ARCHIVES |
| |
|
.jpg) |
|
Opéra/ Opéra de Paris Bastille / Madame Butterfly – 03/02/2009 |
| |
|
|
CRITIQUE
Le miracle permanent d’une production exemplaire
Au répertoire de l’Opéra Bastille depuis 1993, la production de Madame Butterfly signée Robert Wilson revient pour la sixième fois à l’affiche témoigner de l’une des plus parfaites réussites du metteur en scène américain.
Une scénographie réduite au strict minimum, finalement peu de lumières, des costumes d’une sobriété conjuguant malgré tout des éléments japonisants et occidentaux, une gestique a minima, aucun contact physique, voilà la grammaire scénique, reconnaissable entre toutes, de Robert Wilson. Le procédé, faut-il le reconnaître, ne fonctionne pas systématiquement…
|

La soprano Cheryl Baker (Cio Cio San) Photo Christian Leiber |
|
Mais avec cette Butterfly, nous ne sommes pas loin du miracle car, même vu au travers de multiples distributions et dans le temps, il opère à la perfection et à chaque fois.
Très chorégraphiée, sa mise en scène s’empare du drame sous l’angle symbolique. Il faut dire que le choc des cultures et le peu de personnages en présence lui offrent un terrain idéal. Privilégiant l’intention à l’action et l’être au paraître, il donne à cet opéra une vibration foudroyante d’efficacité émotionnelle. D’autant que, de facto, le spectateur va être plus disponible pour écouter la musique.
Depuis vingt ans collaborateur régulier et apprécié de l’Opéra de Paris pour son programme de ballet, le chef d’orchestre estonien Vello Pähn est au pupitre de cette Butterfly. Dire qu’il fut un artisan important du succès de cette représentation tient de l’euphémisme.
|
Scrutant les timbres de cette foisonnante partition (la préférée de son auteur, Giacomo Puccini), il en éloigne en permanence le pathos au profit de la luminosité et de l’analyse, offrant en cela une correspondance idéale au travail du metteur en scène. Attentif aux chanteurs comme il sait l’être aux danseurs, il mène au succès une distribution d’une belle qualité d’ensemble.
Cheryl Baker n’a peut être pas complètement l’organe de grand lyrique requis pour Cio Cio San, en particulier dans le bas medium, mais elle sait l’utiliser avec un maximum de conviction et d’efficacité. Très belle comédienne, elle finit par emporter l’adhésion du public.
Le ténor Massimiliano Pisapia est un peu à l’inverse. Doté d’un ténor d’une parfaite rondeur, ample voire héroïque, il compose un Pinkerton d’un seul bloc, peu enclin à une quelconque évolution dramatique. Cela dit, il sera intéressant de l’entendre dans un autre répertoire (Trovatore, Aïda, etc.). Ses qualités sont indéniables.
Cornelia Oncioiu (Suzuki) et Michael Druiett (Sharpless) sont de bon niveau. Sans plus.
Un mot encore pour souligner l’excellent Goro d’Andreas Jäggi.
Souhaitons que cette production soit reprise et encore reprise, elle est l’un des fleurons du répertoire de notre première scène nationale.
Robert Pénavayre
|
|
|
infos |
| |
Programme,
renseignements et
réservations :
www.operadeparis.fr
|
Prochaines représentations :
9, 10, 11, 12, 14, 18, 21, 24 et 26 février, 4 mars 2009.
Attention, deux distributions en alternance
|
| |
| |
| |
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
|
|
| |
2009-2010 |
|
|
| |
|
|
|
|
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
2008-2009 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
| |
|
|
|