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Opéra/ Théâtre du Capitole / Il Turco in Italia - G. Rossini (04/04/2008) |
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CRITIQUE
Une fracassante entrée au répertoire
Les applaudissements extrêmement nourris qui saluèrent cette représentation prouvent a minima deux choses. Premièrement, cette œuvre de Rossini devait impérativement sortir du purgatoire. Deuxièmement, Nicolas Joel avait réuni tous les acteurs pour que cette création locale soit un succès. |

Final de l’opéra avec tous les interprètes (Photo Patrice Nin) |
Plus que sur les décors et costumes de Gian Maurizio Fercioni, même si l’arrivée du Turc est assez réussie, l’intérêt de cette nouvelle production se porte sur la mise en scène particulièrement alerte, voire leste, de Tobias Richter. Passant du 18ème siècle, décrit par le librettiste, au milieu du 20ème siècle version cinéma italien des années 50, le metteur en scène privilégie l’aspect bouffe de cet opéra, l’amenant parfois vers des limites scabreuses (Don Geronio jouant les exhibitionnistes…). Soit, mais ce qui est indéniablement réussi résulte de ce mouvement perpétuel qui anime le plateau, en osmose parfaite d’ailleurs avec une partition bourrée de rythmes aussi impétueux qu’inexorables. Il faut également souligner combien Tobias Richter, conscient de la difficulté de cette partition pour les chanteurs, en particulier dans de redoutables ensembles, ne les met jamais en péril.
Au milieu d’un plateau de bon niveau, une étoile…
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Lawrence Brownlee, un stupéfiant Narciso (Photo Patrice Nin) |
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Bon, autant en venir directement au fait. Nicolas Joel vient de frapper très fort en nous offrant, dans le rôle somme toute peu important de Narciso, la prise de ce rôle par le ténor américain Lawrence Brownlee. Peu important en effet car il n’a pas été retenu ici sa cavatine de présentation au 1er acte (Un vago sembiante..) et c’est d’autant plus regrettable que nous tenions là un interprète capable d’affronter les traits de bravoure composés par Rossini. Quoi qu’il en soit, sa grande scène avec récitatif accompagné du 2nd acte nous a permis d’entendre un ténor de tout premier plan, autant dans la chaleur et le velours d’un timbre d’une rondeur exemplaire sur tout un ambitus homogène allant flirter avec un suraigu d’une confondante facilité, que dans une science bel cantiste parfaitement assimilée et une virtuosité hors pair. Musicien et vocaliste exceptionnel, il reçut une véritable et justifiée ovation. |
Autre découverte, et non des moindres, la jeune basse italienne Marco Vinco. Timbre de bronze, silhouette mettant en pamoison toute la gent féminine dès son apparition, aussi habile chanteur que comédien, il campe un Turc à mourir de rire.
Saluons aussi l’aîné du plateau, l’immense Alberto Rinaldi, ici Geronio digne des meilleures comédies italiennes, donnant encore une belle rondeur vocale à ce rôle délicat. Pietro Spagnoli est un Prosdocimo de grande tradition, au timbre incisif et mordant.
Ce soir-là, Inga Kalna (Fiorilla) parut en difficultés sur sa quinte aiguë. Dommage car la musicienne est accomplie. Brigitte Hool en Zaida sculpturale au soprano lumineux et agréable ainsi que Philippe Do en Albazar complètent à merveille cette distribution.
Un grand bravo aux phalanges maison placées sous la direction sonore mais pleine de verve, d’humour et d’entrain de Maurizio Benini.
Robert Pénavayre
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