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Opéra/ Théâtre du Capitole / Don Givanni - W.A. Mozart / 09/11/2007
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CRITIQUE
Beau à couper le souffle
La saison capitoline 2007/2008 se poursuit avec les reprises du Don Giovanni mozartien, un spectacle qui, d’ores et déjà, est sûr d’entrer dans les annales de cette vénérable maison.
C’est avec un plaisir sans mélange que nous retrouvons la superbe mise en scène de Brigitte Jacques-Wajman. Optant avec conviction pour une vision dionysiaque du mythe, elle situe l’ensemble de l’action dans une forêt superbement imaginée par Emmanuel Peduzzi dans des éclairages renversants de beauté de Jean Kalman. Et comme il n’y a pas de raison pour que la soif de jouir quitte ce monde de contrainte, Don Giovanni refait une subtile apparition dans les derniers instants de l’ouvrage, faisant un pied de nez aux nomenclatures de tous horizons. N'ayons pas peur des mots, ce spectacle est l’un des plus accomplis de tout le répertoire du Capitole !
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Un Don Giovanni somptueux
La distribution affichée par Nicolas Joel laisse peu de place à l’angoisse. Tout de même, en nous offrant les quasi débuts dans le rôle-titre d’Ildebrando D’Arcangelo le directeur du Capitole nous propose certes un interprète de niveau international mais peut être aussi le plus grand aujourd’hui. Qui peut lui être opposé vocalement ? Sa voix de baryton-basse dispose d’atouts déterminants : longue, homogène, parfaitement projetée, souple dans son émission, fruitée de timbre, ample, ronde, aux harmoniques nocturnes mariant l’éclat de l’or et la douceur du velours. Quelle merveille !
En plus, le comédien est habité, engagé, sans retenues. Il donne du Don le portrait d’un jouisseur effréné qui achève de faire de lui un interprète d’ores et déjà incon- |
De gauche à droite : Leporello (David Bizic) et Don Giovanni (Ildebrando D’Arcangelo) Photo : Patrice Nin |
tournable pour toute production internationale de cet ouvrage.
David Bizic trouve en Leporello un rôle mettant largement en valeur une superbe ligne de chant et le bronze d’un timbre aux accents ravageurs. Excellent !
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Mais l’autre évènement vocal de ce spectacle est la prise du rôle d’Ottavio par Topi Lehtipuu. Avec ce ténor finlandais, Ottavio flirte de très près avec la perfection musicale. On ne sait qu’admirer le plus, d’un timbre raffiné à un style sans faille, d’une musicalité infinie au contrôle d’un souffle inépuisable, d’une maîtrise accomplie de la vocalise à une suprême élégance du geste. A noter que ses deux airs furent exceptionnellement applaudis par un public particulièrement attentif. Superbe !
Paul Gay dessine physiquement et vocalement un Masetto de très bonne tenue, de même que Gudjon Oskarsson en tellurique Commandeur.
Le trio féminin n'est pas en reste.
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De gauche à droite : Tamar Iveri (Anna) et Topi Lehtipuu (Ottavio) Photo : Patrice Nin
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Tamar Iveri campe une Anna volontaire,affrontant avec vaillance les airs redoutables que lui confie Mozart. Barbara Haveman, Elvira, après un premier acte un peu tendu, délivre une seconde partie de spectacle tout à fait satisfaisante. Valentina Kutzarova, malgré un timbre manquant de luminosité, finit par emporter notre adhésion et nous propose une Zerlina tout à fait convaincante.
A la tête d’une phalange maison en grande forme, Günter Neuhold donne à entendre un Don Giovanni assez éloigné de certaine tradition romantique. Son orchestre sonne clair, ses phrasés sont aériens, tous les pupitres sont à l’honneur dans une parfaite transparence du tissu musical et sa direction montre en permanence une vigueur jouissive en osmose parfaite avec la vision panthéiste d’une production mettant la Nature au cœur de sa métaphysique.
Robert Pénavayre |
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