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Opéra/ Théâtre du Capitole /Les Noces de Figaro - W.A. Mozart
21/11/2008 |
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CRITIQUE
La journée folle de musique
Une nouvelle production des Noces de Figaro suscite toujours une attente particulière. Celle que nous offre le théâtre du Capitole est le fruit d’une coproduction entre la scène toulousaine et l’Opéra de Lausanne où elle a été créée en avril 2007. A juste titre, la première du 21 novembre dernier n’a pas manqué de séduire et de réjouir un public conquis. |

L'irrésistible septuor du 2ème acte. Du 1er au 3e rang / de gauche à droite :
Ricarda Merbeth (La comtesse Almaviva), Andrew Schroeder (Le comte Almaviva),
Luciano di Pasquale (Bartolo), Daniela Mazzucato (Marcellina), Alex Esposito (Figaro), Rodolphe Briand (Basilio) et Anne-Catherine Gillet (Susanna) - Photo Patrice Nin |
Cet ouvrage de génie, Mozart l’a essentiellement construit sur les scènes d’ensemble. Certes, les grands et beaux airs y témoignent d’une sensibilité et d’un sens musical uniques, mais comment ne pas s’émerveiller de l’intelligence, de l’astuce, de l’inspiration, de la créativité dont bénéficient ces duos, ces quatuors, jusqu’à ces scènes finales agencées comme de sublimes mécaniques.
C’est précisément la qualité des ensembles qui constitue l’attrait essentiel de la production actuelle. Et à cela contribuent à égalité la mise en scène et la direction musicale.
Fidélité et vitalité
Conçue par le Suisse Marco Arturo Marelli, qui se charge également des décors, cette vision scénique se veut avant tout fidèle à la trame dramatique des compères Beaumarchais-Da Ponte-Mozart. L’action ne se déroule donc ni dans une usine désaffectée, ni dans un asile psychiatrique, mais tout simplement dans le château du Comte Almaviva, au 18ème siècle. La beauté poétique des éclairages de Friedrich Eggert (notamment dans la chambre de la Comtesse), celle des costumes raffinés de Dagmar Niefind, viennent harmonieusement compléter la vitalité, l’animation qui règne sur un plateau pris par la frénésie de cette « folle journée ». De véritables relations, dramatiques et/ou comiques, s’instaurent entre les personnages. Les femmes sont ici les maîtresses du jeu. Et les hommes en subissent les conséquences. Jusqu’à cet évanouissement hilarant de Figaro lorsqu’il apprend sa propre filiation…
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Le couple vedette de l'oeuvre, Figaro (Alex Esposito) et Susanna (Anne-Catherine Gillet)
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Photo Patrice Nin - |
La direction musicale du chef italien Marco Armiliato, un habitué de la Ville rose, insuffle à la partition cette vitalité bouillonnante basée sur une musicalité parfaite. Vibrato discret aux cordes, beaux phrasés des bois (quelles belles couleurs de la clarinette, du hautbois et du basson !), variété des climats, de la nostalgie profonde à la farce débridée. Mozart lui convient à l’évidence aussi bien que Verdi ou Puccini. La qualité de l’accompagnement des récitatifs au pianoforte et au violoncelle constitue l’élément moteur de l’action. Un grand bravo à l’intelligence musicale de Robert Gonella, au clavier, dont le jeu fourmille d’inventions et de finesse.
L'esprit de troupe
La distribution vocale, par son homogénéité et sa cohésion, évoque l’esprit de troupe théâtrale. Aucun des grands chanteurs réunis ici ne tire la couverture à soi. Le couple Susanna-Figaro fait des merveilles. Anne-Catherine Gillet est Susanna, la fraîcheur de son timbre fruité, la sensibilité de son chant la destinent à un tel rôle. Le jeune baryton-basse Alex Esposito projette avec intensité une voix solide et intelligemment menée. Il endosse avec panache et sensibilité toutes les nuances du caractère de Figaro. Andrew Schoeder incarne un Comte Almaviva complexe et tourmenté. La richesse de son timbre vocal, la musicalité de son chant, son étonnant talent d’acteur construisent un personnage fouillé et profondément convaincant.
L’ampleur vocale de Ricarda Merbeth dépasse à l’évidence celle que requiert le rôle de la Comtesse. La cantatrice impose ainsi une incarnation plus dramatique qu’il n’est coutume, mais à laquelle elle confère un raffinement certain. Quant au Cherubino de Blandine Staskiewicz, il reste vraisemblable de bout en bout, adolescent un peu perdu dans un monde d’adultes.
Le couple Marcellina-Bartolo, particulièrement bien chantant, de Daniela Mazzucato et Luciano di Pasquale, le Basilio sonore et intrigant de Rodolphe Briand, l’Antonio bien en voix de Frédéric Caton et le Curzio irrésistible de Riccardo Cassinelli complètent (presque) une distribution irréprochable qu’accompagne le chœur de la maison, toujours impeccablement mené par Patrick-Marie Aubert.
Reste la Barberina de luxe d’Amel Brahim-Djelloul, belle à croquer, fraîche de voix et de jeu, que l’on se réjouit de voir endosser la tenue de Susanna, dans la deuxième distribution de cette production chaleureuse et bienvenue.
Serge Chauzy
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infos |
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Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org
Représentations : 21,22,23,25,28,29 et 30 novembre 2008
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
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