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Opéra/ Art Lyrique - Opéra de Paris - Madamme Butterfly - G Puccini 28/02/2006  
     
Mme Butterfly (Hui He), Sharpless (Dwayne Croft) et l'enfant - Le rêve impossible
     

CRITIQUE

L'opéra préféré de Puccini

Au répertoire de l'Opéra Bastille depuis 1993, la production de Butterfly signée Robert Wilson revient régulièrement à l'affiche témoigner de l'une des plus parfaites réussites de ce metteur en scène américain.

Peu ou pas de décors, finalement peu de lumières, des costumes qui, à défaut parfois d'être sobres, ne sont jamais envahissants, une gestique rappelant tout à la fois les fresques de l'Egypte Ancienne et le théâtre Nô, des rapports physiques plus que distanciés, voilà l'imperturbable grammaire scénique de Robert Wilson depuis des années.

Parfois la symbiose fonctionne (La Flûte Enchantée, La Femme sans Ombre), parfois beaucoup moins, ce qui fut le cas dernièrement avec une Tétralogie wagnérienne complètement glaciale. Sa rencontre avec l'opéra préféré de Puccini, sa propre Butterfly, est à mettre au rang des conjonctions miraculeuses.

Un sujet japonisant, peu de personnages mais tous plus symboliques qu'anecdotiques, le terrain était idéal.

Très chorégraphiée, sa mise en scène privilégie l'intention à l'action, l'être au paraître, et, de fait, nécessite une bonne connaissance de l'oeuvre.

Ceci étant, le résultat est foudroyant d'efficacité, d'autant que la direction d'orchestre de Marco Balderi scrute les timbres de cette foisonnante partition avec un souci permanent d'éloigner le pathos au profit de la clarté et de l'analyse, offrant ainsi un miroir musical exemplaire au travail du metteur en scène.

Pour ses débuts in loco, la cantatrice chinoise Hui He incarne une Cio Cio San vibrante d'émotion malgré une voix de soprano lyrique montrant, en cette fin de série, un certain manque de tonus. A ses côtés, le ténor italien Marco Berti nous gratifie en permanence d'une belle projection sur tous les registres, ce qui, il faut bien le dire, n'est plus le cas du baryton américain Dwayne Croft, Sharpless indigne de notre première scène nationale.

Mais, paradoxalement et eu égard au genre, l'intérêt de ce spectacle était ailleurs.

 

Robert Pénavayre

 

Crédits photos : Eric mahoudeau

 

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