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Un Polyeucte polonais
Le Théâtre du Capitole s’apprête à nous offrir l’une de ses soirées les plus fascinantes, les plus étrangement passionnantes. Non, il ne s’agit pas d’une énième reprise d’un immense standard du genre lyrique avec une somptueuse distribution, mais d’une création française, pour ne pas dire mondiale, en l’occurrence celle de Polyeukt du compositeur polonais né en 1938 : Zygmunt Krauze. |
A vrai dire, il convient d’associer très étroitement le nom du metteur en scène argentin Jorge Lavelli à cette création. Pour plusieurs raisons car, non seulement il en assure la mise en scène et les lumières mais il est également co-auteur du livret et vraisemblablement proactif dans cette commande passée par l’Opéra de chambre de Varsovie. Ces deux artistes avaient déjà réuni leurs talents en 1987 lors d’une reprise du Polyeucte de Corneille à la Comédie-Française, Zygmunt Krauze ayant pour l’occasion composé une musique de scène.
L’ouvrage que nous propose Frédéric Chambert relève d’une toute autre ambition. Créé il y a un an à l’Opéra de chambre de Varsovie, ce Polyeukt est une œuvre tout à fait originale, un véritable opéra en langue polonaise, surtitrée en français au Capitole. La pièce de Corneille en constitue bien sûr la trame rapprochée mais, condensée en 1 h 20, elle en est avant tout une version librement inspirée, dans un langage moderne respectant tout de même un fonds thématique commun. C’est bien sur ce dernier point que le travail de Lavelli devrait trouver tout son accomplissement car la sous-tension dramatique se conjugue ici en termes de pouvoir, de passion, de foi et d’amour. Avec certainement des interprétations aussi intéressantes que surprenantes…
Le martyr chrétien Polyeucte, seigneur d’Arménie ayant vécu au 3ème siècle après Jésus Christ, va être le héros d’un opéra dans lequel son rival, Sévère, appellera, in fine , à la liberté, à la tolérance, au respect et à l’acceptation de toutes les croyances. Sujet on ne peut plus actuel !
C’est toute l’équipe artistique de la création, y compris le Sinfonietta de Varsovie et le chœur de l’Opéra de chambre de Varsovie, sous la direction du chef bolivien Ruben Silva, qui sera présente pour cette création française.
Un spectacle particulièrement excitant et à ne manquer sous aucun prétexte !
Robert Pénavayre |