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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / Les Capulets et les Montaigus -
V. Bellini - 11/06/2008
 

CRITIQUE

Une somptueuse reprise

Entrée au répertoire de l’Opéra de Paris Bastille en 1996, cette œuvre trop peu jouée de Bellini nous revient avec une distribution du plus haut niveau dans l’éblouissante mise en scène de Robert Carsen.

Le casting de cet ouvrage n’est pas démentiel, il est tout juste périlleux car le style requis est des plus exigeants. Aussi, je dois le confesser,  est-ce avec un plaisir sans mélange que j’appris l’alternance, dans le rôle de Juliette, de la starissime Anna Netrebko et de …Patricia Ciofi, la première nommée étant dans un état de maternité relativement avancé.
La soprano italienne est idéale pour cet emploi. Un timbre d’une pureté cristalline, un contrôle du souffle exemplaire, un cantabile à vous faire chavirer et ce sens implacable de la phrase bellinienne signant la plus authentique des interprétations.



De gauche à droite : Matthew Polenzani (Tebaldo) et Joyce DiDonato (Roméo)Photo : Photo : C.Leiber


A ses côtés, dans le rôle d’un Roméo plus guerrier que dans l’opéra de Gounod, le mezzo Joyce DiDonato confirme bien sa maîtrise absolue des emplois de sa tessiture dans les ouvrages de la première moitié du 19ème siècle. Remarquable travesti, elle donne à son personnage une émotion en même temps qu’une vigueur dont le timbre d’une somptueuse soie et un style parfaitement assumé sont le miroir permanent. Son duo avec Juliette fut un moment de grâce ineffable.
Le ténor Matthew Polenzani (Tebaldo) ne dispose quasiment que d’un air pour se faire entendre. Mais quel air et quel interprète. Ici encore, un respect scrupuleux de la ligne de chant, une émission d’une parfaite rondeur jusque dans l’aigu, un interprète engagé, impossible de demander mieux.
Saluons aussi, dans cette courte distribution, les interventions de Giovanni Battista Parodi (Capello) et de Mikhail Petrenko (Lorenzo).
Le maestro Evelino Pido est tout simplement parfait pour diriger cet opéra, autant dans la balance sonore que dans les couleurs, le suivi très subtil des chanteurs et, bien sûr, l’élégance stylistique de l’une des plus nobles partitions du compositeur de Norma.
S’appuyant sur les décors et les costumes de Michael Levine, en fait d’immenses panneaux muraux rouge sang, la couleur des Capulet, Robert Carsen crée des scènes aux perspectives fuyantes propres à solliciter  l’imagination. L’une d’entre elles , littéralement magique, nous fait voir Juliette, « morte », au milieu des cadavres de Capulet et de Montaigu…ressuscitant ! Magistral.

Robert Pénavayre



 

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