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Concerts/ Orchestre du Capitole / Arild Remmereit, Xavier Phillips - 27/01/2010
     

CRITIQUE

Couleurs d’Europe

Des contrées nordiques du Finlandais Sibelius à la riche Bohème de Dvorak, en passant par le raffinement viennois de Haydn, toutes les couleurs de l’Europe composaient la palette orchestrale du concert donné le 27 janvier dernier à la Halle aux Grains par l’Orchestre du Capitole. L’élégant chef norvégien Arild Remmereit, et l’excellent violoncelliste français Xavier Phillips étaient, ce soir-là, les invités de la phalange toulousaine.

Le violoncelliste français Xavier Phillips et le chef norvégien Arild Remmereit dans le 1er concerto de Haydn (Photo Classictoulouse)

De Jean Sibelius, on admire la beauté des suggestions panthéistes qui nourrissent ses sept symphonies, la profondeur émouvante du concerto pour violon, l’héroïsme de ses sagas nordiques. Son op. 14, qui ouvre le concert, constitue une rareté absolue. Transcrit par le compositeur lui-même de son cycle de mélodies sur des poèmes de la tradition finlandaise, ce court triptyque pour cordes, timbales et triangle, intitulé « Rakastava » (L’Amant), développe l’évocation nostalgique d’une relation amoureuse. Lyrisme discret, mais aussi inquiet, douloureux par endroits, de cette confession intime qui semble, comme toujours chez Sibelius, plonger son discours dans une nature complice. Les cordes soyeuses de l’orchestre composent un matériau sonore d’une grande beauté, qu’un frémissement constant anime avec ferveur.
Soliste du précieux concerto n° 1 pour violoncelle et orchestre de Joseph Haydn, Xavier Phillips déploie une palette de qualités admirables. Le matériau sonore, généreux et d’une parfaite homogénéité dans tous les registres, alimente une technique d’une rare perfection : justesse absolue, précision rythmique, maîtrise constante du timbre. Mais Xavier Phillips va bien au-delà de la simple perfection technique. Musicien profond et imaginatif, il soigne le phrasé et l’équilibre avec un orchestre attentif et rutilant. Splendide cadence du 1er mouvement, Adagio d’une absolue beauté plastique et expressive, final éblouissant de verve et d’esprit. Que voici un classicisme vivant et vibrant ! Les deux bis généreusement accordé par Xavier Phillips visitent un autre monde, celui du grand Benjamin Britten. Deux mouvements extraits de sa 1ère suite pour violoncelle seul explorent de fascinants modes expressifs que l’interprète domine avec gourmandise : Serenata est un allegretto tout en pizzicato et Marcia combine raideur feinte et ironie.
La 7ème symphonie d’Antonin Dvorak retrouve l’Orchestre du Capitole dans la quasi-totalité de ses pupitres. La gestique peu orthodoxe d’Arild Remmereit (battue peu précise, parfois absente, élans soudains) n’affecte visiblement pas le riche déploiement de couleurs qui caractérise l’exécution. Dynamique, vivante, contrastée, cette approche anime un discours en évolution constante. L’œuvre ne cesse d’avancer, du lyrisme chaleureux du Poco adagio à l’effervescence bouillonnante du final.

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

www.onct.mairie-toulouse.fr
 
 

Programme du concert du 27 janvier 2010, à 20 h, à la Halle-aux-Grains :

* J. Sibelius
- Rakastava op. 14

* J. Haydn
- Concerto n° 1 en ut majeur pour violoncelle et orchestre

* A. Dvorak
- Symphonie n° 7
en ré mineur op. 70


 
 
 
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