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Opéra /
Opéra de Paris - Bastille - Le Temps des Gitans (03/07/2007) |
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Dans un univers compètement onirique, voici venu le temps des gitans
(crédit Sébastien Mathé)
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CRITIQUE
Tragi-comédie tzigane
Il y a longtemps que Gérard Mortier caressait l’idée de confier une mise en scène au grand cinéaste slave Emir Kusturica, double Palme d’Or à Cannes en 1985 et en 1995 !
Finalement, ce sera un…punk opéra qui verra le jour et dont la création mondiale a eu lieu le 26 juin 2007 dans le vaste vaisseau de l’Opéra Bastille…sonorisé.
Adapté du film d’Emir Kusturica : Le Temps des Gitans (Prix de la mise en scène, Cannes 1989), ce Temps des Gitans version opéra-punk, en langue tzigane, sur une musique signée Dejan Sparavalo, Nenad Jankovic et Stribor Kusturica, est bien sûr mis en scène par le cinéaste lui-même.
L’intrigue, sordide en elle-même, nous porte sur les traces de deux enfants dont l’un deviendra mafieux et l’autre, une jeune fille handicapée moteur, prostituée à Milan. Tout cela se finira dans un bain de sang. A vrai dire il ne reste plus grand monde debout à la fin.
Malgré tout, et sans jamais tomber dans un quelconque pathos, l’œuvre cerne le caractère tzigane dans toute sa liberté et sa passion, ses rires et ses peines.
Airs, duos et ensembles se succèdent à un rythme inimaginable, voire effréné. Il faut dire que dans la fosse œuvrent rien moins que le célébrissime No Smoking Orchestra et The Garbage Serbian Philharmonia sous la direction de Zoran Komadina. Avec eux, nous sommes dans le délire musical complet pendant 1h45 sans entracte ! Ce qui n’occulte en rien des instants d’une poésie qui vous met un instant la larme à l’œil.
Les colossaux moyens de Bastille donnent une richesse incroyable à une production où les villages s’envolent, les oies- vivantes- occupent le terrain, les personnages rejoignent in fine les cieux en même temps que…la cathédrale de Milan, etc.
Les interprètes sont bien sûr tous remarquables d’engagement dramatique et d’émotion vocale.
Tous les soirs, standing ovation et participation des spectateurs des premiers rangs au chaos final sur scène.
A un moment, il faut rendre les armes et s’avouer simplement mais complètement bluffé par un tel dynamisme, une telle générosité, une telle maestria.
A voir absolument !
Robert Pénavayre
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infos |
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Autres représentations, les 9, 11, 12, 14 et 15 juillet 2007 (le 14, matinée gratuite) Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr |
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