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Opéra/ Royal Opera House de Londres  /
La Flûte Enchantée - W.A. Mozart - 1/03/2008
     
CRITIQUE

Dans l’antre des Lumières

Ces reprises londoniennes de la Flûte enchantée, dans la mise en scène de David McVicar, sont l’occasion de revoir une production habile et originale, conjuguant avec à-propos naïveté et réflexion.



Erika Miklosa, une terrifiante
Reine de la Nuit (photo Bill Cooper)
 

Inaugurée en 2003, cette production bénéficie des merveilleux éclairages de Paule Constable et des décors grandioses de John Macfarlane. Des décors qui, en fait, vont simplement découper dans l’espace des lieux improbables à géométrie variable propices aux scènes d’ensemble comme aux moments les plus intimes. Sombres, ils ne seront troués que par de fugaces et violentes fresques aux couleurs somptueuses, en particulier celles accompagnant la Reine de la Nuit.
 Si le premier tableau donne le ton de la comédie propre au singspiel,  avec ce gigantesque serpent articulé par une poignée de machinistes, suivi par l’entrée de Papageno et d’un marionnettiste hilarant de drôlerie avec sa volaille en caoutchouc picorant sur la scène, la suite change radicalement de registre. En effet, le rideau se lève alors sur une grande table portant un incroyable appareil tenant de l’astrolabe.

Au mur, des savants écrivent des équations sans fin pendant que penseurs et philosophes déambulent dans ce lieu de réflexion. Le franc maçon qu’était Mozart s’impose ici de toute évidence. Les costumes évoquent quant à eux l’époque des Lumières.
Ce double parti pris pourra troubler certains spectateurs peu familiers du livret. Cela dit l’approche n’en demeure pas moins très lisible et frappée au coin de la cohérence.

Une distribution parfaitement homogène

Pour ses débuts à Covent Garden, le ténor allemand Christoph Strehl nous livre un Tamino au phrasé et au style exemplaires. Son superbe contrôle du souffle lui permet une dynamique et une musicalité de premier plan. Le baryton britannique Christopher Maltman ne fait qu’une bouchée de Papageno, un rôle certes peu exposé vocalement, mais qu’il incarne ici avec beaucoup d’humanité. Tournant sa Reine de la Nuit dans le monde entier, la soprano hongroise Erika Miklosa rallie tous les suffrages du public grâce à ses deux seules interventions, courtes mais aussi dangereuses que meurtrières, deux interventions qui nous valent des démonstrations  de sûreté technique assez décoiffantes. Pamina a  le timbre lumineux et fruité, même si l’émission se durcit, parfois, dans l’aigu, de la soprano autrichienne Genia Kühmeier. Autre débutant sur la prestigieuse scène lyrique londonienne, la basse allemande Hans-Peter Koenig est un Sarastro monumental vocalement. Sa voix longue passe sans difficulté aucune les écueils d’une partition sollicitant un creux abyssal.
Saluons également  le Monostatos aussi emperruqué que libidineux du toujours excellent John Graham-Hall ainsi que le « luxueux » Orateur de Thomas Allen.
Très bonnes interventions des Trois Dames ainsi que des Trois Génies.
L’Orchestre et les Chœurs du ROH sont sous la directio
n attentive de l’un des piliers de cette vénérable maison, le maestro David Syrus.

 

Robert Pénavayre

 

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Pour tout savoir sur les programmes du Royal Opera House Covent Garden : www.roh.org.uk

 

 

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