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Depuis ce 12 octobre 1935, que de chemin parcouru par ce fils de boulanger !
Doté par la nature d’un timbre exceptionnel, il fut vite remarqué. Dès 1961 il aborde les planches lyriques. C’est le début d’une fabuleuse carrière qui en fera un artiste lyrique aux cachets astronomiques.
Le MET de New-York sera son point d’ancrage pendant près de 40 ans. Il chantera en compagnie des plus grands sur les principales scènes du monde. C’est tout dire.
Son répertoire, avant tout italien, était large mais pas gigantesque. Il l’aborda avec une remarquable prudence, n'affrontant |
façon marginale.
Pas véritablement une « bête de scène », Luciano Pavarotti fascinait avant tout par un timbre aveuglant de soleil, une voix parfaitement homogène sur un ambitus relativement étendu émise avec une rondeur stupéfiante, un souffle inépuisable lui autorisant des phrasés remarquables.
Une santé fragile le contraint assez rapidement, début des années 80, à se consacrer presqu’exclusivement au récital. Ce qu’il fait dans le monde entier réunissant jusqu’à 500 000 spectateurs un soir de folie aux USA.
Toulouse aura le privilège de le recevoir pour un unique récital, au Palais des Sports. A cette occasion l’Orchestre du Capitole était dirigé par Leone Magiera. C’était le 25 avril 1993. Ce soir-là, le grand Pavarotti était de sortie et nous gratifia de 8 airs d’opéras, 3 chansons napolitaines et, devant une salle en délire complet, ajouta en bis les deux airs de la Manon Lescaut de Puccini, l’inévitable O sole mio et, dans un Palais des Sports au bord de l’explosion, l’incontournable Nessun dorma de Turandot. Quel souvenir !
Puis arrive sa période « cross over », période au cours de laquelle, après avoir invité Placido Domingo et José Carreras pour les fameuses rencontres des « Trois ténors », Luciano Pavarotti convoquera à ses récitals des artistes de variété tels que Céline Dion, Zucchero, Liza Minnelli, Sting, Florent Pagny et bien d’autres.
A bout de force, le ténor avait décidé d’une tournée d’adieu sur deux ans. Le cancer du pancréas qui le minait depuis quelques temps ne lui aura pas donné l’occasion de prendre congé de tous ses fans.
Mais la chance de notre époque, celle du multi média, est d’avoir su capter des témoignages par wagons entiers de l’art vocal de ce chanteur. Les récitals et les intégrales « studio » sont légions et perpétueront loin et longtemps la magie de l’une des plus belles voix de l’Histoire de l’opéra.
Un été meurtrier
Si Big Luciano fut le plus médiatisé des défunts lyriques de cet été, les amateurs d’opéra auront auparavant eu à déplorer trois disparitions non moins importantes laissant un abîme béant dans leurs souvenirs.
En effet, à quelques semaines d’intervalle avant le ténor italien, disparaissaient Beverly Sills, Régine Crespin et Teresa Stich-Randall. Trois monuments du monde lyrique.
La première citée restera comme l’étoile du New-York City Opéra, théâtre dont elle deviendra pour longtemps la directrice. La seconde, Régine Crespin, avec un répertoire allant de la Périchole à Parsifal, fut la dernière à perpétuer l’âge d’or du chant français. Quant à la troisième, Teresa Stich Randall, celle que Toscanini avait baptisé « la trouvaille du siècle », il est peu de dire qu’elle fut à l’origine de la notoriété du festival d’Aix en Provence, tant ses interprétations mozartiennes sont encore aujourd’hui inégalées.
Encore une fois, notre époque est formidable et nous permet à volonté d’entendre ces voix exceptionnelles dans leur répertoire de prédilection.
Robert Pénavayre
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