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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille / L'Elixir d'Amour - Donizetti
20/10/2009
     

CRITIQUE

Anna Netrebko, une Adina de rêve

Avec cette production (2006), signée Laurent Pelly, du chef d’œuvre bouffe de Gaetano Donizetti, l’Opéra de Paris tient assurément l’un de ses trésors. La reprendre avec Anna Netrebko dans le rôle d’Adina est un vrai cadeau de Noël avant l’heure pour tous les mélomanes.

Nous sommes donc au cœur d’un village italien dans la vision que le cinéma transalpin nous en a donnée sous l’œil des caméras de Dino Risi, Federico Fellini et autre Ettore Scola. Mobylettes et Vespas sont de sortie au milieu de bottes de fourrage savamment empilées, lieu de toutes les rencontres et des parades amoureuses. A l’image d’une partition totalement pétillante, cette mise en scène sans complication aucune est un modèle de vie théâtrale.


Giuseppe Filianoti (Némorino) et Anna Netrebko (Adina)
Photo : Sébastien Mathé

 

Le public était là pour le retour à l’Opéra de Paris de « la » Netrebko. Il a bien fait car la cantatrice russe nous a chanté une Adina de rêve. La rondeur de son émission n’a d’égale que le fruité lumineux d’un timbre d’une incroyable pureté. Un large ambitus et une magnifique projection lui autorisent aujourd’hui bien d’autres rôles plus exposés, mais pour l’heure il est difficile d’imaginer une interprétation plus musicale de ce rôle. Soulignons enfin le total engagement scénique de cette artiste décidément au faîte de ses moyens.
A ses côtés, le ténor italien Giuseppe Filianoti campe un Némorino d’une incroyable authenticité de ton. Large dans son phrasé, il rend une parfaite justice à la somptueuse ligne mélodique écrite par Donizetti.
Délaissant les habits du Figaro rossinien en ce même lieu quinze jours auparavant, le baryton roumain George Petean endosse l’uniforme moins subtil de Belcore.


Il n’est rien de dire qu’il le fait avec une vis comica à hurler de rire. Ajoutez au portrait un timbre d’un métal somptueux et voilà un Belcore de tout premier plan.
Paolo Gavanelli n’a peut être pas les mêmes qualités vocales intrinsèques que son compère en clé de fa, mais il maîtrise son Dulcamara avec une autorité scénique qui force l’adhésion.
Le maestro Paolo Arrivabeni emporte cette partition dès les premières mesures dans un tourbillon conjuguant  à la fois émotion et humour, nous laissant  un peu plus de deux heures après avec des étoiles plein les yeux… et les oreilles.


Robert Pénavayre


 

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