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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / Le Barbier de Séville -
G. Rossini - 13/05/2008
 

CRITIQUE

Le Barbier de Coline Serreau

On irait  - presque - entendre ce chef d’œuvre de Rossini pour le seul plaisir de voir la mise en scène de Coline Serreau, dans les merveilleux décors de Jean-Marc Stehlé et Antoine Fontaine.

Finale du 1er acte (distribution des reprises 2004/2005) - Photo Eric Mahoudeau

A vrai dire, le charme opère dès le lever de rideau. Un désert et, en lisière, une forteresse mauresque dans laquelle Bartolo tient sa chère Rosine enfermée. Il n’en faut pas plus pour éclairer le message de la cinéaste, un message évidemment profondément attaché à la défense de la femme dans un monde qui lui refuse une existence propre. Mais Coline Serreau ne va pas forcer le trait et rapidement l’opéra de Rossini va se transformer, au rythme trépidant d’une musique étourdissante d’invention, en une véritable comédie musicale. Cette production est un véritable must du répertoire de notre première scène lyrique.
La distribution de ces reprises voyait les débuts sur la scène parisienne d’un jeune ténor mexicain de 28 ans : Javier Camarena. Le timbre est charnu, solaire, dense et la ligne de chant parfaitement maîtrisée. Une vocalise un peu lourde dénote qu’à l’évidence, mais avec prudence, cet artiste doit se diriger vers d’autres emplois (Bellini, Donizetti par exemple) et laisser Rossini à des organes plus légers certes, mais aussi plus souples. Son Almaviva est une belle découverte cependant. Autre débutant sur cette prestigieuse scène, le baryton-basse américain John Del Carlo. Cet artiste n’a aucune peine à imposer un Bartolo d’excellente facture. Le baryton roumain George Petean  est un Figaro, lui aussi, de premier plan. Alternant avec Samuel Ramey, la basse russe Mikhail Petrenko est un Basile par contre de petite envergure. Que dire de la Rosina de la soprano espagnole Maria Bayo ?  Certes, la chanteuse est habile musicienne mais la partition qu’elle nous interprète oscille en permanence entre celle d’un mezzo et celle d’un soprano ! Le résultat est pour le moins déroutant et, en tout état de cause, bien peu enthousiasmant.
Un grand bravo à Jeannette Fischer, impayable Berta dans un numéro de rap…inattendu et jubilatoire !
A la direction des phalanges maison, le chef français Marc Piollet laisse une impression de flou dans sa direction, particulièrement durant l’ouverture. Dommage quand on pense à la merveilleuse et précieuse mécanique musicale écrite ici par Rossini.


Robert Pénavayre




 

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Prochaines représentations :
22, 26 et 29 mai 2008
Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr

 
 
 

 

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