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Opéra/ Opéra Comique /Zoroastre - Jean-Philippe Rameau
25/03/2009
 

CRITIQUE

Une œuvre hors normes

Année faste pour Jean-Philippe Rameau qui voit deux de ses œuvres majeures à l’affiche de théâtres français. Après le somptueux Hippolyte et Aricie capitolin, voici Zoroastre à l’Opéra comique.

C’est la seconde version, celle de 1756, qui est présentée aujourd’hui dans la mythique salle Favart, et dans une production créée en 2005 dans le non moins légendaire théâtre de Drottningholm (Suède).
Loin des fastes de la création de cet ouvrage, Pierre Audi fait évoluer ses chanteurs sur un plateau nu, animant l’espace par de subtils éclairages signés Peter Van Praet. Sans remettre en cause son réel talent de metteur en scène, dont cette production est encore la preuve, reconnaissons qu’il manque à cette vision toute la folie, décors et machinerie, qui entourait les opéras de cette époque et qui faisait en grande partie leur succès.


Vue d’ensemble de la production (Crédit Photos : Elisabeth Carecchio)

Sur une partition réalisée par les Arts Florissants et William Christie, Christophe Rousset dirige ses Talens Lyriques avec toute la passion et le dynamisme dont nous le savons coutumier, avec parfois aussi une aridité dans le trait qui peut accrocher l’oreille mais également « métalliser » le climat de cet ouvrage plongeant au cœur d’un ésotérisme extrême oriental annonciateur de La Flûte mozartienne et de son message maçonnique.
Amir Hosseinpour a réglé la chorégraphie de cette tragédie lyrique dans une grammaire couvrant quasiment trois siècles de techniques. Très belle participation du Chœur et des Danseurs du Drottningholms Slottsteater.


Erinice (Anna Maria Panzarella) et Abramane (Alexeiev Evgueniy), le couple des diaboliques (Crédit Photos : Elisabeth Carecchio)

Dans le rôle du mage Zoroastre, Anders J. Dahlin déploie un ténor fait de souplesse et de style sans peut-être posséder tous les moyens de ce rôle écrasant. Le bulgare Alexeiev Evgueniy, après un début hésitant en termes de justesse, se coule dans le rôle d’Abramane, sorte de Telramund avant l’heure, avec une belle autorité autant vocale que scénique. A ses côtés, l’impériale Erinice d’Anna Maria Panzarella recueille tous les suffrages d’un public conquis par le charme d’une voix riche en couleurs, ardente et puissante ainsi que par le talent d’une authentique tragédienne. Dans le rôle plus discret d’Amélite, Sine Bundgaard fait valoir un beau soprano tout empreint d’une musicalité sans faille.
Soulignons aussi, pour la qualité de leur interprétation, la présence de Lars Arvidson (Zopire, La Vengeance), Jakob Högström (Narbanor), Gérard Théruel (Oromasès, Une Voix souterraine) et Ditte Andersen (Céphie).

Robert Pénavayre

 

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