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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille /Salome - R. Strauss -
25/11/2009
     

CRITIQUE

Alain Altinoglu porte à l’incandescence ces reprises de Salomé

Créée en 2003, cette production de la Salomé de Richard Strauss avait été alors l’occasion d’une prise de rôle majeure pour Karita Mattila. La présente reprise restera comme la découverte d’un chef straussien de tout premier plan : Alain Altinoglu.

C’est un chef français de 34 ans qui vient de faire un triomphe à l’Opéra de Paris. Retenez bien son nom : Alain Altinoglu. Il serait étonnant de ne pas le croiser à nouveau au pupitre des plus grands théâtres de notre planète. A la tête des phalanges de l’Opéra de Paris, il nous donne à entendre une Salomé d’une splendeur sonore ébouriffante. Conjuguant à merveille les formidables dynamiques éruptives de cette partition aux non moins subtiles couleurs et harmoniques audacieuses qu’elle contient, il accompagne l’immature criminelle jusqu’au bout de sa folie avec une science de l’orchestre qui laisse admiratif. Du grand art !


Vincent Le Texier (Jochanaan)
(Photos : Christian Leiber)

 

Si la mise en scène de Lev Dodin n’apporte toujours pas grand chose de nouveau dans l’illustration de ce mythe, la distribution réunie par Nicolas Joel est beaucoup plus enthousiasmante.
Camilla Nylund est une Salomé au visage d’enfant capricieuse. Elle en joue à merveille, d’autant que son timbre clair et lumineux, loin des explosions vocales de certaines consœurs « tétralogiques », s’accorde parfaitement au personnage qu’elle incarne.
Thomas Moser est l’un des grands titulaires d’Hérodes de par le monde. Il possède ce rôle avec une autorité autant vocale que scénique qui force l’admiration.
A ses côtés, Julia Juon, qui avait remplacé ici même Anja Silja initialement prévue en 2003, trace un saisissant portrait vocal d’Hérodias, lui conférant son ample mezzo et un timbre d’un airain flamboyant.


Mais la découverte, dans le rôle de Jochanaan, c’est bien le baryton-basse français Vincent Le Texier. S’il est difficile, dans cette mise en scène, de juger de ses capacités scéniques, par contre la splendeur de sa voix est plus qu’évidente. Des harmoniques somptueuses, un large ambitus, une voix parfaitement homogène et puissamment projetée, son prophète est de niveau international sans aucun doute. Il ne serait vraiment pas étonnant de le voir évoluer vers un certain répertoire wagnérien dans les prochaines années.


Camilla Nylund (Salomé) et Thomas Moser (Hérodes) (Photo : Christian Leiber)

Si le Narraboth de Xavier Mas n’est pas entièrement convaincant, saluons par contre le Page de luxe de Varduhi Abrahamyan, de même que l’ensemble des autres rôles, ici superbement tenus.

Robert Pénavayre

 

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Dernière représentation :
1er décembre

Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr


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