www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 
 
 

 

Opéra/ Opéra de Paris - Garnier /Mireille - Ch. Gounod -
07/10/2009
     

CRITIQUE

Pourquoi j’ai adoré Mireille

Provoquant un véritable séisme dans le microcosme lyrique parisien, Nicolas Joel, nouveau patron de l’Opéra de Paris, a  ouvert sa première saison avec l’une des œuvres majeures du répertoire français du 19ème siècle, la Mireille de Charles Gounod. Les échos des cris d’orfraie poussés le soir de la première se font de plus en plus lointains et aujourd’hui ce spectacle a rencontré son public. En même temps qu’un authentique succès. Mérité !

Nicolas Joel prenait un risque énorme, en tant que directeur de cette institution, à s’exposer artistiquement. C’est mal connaître l'homme que d’imaginer l’ombre d’une seconde qu’il recule devant ce challenge. Entouré de fidèles, j’ai nommé Ezio Frigerio (décors), Franca Squarciapino (costumes) et Vinicio Cheli (lumières), Nicolas Joel bâtit sa mise en scène dans le respect absolu du poème original de Mistral. Un exemple ? Quand je pense à ce que j’ai lu et entendu sur la présence aberrante de blé en Provence, c’est simplement oublier ce passage du chant 8ème du poème de Mistral : « sonore comme une aire où on dépique l’été ». Ce que nous montre  Nicolas Joel est d’une incroyable humanité et d’une bouleversante émotion. Il nous le donne à vivre, en s’appuyant simplement sur l’ouvrage, les relations simples, cruelles, profondes qui animent les hommes et sont la vie de ces temps là. La musique de Gounod lui donne raison et valide à chaque instant ses choix. Même si l’original de cette partition est loin d’être calé, la version qui est choisie ici est vraisemblablement la plus proche de celle souhaitée par le compositeur. Les mélodies qu’elle contient sont parmi les plus belles de tout le répertoire. Marc Minkowski ne s’est pas trompé non plus. Il les cisèle avec une gourmandise musicale, une sensibilité aussi qui nous amènent avec une désarmante spontanéité dans cette Provence naturaliste. La grande réussite en fait de cette production est l’osmose idéale entre un texte, une musique et une vision scénique. Entendons-nous bien, je n’ai rien contre les HLM de Christoph Marthaler ou les lavabos de Krzysztof Warlikowski, mais devant l’évidence qu’imposait l’ouvrage, saluons le courage de Nicolas Joel d’avoir, finalement, « osé » cette évidence.


Inva Mula (Mireille)
(Photo : A. Poupeney)

 

Une distribution de luxe

Inva Mula s’empare du rôle titre avec l’autorité que son soprano lui confère aujourd’hui. Confondante de musicalité, elle parvient au bout de ce rôle écrasant sans flancher une seconde. Faut-il pour autant qu’elle le mette à son répertoire ? C’est un autre débat que, par précaution, elle ne pourra faire l’économie d’ouvrir.

A ses côtés, Charles Castronovo est un Vincent idéal de phrasé, d’intention, de prosodie, de style. Difficile  d’imaginer meilleur interprète et comédien dans cet emploi. Si Franck Ferrari, malgré tout son engagement, ne convainc pas totalement dans Ourrias (quelques aigus sans timbre sont peut être inquiétants…), comment ne pas saluer bien bas la performance du vétéran Alain Vernhes, un Ramon terrifiant, mais aussi de Sylvie Brunet qui, avec sa Taven, donne une vraie leçon de diction.

Les seconds rôles sont luxueux. Jugez plutôt. Andreloun n’est rien moins que Sébastien Droy ! Il y a fort à parier que ce pâtre n’a jamais été aussi bien chanté. Même traitement pour Ambroise (Nicolas Cavallier), Clémence (Amel Brahim-Djelloul) ou encore Vincenette (Anne-Catherine Gillet). On croit rêver !


Final  : de gauche à droite : Alain Vernhes (Ramon), Inva Mula (Mireille),
Charles Castronovo (Vincent) et Anne-Catherine Gillet (Vincenette)(Photo : A. Poupeney)


Les chœurs, sous la direction de leur nouveau chef, Patrick Marie Aubert participent pleinement à la réussite de cette magistrale entrée au répertoire de l’Opéra de Paris.


Robert Pénavayre

 

infos
 

Dernière représentation :
14 octobre 2009

Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr


Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2009-2010

 


 
 
 
 
 
Toulouse les Orgues
Intégrale Bach
 
Ensemble Baroque
de Toulouse
Cantates sans filet
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index