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Opéra/ Opéra de Paris / Simon Boccanegra - G. Verdi (10 avril 2007)
     

Simon Boccanegra (Dmitri Hvorostovsky) et Amelia (Olga Guryakova)
(Photo : Christophe Pelé)


CRITIQUE

Simon victime (?) des grèves

A la lecture des articles parus il y a un an lors de la création de cette production du Simon Boccanegra de Verdi, il est permis de se demander si l’absence de décors représente vraiment un handicap pour ce spectacle.

Ironie du sort, la grève d’une partie du personnel qui contraignait, en ce 10 avril 2007, l’Opéra de Paris à annuler la première du ballet Cendrillon à Garnier et imposait une version concert de Simon Boccanegra à Bastille, empêchait les spectateurs de cette dernière salle de constater combien le pouvoir politique et syndical est puissant dans le cadre des élections. En effet, le metteur en scène Johan Simons a basé toute sa production sur ce thème, l’actualisant à aujourd’hui, n’imaginant pas une seconde que la fiction rejoindrait la réalité !

Cela dit, c’est un tonnerre d’ovation qui a salué les artistes de ce spectacle, et en premier lieu le somptueux Simon de Dmitri Hvorostovsky. Il est difficile d’imaginer timbre plus soyeux, phrasé plus élégant, geste plus naturel, musicalité aussi achevée. Acteur dans l’âme, il s’accommoda du plateau nu et de quelques chaises de répétition, ainsi que d’une bouteille d’eau en plastique (il faut bien qu’il s’empoisonne !) pour faire vivre, intensément d’ailleurs, l’un des plus beaux personnages verdiens.

Avouons, sans leur en vouloir bien sûr vues les circonstances, que ses partenaires ne furent pas tout à fait à sa hauteur. Mais comment admettre dans ce répertoire les accents franchement germaniques du Fiesco de Franz Josef Selig, au demeurant une très belle basse, et le manque de rayonnement vocal de l’Amelia d’Olga Guryakova.

Bien qu’aidé d’une canne, Franck Ferrari assurait comme il pouvait le rôle peu reluisant de Paolo Albiani.

Stefano Secco, dans un complet-veston un peu grand, essayait d’être le jeune et fringant Gabriele qui deviendra Doge de Venise, phrasant avec aisance un rôle dans lequel il devrait retrouver le Capitole de Toulouse dans une toute prochaine saison.

A l’évidence, le public et l’Orchestre de l’Opéra de Paris retrouvait James Conlon avec plaisir. On les comprend d’autant mieux qu’il dirigea cet ouvrage réputé difficile musicalement avec un sens évident du style verdien et une subtilité de ton de tous les instants.


Robert Pénavayre


     
     

 

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