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Opéra/ Opéra de Paris / Tosca - G. Puccini - 3/06/2009
     

CRITIQUE

Tosca, une valeur sûre

La présente production du chef d’œuvre puccinien, créée in loco en 1994, revient à l’affiche pour la… huitième fois ! Et devant des salles combles, preuves irréfutables de la popularité de ce compositeur.


Elena Zelenskaya (Tosca) et
Mikhail Agafonov (Cavaradossi)
(Photo : Christian Leiber)

 

A vrai dire, la mise en scène du cinéaste allemand Werner Schroeter, dans les décors et costumes d’Alberte Barsacq, laisse aujourd’hui quelque peu indifférent. Est-elle aussi précisément montée qu’au début ? Le temps n’a-t-il pas appliqué durement à ce travail son implacable loi ? En résumé, elle fait un peu datée, d’autant que les chanteurs semblent peu concernés par le drame qu’ils sont sensés interpréter. Bref. Dommage quand même ! Pour ces reprises, Gérard Mortier a fait appel à une pléiade d’artistes d’Europe Centrale (Roumanie, Russie et Lettonie) pour Tosca et Mario.
En ce 3 juin, la soprano russe Elena Zelenskaya interprète la diva chère à Puccini. De facture scénique assez rudimentaire, sa Floria Tosca explose vocalement car, à l’évidence,
cette artiste possède l’organe de dramatique spinto propre à Turandot.

Cela ne va pas sans quelques imprécisions du côté du cantabile et des nuances. Mais tout de même.


Scott Hendricks (Scarpia)
Photos : crédit Christian Leiber

 

Son compatriote Mikhail Agafonov est un Mario Cavaradossi lui aussi peu prolixe en émotion dramatique, préférant remplir l’Opéra Bastille d’aigus victorieux. Et encore, notons un dérapage au deuxième acte sur ce sujet. Médium sourd et, encore une fois, des nuances musicales étrangèresà la musicalité de ce ténor achèvent un portrait vocal finalement peu flatteur. Heureusement le baryton américain Scott Hendricks, pour ses débuts à l’Opéra de Paris, vient rappeler avec son Scarpia comment on pouvait, aussi, chanter Puccini. Timbre d’airain, phrasé superbe de largeur, artiste convaincant, il est attendu avec impatience et en ce même lieu, dans quelques jours, dans le rôle titre du Roi Roger de Szymanowski. A noter l’excellente tenue des seconds rôles dont l’Angelotti de Wojtek Smilek.

Le chef suédois Stefan Solyom embrase cette partition de sang et de passion avec un souci permanent de la couleur et de la dynamique.

Robert Pénavayre


 

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