Interprète incontournable de tout le répertoire rossinien, Guillaume Tell excepté, JDF élargit aujourd’hui son répertoire de récital à d’autres compositeurs qu’il abordera scéniquement dans les proches années. Il en est ainsi de Mozart, Bellini, Gluck et Donizetti.
Les toulousains ont donc pu l’applaudir dans des extraits de La Flûte Enchantée et du Roi Pasteur, le rare Bianca e Fernando, Orphée et Linda di Chamounix.
Inutile de revenir en détail sur un timbre unique de soleil et de fruité, pas plus que sur l’insolence d’une quinte aiguë sans équivalent au monde, ou bien encore l’extrême souplesse d’une émission lui permettant les plus infinies nuances, tout cela appartient à la légende vivante de ce ténor qui, de plus, possède un sens de la scène incroyable. Mais JDF est aussi un styliste accompli dont les deux extraits de l’Orphée de Gluck donnèrent une éblouissante démonstration. Et quelle prosodie française ! Sidérante.
Si le public craqua véritablement sur l’air de Carlo de la Linda di Chamounix de Donizetti, c’est parce que cet aria permet à l’interprète d’exprimer la plénitude de son art. Quelle leçon de phrasé, de dynamique, de souffle ! Un véritable bonheur.
Le programme cachait une autre perle rare, cinq mélodies de la compositrice péruvienne Rosa Mercedes Ayarza de Moralès (1881/1969) que JDF détailla avec une chaleur, un enthousiasme et une profonde complicité qui en disent long sur l’attachement de cet artiste au répertoire de son pays.
D’inévitables bis, réclamés à grand renfort d’applaudissements, vinrent parfaire cette soirée. Et s’il vous plaît, pas question de la Danza ou je ne sais quelle autre mélodie napolitaine. Non, rien moins que quatre extraits d’opéras : Roméo et Juliette de Gounod, la Furtiva lagrima de l’Elixir d’amour, la dernière partie de la grande scène de Tonio de La Fille du Régiment et ses célèbres 9 contre ut, le public en rêvait, JDF l’a fait, clôturant sur La Donna e mobile du Rigoletto de Verdi.
Standing ovation.
Robert Pénavayre |