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Opéra/ Théâtre du Capitole / Les Maitres Chanteurs de Nuremberg  R. Wagner (7/06/2006)
     
La désormais célèbrissime bataille de polochons du 2 ème acte - Photo Patrice Nin


CRITIQUE

Bataille de polochons au Capitole

Ces premières reprises des Maîtres Chanteurs de Nuremberg, de Richard Wagner, dans la production de Nicolas Joel, créée in loco en avril 2002, sont l'occasion de découvrir une foultitude de talents lyriques venant pour la première fois sur notre scène.

Il en est ainsi des productions « maison », pendant plus de dix ans, nous explique Nicolas Joel, nous pouvons les afficher en portant simplement notre effort budgétaire sur la distribution. Frappée au coin du bon sens, cette analyse permet ainsi au théâtre capitolin, d'avoir dans ses cartons une multitude d'ouvres propres à construire des saisons avec des interprètes que les scènes les plus prestigieuses nous envient.

Quelques belles découvertes vocales

C'est certainement la soprano Anja Harteros qui produisit, avec son Eva somptueuse vocalement, la plus grande impression sur le public. Sa voix ample et généreuse, claire et parfaitement projetée sur tout l'ambitus, musicale aussi, laisse imaginer bien d'autres rôles que la frêle Eva. A suivre et, espérons-le, au Capitole !

L'autre triomphateur est le ténor Rainer Trost qui, dans le rôle difficile, car délicat, de l'apprenti David, a su donner, grâce à une aisance scénique remarquable et à un ténor parfaitement projeté, beaucoup de relief et de sensibilité à cet emploi.

Coup de chapeau au « vilain » de l'histoire : Beckmesser. Eike Wilm Schulte nous en trace un portrait torturé, à la fois plaisant et effrayant. Et quel baryton !

L'écrasant rôle de Sachs revenait cette année à Alan Titus. Pétri de ce rôle, ce chanteur en donne une vision d'une bouleversante humanité.

Il faut, bien sûr, saluer l'ensemble des Maîtres, tous de très haut niveau, et en particulier le Pogner de Kurt Rydl.

Peut-être convient-il d'être moins enthousiaste par rapport à la prestation du ténor anglais John Treleaven qui, dans le rôle magnifiquement lyrique de Walther, mis à plusieurs reprises nos oreilles à dure épreuve.

Sous la conduite associée de Patrick Marie Auber et du mythique Norbert Balatsch, les chours du Capitole se montrèrent souverains de plénitude et de musicalité.

Se succédant à lui-même, le chef Pinchas Steinberg déçut quelque peu par une battue manquant singulièrement d'ampleur, de vigueur, de relief. Etonnant chez un artiste que nous avons maintes fois salué dans ces colonnes.

Une production au plus près de l'émotion

Signée Nicolas Joel pour la mise en scène, Jean-Marc Stelhé et Antoine Fontaine pour les décors, Gérard Audier pour les costumes et Vinicio Cheli pour les lumières, cette production évoque, façon gravure ancienne, le Nuremberg du 16 ème siècle. C'est en fait à une véritable comédie musicale que nous convie Nicolas Joel, une comédie très humaine, pétrie de philosophie, une comédie qui regarde le temps qui passe avec une bouleversante émotion.

Quant à la baston au polochons du 2 ème acte, elle est devenue anthologique !

A bientôt, chers Maîtres.

Robert Pénavayre



     
     

 

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