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Opéra/
Opéra de Paris - Garnier / The Rake's Progress
I. Stravinsky - 11/03/2008 |
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CRITIQUE
Olivier Py fait son entrée au Palais Garnier
Œuvre sulfureuse s’il en est, The Rake’s Progress, d’Igor Stravinsky, fait l’objet d’une nouvelle production signée par l’un des plus talentueux metteurs en scène hexagonaux : Olivier Py.
Remplaçant Luc Bondy, initialement prévu, et faisant ainsi ses débuts in loco, Olivier Py s’empare de cet ouvrage avec les délices que l’on imagine. Ne reculant devant aucune audace (voir son Tannhäuser genevois…), il passe au crible de toutes les turpitudes la déchéance du jeune débauché. A ce titre, au 1er acte, le bordel de Mother Goose à Londres est un doux recueil de toutes les perversions possibles imaginables. Pour être complexe, autant dans le fond que dans la forme, sa mise en scène, dans les décors et costumes de Pierre-André Weitz, n’en demeure pas moins parfaitement lisible et formidablement imaginative.
Il faut dire que le plateau retenu par Gérard Mortier a du répondant.
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Toby Spence (Tom) et Jane Henschel (Baba the Turk) photo : F Feiville
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Et plus particulièrement le Tom Rakewell de Toby Spence. Timbre lumineux, belle projection, netteté de la diction, voilà quelques unes des qualités faisant de lui un interprète de référence, d’autant que le comédien est absolument épatant d’engagement. Veule et passif à souhait, se laissant manipuler jusqu’à l’écœurement, le ténor britannique campe un véritable absolu de cynisme.
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| Laurent Naouri (Nick) photo : F.Feiville |
A ses côtés, le baryton Laurent Naouri réussit une aussi belle performance dans le rôle méphistophélique de Nick Shadow. Ici encore un interprète à la voix saine, puissante et sombre, totalement habité par son personnage. De ce fait, Laura Claycomb, malgré de belles qualités musicales, apparaît ici légèrement en retrait.
Epoustouflante, énorme en Baba the Turk, Jane Henschel compose avec finalement beaucoup d’humanité ce monstre tout droit sorti de Freaks.
Dans des emplois secondaires, René Schirrer (Trulove), Hilary Summers (Mother Goose) et, surtout, Ales Briscein (Sellem), complètent à la perfection un casting plus délicat à réunir qu’il n’y paraît.
Les chœurs et l’orchestre de l’Opéra de Paris, sous la direction d’Edward Gardner, traduisent avec sensibilité et acuité une partition flirtant à l’envie avec Mozart et Rossini dans un style néoclassique dont on connaît aujourd’hui l’influence fondamentale qu’il eût dans l’Histoire de la musique.
Robert Pénavayre
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