach, Passion St Jean
31/03/2017
Orchestre du Capitole
Christian Zacharias, piano
et direction
25/03/2017
Les Arts Renaissants
Ensemble Les Surprises
22/03/2017
Les Sacqueboutiers
Pôle des Arts Baroques
Jean-Pierre Canihac, dir.
19 et 20/03/2017
Grands Interprètes
Orchestre et Choeur de
l'Opéra du Bolchoï-Moscou
Tugan Sokhiev, direction
La Pucelle d'Orléans
P. I. Tchaïkovski
15/03/2017
Clefs de Saint-Pierre
Folk Songs
13/03/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Don Quichotte,
Jules Massenet
24/02/2017
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
20/02/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Lucas Debargue, piano
17/02/2017
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Raphaël Sévère, clarinette
10/02/2017
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Kazuki Yamada, direction,
Karine Deshayes, mezzo-soprano, Chœur du Capitole, Chœur Les Eclats
27 mai 2017
     
COUP DE CŒUR
     

CRITIQUE

Eblouissant hymne panthéiste

Invité pour la cinquième saison consécutive au pupitre de l'Orchestre national du Capitole, le chef japonais Kazuki Yamada revenait à Toulouse pour diriger l’une des œuvres symphoniques les plus intenses et ambitieuses de la musique occidentale : la Symphonie n° 3 de Gustav Mahler, gigantesque hymne panthéiste à la Nature et à la Création. Le Chœur de femmes du Chœur du Capitole et le Chœur d'enfants et de jeunes Les Éclats, ainsi que la mezzo-soprano Karine Deshayes participaient à ce concert exceptionnel.

Une musique miroir du monde. Faut-il rappeler que Mahler accueillit le chef d'orchestre et ami Bruno Walter sur les lieux champêtres de composition de sa symphonie avec cette réplique devenue célèbre : « Inutile de regarder le paysage, il est passé tout entier dans ma musique ! ». A propos de cette œuvre, il écrivit : « Ce n'est presque plus de la musique, ce ne sont pour ainsi dire que des bruits de la Nature. Cela donne le frisson de voir comment la vie se dégage progressivement de la matière inanimée et pétrifiée… jusqu'à ce qu'elle se différencie de degré en degré dans des formes d'évolution toujours plus élevées : les fleurs, les animaux, l'homme, jusqu'au royaume des esprits, jusqu'aux anges... 



Kazuki Yamada à la tête de l'Orchestre national du Capitole - Photo Classictoulouse -

Les six mouvements de la symphonie possédaient à l’origine des titres qui constituaient un véritable programme littéraire, à l’image des grands poèmes symphoniques en vigueur à l’époque. Même si le compositeur a finalement décidé de supprimer ces titres, ceux-ci possèdent un riche pouvoir suggestif et méritent d’être rappelés. L’interprétation volontaire et éblouissante que Kazuki Yamada met en œuvre avec passion combine un respect absolu, une grande précision avec un enthousiasme et une énergie irrésistibles. Les couleurs les combinaisons de timbres, si caractéristiques de ce grand et bel orchestre sont admirablement sollicitées au point de permettre à chaque pupitre, à chaque soliste de se distinguer du tutti même dans les paroxysmes sonores les plus intenses. Une musique en relief !
L’« ouverture » solennelle du premier mouvement, « L’éveil de Pan », donne la mesure de la grandeur du propos. Comme un lever de soleil, le somptueux pupitre de cors s’y montre si magistral qu’il donne le frisson. Tout ce premier volet s’organise autour d’une série de marches admirablement ordonnancées. L’éclat des cuivres, la volubilité des bois, l’implacable scansion des percussions, tout concourt à la vitalité dont témoigne l’interprétation de cette première partie. Le long solo de trombone de David Locqueneux impressionne par sa maîtrise et l’intensité de son expression. Dans le Tempo di minuetto (« Ce que me content les fleurs des champs ») se manifeste un langage de musique chambre, touchant et très évocateur. Avec le Comodo, scherzando, (« Ce que me content les animaux de la forêt ») l’humour entre en jeu. Les bois s’en donnent à cœur joie ! La puissante apostrophe du coucou : « Kuckuck ist tod » (Coucou est mort) lancée par la clarinette ironiquement impertinente a de quoi réjouir l’auditeur. La tendre et néanmoins redoutable intervention, depuis la coulisse, du cor de postillon, si délicate d’exécution, fascine par sa perfection et sa musicalité. Grâce en soit rendue à Hugo Blacher qui reçoit d’ailleurs à la fin du concert une ovation aussi délirante que méritée !



Kazuki Yamada et Karine Deshayes au salut final - Photo Classictoulouse -

Le quatrième mouvement (« Ce que me raconte la nuit (l’Homme) ») constitue un sommet d’émotion. La voix d’alto ponctue ce nocturne d’un extrait du Zarathoustra de Nietzsche, « Chant de minuit ». L’orchestre soutient avec une immense délicatesse, une indéfectible tendresse, le timbre riche de Karine Deshayes, musicienne raffinée. La nuit, le rêve habitent cette sublime évocation de la profondeur du monde. Le contraste est d’autant plus éclatant de lumière avec la fraîcheur des voix de femmes et d’enfants qui ouvrent la section suivante, « Ce que me content les cloches du matin (les anges) ». Cet extrait du recueil « Des Knaben Wunderhorn », évocation d’un paradis de pureté, illumine ce long voyage vers l’infini. Là aussi le commentaire de l’orchestre résonne comme un sourire avant la grande péroraison du final.
L’ultime étape du voyage, initialement intitulée « Ce que me conte l’Amour », représente une longue marche vers une sorte d’idéal. Cette lente montée « parsifalienne » vers la lumière véhicule une intense émotion. Emergeant du silence, les cordes tissent un lien continu et irrésistible. La qualité des pupitres de cordes trouve ici un terrain inépuisable de beauté expressive. La direction de Kazuki Yamada balise ce chemin de haltes douloureuses. Le chef et ses musiciens, d’une formidable concentration, gravissent le crescendo final dans une atmosphère d’extase sacrée qui semble se poursuivre jusqu’à l’infini... Bouleversant !
Un grand bravo aux chefs des pupitres de trompette, de cor, de trombone, de clarinette, de flûte, de hautbois, de basson, et également la première d’entre eux, Liza Kerob, violon solo, pour la beauté musicale de ses interventions.
Pendant l’ovation enthousiaste qui accueille cette magistrale exécution, Kazuki Yamada ne manque pas de remercier les deux chefs de chœur, Alfonso Caiani (Chœur du Capitole) et François Terrieux (Les Eclats) ainsi que chaque soliste, chaque pupitre. Les musiciens eux-mêmes rendent au chef invité un hommage chaleureux, témoignant en cela de la belle entente qui a présidé à cette nouvelle rencontre.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 28 mai 2017

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 27 mai 2017
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* G. Mahler

- Symphonie n° 3


Les saisons musicales
lyrique et
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