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Opéra/ Opéra de Paris / Louise - G. Charpentier - 3/04/2007


CRITIQUE

Louise conquiert la Bastille

Affichée plus de 1000 fois, de sa création en 1900 à 1967, Salle Favart (Opéra Comique), le célèbre roman musical de Gustave Charpentier était absent des salles parisiennes depuis. Rendons grâce à Gérard Mortier de l’avoir fait réapparaître, quarante ans après et en grande pompe, dans une nouvelle production, sur la scène de l’Opéra Bastille.

     
 

Une fastueuse production

Signée André Engel pour une mise en scène au cordeau enchaînant avec bonheur les ensembles comme les instants d’intimité, Nicky Rieti pour des décors monumentaux plus vrais que nature et Chantal de La Coste Messelière pour des costumes fleurant bon un 20ème siècle qui commence à entrer dans le souvenir, cette production a l’immense mérite également de respecter l’esprit de l’œuvre à la virgule près.
C’est donc sans hiatus aucun que la magnifique partition de Charpentier prodigue ses torrents de mélodies et son lyrisme wagnérien dans un univers ouvertement naturaliste.

 

Mireille Delunsch et Paul Groves
(Photo Eric Mahoudeau)
 
 

Une distribution…contestable

Une telle production se devait d’avoir une distribution très haut de gamme…
Honnêtement, la désillusion est au rendez-vous.
Tout d’abord le Julien de Paul Groves, un ténor très présent à l’Opéra de Paris mais ici complètement dépassé par un rôle réclamant un aigu beaucoup plus solaire que le sien. Certes sa prosodie est respectable, mais quelle souffrance dans le haut du registre !
Star parmi la nouvelle génération de divas, Mireille Delunsch est, pour le signataire de ce compte-rendu, une énigme vivante. Littéralement hurlante dans l’Elettra d’Idomeneo sur la scène de Garnier en décembre 2006, la voici aux prises avec Louise. Voix courte, phrasé en difficulté, justesse approximative, où est donc la star que l’on essaie de nous vendre.
Quand je pense qu’elle sera Elsa de Lohengrin sur cette même scène dans quelques semaines, il y a de quoi frémir
.


2ème acte (Photo Eric Mahoudeau)


On ne peut citer les quarante rôles distribués, mais il convient, tout de même, de saluer, respectueusement, le Père de José van Dam, formidable tragédien au phrasé unique dans un rôle qui lui va comme un gant, même si le fabuleux instrument que fut sa voix est rangé aujourd’hui au rayon des souvenirs. Saluons aussi Jane Henschel (la Mère), Luca Lombardo en Noctambule et Pape des fous, ainsi que René Schirrer en Chiffonnier. Dans des rôles certes épisodiques, ces derniers nous ont donné à entendre les plus authentiques accents de ce chef d’œuvre d’une époque.

3ème acte (Photo Eric Mahoudeau)


L’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra de Paris étaient sous la direction un peu molle et parfois beaucoup trop envahissante de Sylvain Cambreling.


Robert Pénavayre


     

 

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