
Premier Grand Prix,
le baryton chinois Song-Hu Liu
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Concours de Chant de la Ville de Toulouse
L'Empire du Milieu frappe fort
Sur 35 nations représentées à ce 46 ème Concours de Chant, la Chine arrivait, en terme de nombre de candidats (139 au total), en 4 ème position avec 9 chanteurs. Passé le cap des éliminatoires et de la demi-finale, ils demeuraient deux sur.douze finalistes ! Et sur les deux, un artiste à qui la victoire ne pouvait échapper, le baryton Song-Hu Liu.
En troupe à l'Opéra de Nuremberg depuis deux saisons, ce jeune chanteur (bientôt 32 ans) nous avait déjà largement interpellé lors de la demi-finale avec un air très délicat extrait de l'opéra de Korngold : Die Tote Stadt, son extrême musicalité faisant ici merveille.Avec l'Invocation de Valentin du Faust de Gounod, air interprété en finale, il |
Le second prix est échu à un autre baryton, le Syrien Nabil Suliman (29 ans), une récompense qu'il doit plus à son Comte des Noces mozartiennes de la demi-finale, tout en souplesse dans l'émission, qu'au Zurga des Pêcheurs de Perles, certes interprété dans un français sans faute mais mettant dangereusement à découvert son registre aigu.
Le troisième prix, à notre sens plus contestable, revenait au jeune (31 ans) ténor espagnol Roger Padulles Pubill. Son émission mixte montra en effet de graves limites dans l'extrait de L'Enfance du Christ, de Berlioz, limites qui se confirmèrent malheureusement dans l'air de Tamino du 1 er acte de La Flûte Enchantée. Cela dit, sa prestation en demi (La Création, de Haydn, et la Fleur, de Carmen) avait été plus probante. Mettons cette contre-performance sur le compte, plus que légitime, du tract.
Côté dame, pas de premier prix. Décision conspuée par le public bien qu'à notre avis plus que sensée si l'on souhaite garder un certain niveau à ce concours.
Second prix à la Britannique Elizabeth Donovan (26 ans), une récompense venant saluer une voix homogène, longue et un bon contrôle du souffle qui fit merveille autant dans l'extrait du Rake's progress de Stravinsky (en demi) que dans l'aria d'Ilia de l'Idomeneo mozartien (Zeffiretti lusinghieri).
Le troisième prix fut littéralement ovationné par le public, ce qui dut réchauffer le cour de la Russe Ekaterina Godovanets (32 ans). A notre avis, il lui revenait, tout simplement. En effet, son « Come scoglio » du Cosi fan tutte de Mozart, plus qu'honnête, certes, l'avait malgré tout, trouvée en bout de course, et son « Pace, pace, mio dio » de la Forza verdienne, outre un aigu final bas et à l'arraché, prouvait qu'elle n'était en aucun cas un grand soprano verdien, tant en terme de couleur que de spinto. Cela dit, cette soprano ne manque pas de qualité.
Un dernier mot, sans aucun chauvinisme, pour souligner la présence dans ce concours, jusqu'en finale, du baryton français Francis Bouyer (31 ans). Si le jury ne lui accorda aucune récompense, rien n'empêche de garder en mémoire ce bel organe, parfaitement maîtrisé, homogène, sain, puissamment projeté, ainsi que cet artiste au physique avantageux et à l'élégance scénique évidente. Diplomate de métier, il hésite encore sur son avenir. Puisse-t-il persévérer dans l'art qui nous est cher.
En résumé, et mis à part le premier prix homme, une cuvée malgré tout moyenne, sanctionnée légitimement sous la férule, n'en doutons pas, du Président du jury, Hugues R Gall, pour qui le niveau du premier concours vocal français doit rester du domaine de l'excellence.
Robert Pénavayre |