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Opéra/ Conservatoire National de Région de Toulouse / Andrew Schroeder, Robert Gonnella - 18/05/2009 |
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CRITIQUE
Révélation musicale
Andrew Schroeder, grand habitué de la scène lyrique toulousaine, se produit dans les plus grandes maisons d’opéra du moment avec le succès que l’on sait. Ce troublant Billy Budd, cet étonnant Eugène Onéguine, ce Mercutio faussement léger, ce Comte des Noces de Figaro, musical et subtil, parmi ses très nombreux rôles, aspirait à se confronter au monde plus intime de la mélodie. Le 18 mai dernier, il était l’invité des soirées musicales du conservatoire pour un récital organisé en partenariat avec le site internet Classic Toulouse. |

Le baryton
Andrew Schroeder et le pianiste Robert Gonnella (Photo Christiane Lopez) |
Soutenu par le piano habile de son compatriote Robert Gonnella, le grand baryton américain abordait ainsi le monde divers et multiple du Lied et de la mélodie. Divers est presque un euphémisme, en l'occurrence. En effet, Andrew Schroeder avait choisi, pour cette soirée, un programme qui l’amenait à pratiquer pas moins de cinq langues différentes, illustrées musicalement par sept compositeurs !
Le plus dense des auteurs de Lieder allemands, Robert Schumann, ouvrait la soirée sur son deuxième cycle du « Liederkreis » (Cercle de mélodies) op. 39. Dès les premières notes de « In der Fremde », l’intensité poétique de ce romantisme germanique serre la gorge d'émotion. Une intensité que l’interprète intègre dans son timbre riche, chaleureux, au service d’un texte poétique que transcende la musique. La succession de ces douze lieder balaie toute la gamme des sentiments amoureux. Andrew Schroeder puise dans ses ressources vocales une palette de couleurs d’une grande variété. La souffrance, l’amertume, la douleur, l’espoir, la nostalgie, la peur, nourrissent tout ce cycle. Le style irréprochable, l’implication affective du baryton ne sont pas sans rappeler ceux d’un de ses grands prédécesseurs allemands, Hermann Prey, auquel la richesse veloutée du timbre, la souplesse vocale le relient.
Dans les « Chansons de Don Quichotte », composées par Jacques Ibert pour le film de Pabst et son interprète principal Fédor Chaliapine, Andrew Schroeder démontre la pureté de son français, sa sensibilité et l’intensité expressive qui se dégage de la simplicité du langage musical. L’émotion ne cesse de croître tout au long des quatre chants pour atteindre le déchirement à la mort du héros de Cervantès. |

Robert Gonnella et Andrew Schroeder à l'issue du concert
(Photo Christiane Lopez) |
Tout autrement sonne le monde musical de Rachmaninov. Les quatre mélodies choisies par l’interprète explorent la douleur du sentiment amoureux sur un mode presque opératique. La voix d’Andrew Schroeder se déploie alors avec autant de vigueur, de dynamique et d’éclat que de finesse et de douceur. Une poignante interprétation que renforce encore l’accompagnement pianistique de Robert Gonnella, d’une éblouissante virtuosité.
C’est sur une découverte aussi étrange que bienvenue que s’achève le programme du récital. Les Quatre mélodies sur des poèmes portugais du 16ème siècle de Luís Vaz de Camões révèlent le talent original du compositeur d’origine allemande, Jean Berger. Musique tonale, expressive et élégante, accompagnant des textes qui pourraient être ceux d’un Ronsard portugais.
L’ovation du public réclame et obtient des interprètes trois bis qui élargissent encore la palette expressive d’Andrew Schroeder. La générosité de « Zueignung » (Dédicace) de Richard Strauss, la poésie raffinée de « En sourdine », de Gabriel Fauré laissent finalement la place à l’enjôleuse sérénade du Don Giovanni de Mozart. Un plaisir sans partage qui laisse espérer les beaux lendemains d’une double carrière de chanteur d’opéra et de mélodies pour celui qui sera très prochainement le Valentin du Faust de Gounod, programmé par Nicolas Joel au théâtre du Capitole.
Serge Chauzy
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infos |
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Renseignements et réservations :
www.theatre-du-capitole.org
Programme
du concert du 18 mai 2009 à 20 h 30 à l'auditorium
Saint-Pierre des Cuisines :
* R. Schumann
- Liederkreis op. 39
* J. Ibert
- Quatre chansons de
Don Quichotte
* S. Rachmaninov
- Quatre mélodies
* J. Berger
- Quatre mélodies sur
des poèmes de Camões
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
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2009-2010 |
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