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Opéra/ Théâtre du Capitole/ Jonas Kaufmann (19/02/2007)
     

Helmut Deutsch (piano) et Jonas Kaufmann. – Photo Patrick Riou


CRITIQUE

Comme un kaléidoscope de l’amour

Un récital de mélodies est, toujours, l’un des exercices les plus difficiles à réaliser pour un chanteur. Réclamant une extrême exigence de tous les instants, le récital abandonne l’interprète à lui-même, face à un répertoire ne supportant aucun compromis.
Quand, en plus, le choix d’un programme redoutable ajoute à la difficulté…
Ce fut incontestablement le cas pour ce premier récital de la saison lyrique toulousaine, au cours duquel pas moins de 21 lieder allaient nous amener tout au long de cette soirée vers un bonheur musical d’une incroyable intensité.
Débutant par le gigantesque « Die Bürgschaft » de Schubert, une vaste épopée lyrique, mouvementée, empreinte d’un sentiment d’amitié aux limites infinies, la soirée se poursuivait avec les trop rares « Seven Sonnets of Michelangelo » que Britten offrit à son compagnon, le ténor Peter Pears.
La seconde partie du récital était entièrement consacrée à Richard Strauss et se terminait par deux sublimes chefs d’œuvre du genre : « Morgen » et
«Cäcilie».
Enorme programme donc qui réclamait un interprète d’exception ainsi qu’un pianiste beaucoup plus que virtuose. La gigantesque ovation qui salua la fin de ce récital prouve, à l’évidence,  que les deux étaient réunis.
Autant dire de suite que nous n’avons pas reconnu le ténor Jonas Kaufmann. Certes, pour sa première apparition toulousaine dans Mignon en 2001, les éléments ne lui avaient pas été favorables et le rhume qui s’était emparé de lui ne nous avait guère permis d’apprécier son Wilhelm Meister. Aujourd’hui, Jonas Kaufmann est devenu un ténor à la voix puissamment projetée,  au timbre d’un éclat fulgurant, à l’ambitus d’une profonde largeur et particulièrement homogène. Un musicien d’une  incroyable subtilité aussi. Colorant son chant des mille nuances que les plus fameux poètes ont déposées sur les strophes interprétées ce soir-là, Jonas Kaufmann pare son émission d’une dynamique qui conjugue à la perfection la révolte à la douceur et l’intime à l’universel.
Dans ce cheminement musical tout empreint d’émotion, Jonas Kaufman était accompagné, avec précision, poésie et complicité, par le pianiste Helmut Deutsch.


Robert Pénavayre

 



     
     

 

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