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Opéra/ Théâtre du Capitole /Œdipe - George Enescu - 10/10/2008
     

CRITIQUE

Une entrée au répertoire essentielle

Avec la création in loco d’Œdipe, chef d’œuvre lyrique du compositeur roumain George Enescu, Nicolas Joel vient de signer une date essentielle dans l’Histoire du Capitole de Toulouse.


Fin du 3ème acte (Œdipe : Franck Ferrari) – photo Patrice Nin

 

La distribution de cet ouvrage réclame une subtile alchimie de connaissance de la langue française et de la prosodie lyrique particulière de ce compositeur. Il n’est point question dans cette partition de notes extrêmes ou exceptionnelles pour les chanteurs mais de voix d’une belle franchise et d’interprètes au phrasé conjuguant ampleur et souplesse. Vue la rareté de cet ouvrage sur les scènes de la planète, il y a fort à parier qu’il s’agissait pour tous, chanteurs et musiciens, de véritables prises de rôles. Un exploit, en particulier pour Nicolas Joel devant convaincre et réunir une pareille distribution.
Saluons avant tout le baryton niçois Franck Ferrari dont le timbre sombre et l’émission généreuse donnent un relief tout particulier au rôle écrasant d’Œdipe, rôle dont l’éventuelle fréquentation devrait gommer une certaine timidité dramatique, en particulier au dernier acte.

Tous les autres rôles peuvent sans détour être qualifiés de secondaires.
Cela dit, comment ne pas adresser un immense bravo au « numéro » exceptionnel de la mezzo québécoise Marie-Nicole Lemieux, Sphinge terrifiante, qui domina son unique scène avec une autorité hallucinante et un impact dramatique remarquable.
D’une formidable qualité d’ensemble, la suite de la distribution est à féliciter et à nommer : Arutjun Kotchinian (Tirésias), Vincent Le Texier (Créon), Emiliano Gonzalez Toro (Le berger), Enzo Capuano (Le grand prêtre), Harry Peeters (Phorbas), Jérôme Varnier (Le veilleur), Andrew Schroeder (Thésée), Sylvie Brunet (Jocaste), Amel Brahim-Djelloul (Antigone), Maria José Montiel (Mérope), Léonard Pezzino (Laïos) et Qiu Lin Zhang (Une Thébaine).
Pinchas Steinberg dirige l’Orchestre National du Capitole.
Réunissant le Chœur et la Maîtrise du Capitole mais aussi le Chœur de l’Opéra National de Bordeaux, la masse chorale préparée par Patrick Marie Aubert met au service de cet ouvrage difficile une parfaite maîtrise des nuances.

L’absent auquel tout le monde pensait

Ce n’est plus un secret, l’actuel directeur du Capitole, Nicolas Joel, se remet en ce moment d’un problème de santé qui l’aura tenu éloigné de la création de cet Oedipe. Il a donc confié la réalisation de sa mise en scène à son assistant Stéphane Roche, une mise en scène d’une remarquable sobriété, à l’exception du terrifiant tableau de la Sphinge,  rejoignant en cela l’esthétique théâtrale de la tragédie antique. Les décors simplissimes d’Ezio Frigerio, les costumes couleur de cendres de Franca Squarciapino et les lumières quasi fixes de Vinicio Cheli ajoutent une ombre supplémentaire au destin cosmique du meurtrier le plus innocent de l’Antiquité.

Robert Pénavayre

 

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Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.org


Suite des représentations :


14, 17 et 19 octobre 2008


 
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Lire sur ce site l'entretien avec Andrew Schroeder
 
 
 
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